MAURITANIE – INTERPELES ET EMPRISONNES « ILLEGALEMENT » : Les taximen sénégalais interpellent Macky Sall

Taxi etrangers arrété

Victimes de tracasseries routières, les chauffeurs de taxi sénégalais exerçant en Mauritanie interpellent le président de la République sur leur sort.

Ils sont des dizaines de chauffeurs de taxi sénégalais à vivre le calvaire en Mauritanie depuis maintenant plusieurs mois. « Fouillés, malmenés » avant d’être « embarqués et emprisonnés » à la célèbre prison de Darou Nahim, faute de « permis vert », ces chauffeurs qui vivent et exercent leur métier au pays de Abdel Aziz n’en peuvent plus. Aussi interpellent-ils le président de la République et le ministre des Transports afin que cesse la tracasserie.

« On ne sait plus à quel saint se vouer. Certains d’entre nous exercent ce métier depuis plus de dix ans voire vingt ans. Mais, pour nous empêcher de travailler, on nous exige maintenant un permis vert », souligne Khadim Diop. « Or, poursuit ce chauffeur de taxi depuis 2005 au quartier cinquième en Mauritanie, pour prétendre à un tel permis, il faut être de nationalité mauritanienne, et les policiers le savent très bien. » Ainsi amende, emprisonnement sont, entre autres, les sanctions qu’encourent les taximen sénégalais de Mauritanie. Doudou Sène, chauffeur au quartier Socosim témoigne : « Quand vous ne présentez pas ledit permis – que nous ne pouvons d’ailleurs pas avoir, on amène votre voiture à la fourrière où il faut débourser 7 000 ouguiyas. » Et ce n’est pas tout. « Tout chauffeur arrêté à trois reprises pour défaut de permis vert, déféré et emprisonné pour une durée de trois mois assortie d’une amende de 10 000 ouguiyas », s’indigne Modou Lô qui exerce ce métier depuis six ans en Mauritanie.

D’après ces chauffeurs, les seules pièces valables qu’ils sont obligés d’avoir pour exercer leur métier sont : la carte d’identité, le passeport, la carte de séjour ainsi que le permis de conduire du Sénégal. Mais avec ses pièces au complet, « nous sommes fouillés, malmenés et jetés dans le panier à salades, sans aucune raison valable », regrette Alassane Sy. L’Etat mauritanien a créé une unité de police appelée Miskharou du nom d’un général très célèbre, confient les chauffeurs de taxi. Et, c’est cette unité, disent-ils, « qui aujourd’hui joue le rôle de la police nationale et exerce une forte pression sur les chauffeurs de taxi ». Les tentatives d’entrer en contact avec l’ambassadeur du Sénégal en Mauritanie sont restées vaines. Car, explique Khadim Rassoul, « à chaque fois, nos rendez-vous avec l’ambassadeur sont renvoyés sans qu’on ne sache les véritables raisons. Aujourd’hui, plus de vingt Sénégalais, chauffeurs de taxi, croupissent dans les prisons ».

 

Source : Walfajri

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