Mauritanie: Grève des travailleurs de la SNIM, toujours pas d’avancée

SNIM-train charge Elhourriya : Rien de nouveau par rapport à la grève très suivie des travailleurs de la SNIM. Les négociations engagées par les émissaires officieux de la présidence se sont terminées en queue de poisson. Le pouvoir et la SNIM paraissent jouer la carte de l’épuisement. Les grévistes se disent déterminés à poursuivre leur mouvement jusqu’à satisfaction ‘’entière et totale’’ de leurs revendications.

Vendredi dernier, 13 mars. A bord de l’avion ‘’Mauritania Airways’’, qui assure la desserte Nouakchott-Zouerate, se trouvaient deux délégations qui se rendaient dans la ville pour la même cause : la grève déclarée au sein de la société nationale industrielle et minière depuis bientôt un mois trois semaines. Elles n’avaient pas, parait-il, coordonné leur voyage.

La délégation des centrales syndicales venait apporter, comme elle l’a faite à Nouadhibou, son soutien aux travailleurs. Question des les encourager afin de poursuivre leur action qui suscite beaucoup d’intérêt dans la classe ouvrière et fait tant de frayeur auprès du gouvernement et la direction de la SNIM qui multiplient manœuvres et pressions sur les grévistes afin de faire échouer leur mouvement.

Quant à la seconde délégation, elle est présidée par le député de Kaédi et ancien ministre Bâ Yahya et comprend deux autres élus de la ville. On la présente comme étant dépêchée par le chef de l’État afin de discuter directement, en son nom, avec les grévistes. Du coup, on évoqua pour la première fois, une perspective réelle de règlement d’un conflit qui a trop duré avec les risques graves qu’il fait peser sur l’économie du pays.

Après une nuit blanche et des heures supplémentaires de négociations, l’optimisme allait pourtant se dissiper. On revient à la case départ : le blocage. Surtout que les émissaires officieux du président semblaient pressés de rentrer à Nouakchott. Une précipitation qui ressemble bien à une manœuvre…

Samedi, un facilitateur revient à la charge et appelle les délégués des travailleurs ‘’à toucher le monsieur’’. C‘est-à-dire l’émissaire du président. Ils y vont mais tiennent, tout de même, à rabaisser le niveau protocolaire de leur représentation. Sans doute une manière de noter leur mécontentement par rapport à l’offre de la délégation présidentielle qui, à leurs yeux, n’est qu’une ‘’confirmation des positions de la direction de l’entreprise’’.

Juste après l’arrivée de la délégation des travailleurs, l’émissaire du chef se retire à l’écart afin de parler au téléphone. Au bout du fil son interlocuteur n’est autre que le président Mohamed Ould Abdel Aziz. Que se sont-ils dits ? Aucune réponse. Mais il était tout de même clair que l’envoyé a changé de ton à l’égard de la délégation dépêchée par les grévistes.

D’emblée, il lança ‘’aujourd’hui, c’est votre journée’’. Une manière comme une autre de dire sa nouvelle disposition à satisfaire les doléances des travailleurs. La base d’un accord ‘’acceptable’’ est lancée.

Celui comprend : le retour de tous les travailleurs à leur boulot, le paiement de la période de grève en plus d’une prime d’un mois de salaire. Par rapport aux revendications qui ont provoqué la grève, l’accord stipule l’ouverture de négociations avec l’employeur une semaine après la fin de la grève avec un calendrier bien précis.

Jusqu’ici, tout semblait bien marcher et la fin de la grève paraissait imminente. A la dernière minute, un point restait sans solution : celui de la partie qui signe au nom de l’entreprise. Les émissaires étaient prêts à porter leur signature au bas de l’accord, mais les travailleurs exigeaient celle de la SNIM.

“Avec un accord dument signé par elle, la direction de la SNIM a refusé de le mettre en œuvre, comment peut-on accepter la signature d’une autre partie étrangère à l’entreprise et qui ne l’engage pas’’, explique un syndicaliste. Pas question donc pour eux de se faire ‘’rouler’’.

Mais qu’est ce qui empêche la SNIM de signer le dit accord ? Il semble bien réel qu’il y a l’absence effective de volonté chez l’entreprise qui joue carrément la carte de l’usure et ne songe qu’à faire plier les travailleurs. D’ailleurs le débauchage d’un vice délégué, qui assurait la liaison au cours des meetings des travailleurs, reflète bien l’état d’esprit par rapport à la gestion de la grève au sein de la SNIM. Une attitude anachronique et très grave…

Mohamed Mahmoud Ould Targui

 

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