Mauritanie- Le Fmi revoit ses projections à la baisse !

fmi_logo_0_3_6Mauriweb: Prémonitoire ?! Peut-être. Ce dont on est sûr, c’est que, souvent, un malheur ne vient jamais seul. Et pour cause, alors que le Fonds monétaire achevait sa série de consultation avec les autorités mauritaniennes (Article IV), s’engageait, le 28 janvier 2015, la plus longue histoire de grève à la Snim.

Elle durera deux mois d’affilée. Le secteur était déjà en proie à un réel marasme avec plus de 24% de baisse du prix du fer. Mais déjà, alors que l’impact d’une telle grève se fera certainement sentir, le Fonds monétaire international, tout en déployant sa terminologie diplomatique, revisite les chiffres trop optimistes de sa mission d’octobre 2014, présidée par Mme Mercedes Vera-Martin.

Il évoque des mesures à courts termes pour renforcer la résilience économique du pays. En effet dans un communiqué sanctionnant son ultime mission dans le pays, le Fmi précise d’emblée que le niveau des réserves initialement indiqué, en octobre 2014, de 6.5 de mois d’importations, pourrait «tomber à 4,7 mois en 2014» en dépit de l’effet favorable de la baisse des prix mondiaux des produits pétroliers (dont les consommateurs mauritaniens n’ont pas bénéficié) et alimentaires.

Les experts du Fmi notent « un ralentissement de l’activité économique » alors que « la croissance du PIB réel devrait tomber à 5,5 % en 2015 en raison du ralentissement de la croissance de l’activité minière et de la baisse de l’investissement privé et de la consommation ». Tout cela avec une détérioration des termes de l’échange qui « devraient se détériorer de 4,5 % ».

Les projections optimistes sur l’inflation, à 3% en 2014, sont, par ailleurs, revues à la hausse, frôlant les 5%. De quoi inquiéter dans un pays où la dette du secteur public prend de plus en plus de place dans le programme d’investissement du Gouvernement.

C’est pratiquement le surendettement avec 78,4 % du PIB en 2014. Selon les autorités mauritaniennes, le déficit budgétaire courant, 19 pourcent du PIB, pourrait être et financé majoritairement par des Investissements Directs Etrangers 5Ide°.

Curieux quand on réalise que dans le dernier rapport Doing Business sont en recul en raisons de plusieurs facteurs entourant l’environnement des affaires dans le pays.

Mais plus inquiétant encore pour le pays, le Fmi semble prédire une aggravation de la situation de notre pays dont l’économie est non diversifiée et la croissance affichée reste jusqu’ici non inclusive, comme en témoigne un chômage galopant notamment chez les jeunes.

En effet, pour le Fmi, «les perspectives risquent d’être révisées à la baisse». Il y a certainement l’effet de la demande (étranger) mais il y a également la gestion de la Snim dont les experts évitent de parler (prêt Najah Worm Majors pour la Construction de l’aéroport de Nouakchott, le prêt à la MAI pour l’acquistion d’avions… ).

Une enveloppe de 400 milliards d’ouguiyas que le président dit, dans sa dernière sortie publique, avoir été injectés dans des projets de routes…Ces choix économiques –si tant est que l’argent y a été investi- sont aujourd’hui contestables dans un pays à forte densité de pauvres (42%) et où les résultats pour la consécration des Objectifs du Millénaire de Développement restent très mitigés.

En tout cas, le Fmi se veut formel : « une baisse plus forte que prévu des prix des principaux produits exportés réduirait davantage les exportations et l’investissement direct étranger, et jetterait le doute sur les plans d’expansion dans le secteur minier, ce qui pèserait sur les perspectives de croissance et les soldes budgétaires ». Mais la secousse sera tellurique prévient le Fmi car le système bancaire ne sera pas épargné d’où un effet domino sur « la croissance et la stabilité financière».

Le Fmi urge encore pour soutenir la croissance d’opérer de nouvelles réformes structurelles notamment en ce qui concerne « la recapitalisation de la banque centrale pour préserver la crédibilité et l’indépendance de l’institution». Il est vrai que cette institution n’a jamais été au plus bas de sa réputation que ces dernières années. Son instrumentalisation et la complaisance qui y ont prévalu dénotent du détournement de sa vocation première. Compte-rendu J.D

Source: Mauriweb

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