Mauritanie-justice: l’Etat a la main de plus en plus lourde

Biram ould AbeidLe pouvoir se durcit et avec lui son appareil judiciaire comme le montre la cascade de condamnations à de lourdes peines de prison infligées aux contestataires du«Mouvement du 25 février» (M25), mouvement né dans el sillage du «Printemps arabe», et plus récemment ceux de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) pour des peines allant de 3 à 15 ans.

Ainsi, plusieurs jeunes du M25 ont été condamnés, entre juillet et début août, à des peines de prison variant entre 3 et 5 ans de prison ferme. Ils avaient contesté la condamnation du blogueur cheikh Baye Ould Mohamed Lemine, qui avait jeté sa chaussure à la figure du porte-parole du gouvernement en signe de protestation contre un discours de «propagande, en violation de la conscience du peuple mauritanien».

Le blogueur avait écopé pour ce geste de 5 ans de prison. A près ces condamnations, beaucoup prédisaient que ceux des membres de l’IRA allaient encore être plus dures. Et ils n’avaient pas tort. Ainsi, comme ceux du M25, les juges de la Cour criminelle de Nouakchott ont condamné les 13 militants de l’IRA à des peines de prison ferme allant de 3 à 15 ans.

Ces individus sont reconnus «coupables de rébellion, attroupement armé et agression contre la force publique».

Au rang des condamnés du jeudi soir figurent de hauts responsables de l’ONG anti-esclavagiste : Diop Amadou Tijane, vice-président de l’IRA (5 ans), Balla Touré, secrétaire général (5 ans) et Hamdi Ould Lehbouss, conseiller du président du mouvement (5 ans).

Des jeunes moins connus, mais très actifs au sein du mouvement ont écopé des plus lourdes peines de réclusion : Moussa Ould Biram, Abdallah Ould Maatala etAbdallah Abou Diop (15 ans).

Pour maître Brahim Ould Ebetty, principal conseil des militants de l’IRA, ce verdict«a été rendu dans des conditions qui n’assurent pas de procès équitable. On a cherché à éliminer ces militants antiesclavagistes. C’est un véritable recul de la justice».

Réagissant à la sentence du jeudi soir, Birame Ould Dah Ould Abeid, leader du mouvement, lui-même sorti de prison il y a quelques mois, et qui se trouve actuellement hors du pays, a appelé «à une mobilisation pacifique, mais résolue et déterminée, pour la chute du pouvoir de Mohamed Ould Adel Aziz».

Face à ces condamnations de plus en plus sévères, l’opposition et la société civile dénoncent «une instrumentalisation de l’appareil judiciaire pour des règlements de comptes à caractère politique».

Source : Le360

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