Le pari de la liberté pour l’IRA


Alors que 9 esclaves sont libérés et 2 maîtres emprisonnés à Zouérate au Nord du pays, l’IRA achève son dernier sprint contre l’esclavage à Tidjikja. Une dernière étape de la marche contre l’esclavage sur fond de contestation de jeunes extrémistes mauritaniens dans la région qui marque un mois de défiance contre le régime de Ould Aziz et le système tribal en Mauritanie.

Ces deux évènements honorent Ould Abeid le président de l’IRA l’une des ONG non officielles des Haratins la plus crédible sur le terreau de l’anti esclavagisme et constituent un tournant important dans la lutte contre l’obscurantisme et la pauvreté dans un pays où plus de la moitié de la population sont analphabètes.

Un vent de liberté est entrain de souffler dans les rangs de l’IRA. Il y a plus d’un mois, le 22 janvier dernier, les militants anti esclavagistes lançaient leur premier caravane de la liberté à Néma capitale du Hodh El Chargui et cœur du système tribal en Mauritanie.

Le régime de Ould Aziz était pris par surprise par cette initiative de l’une des ONG la plus active et jusqu’ici non reconnue officiellement qui amorça ainsi l’un des mouvements civiques exceptionnels dans un pays où plus de 80 pour cent des Haratins vivent dans l’ignorance et sont toujours considérés comme des parias malgré les lois criminalisant l’esclavage, un fléau vieux de plusieurs siècles.

Cette marche s’était levée dans les grandes villes de Néma à Nouakchott pour s’achever cette semaine à Tidjikja où des jeunes mal intentionnés ont failli perturbé la manifestation des militants de l’ IRA sous la conduite de leur chef Ould Abeid qui n’a pas rencontré cette opposition de la rue dans toutes les autres localités visitées. Il a encore une fois défié les autorités administratives et politiques mais surtout les forces de l’ordre qui ont heureusement empêché toute confrontation.

Cette dernière étape qui coïncide avec la libération de 9 esclaves et la détention de 2 maîtres à Zouérate au Nord du pays marque ainsi le début d’une nouvelle ère contre le laxisme du régime de Ould Aziz et l’obscurantisme de certains imams et oulémas favorables au maintien du statu quo.

C’est également une sonnette d’alarme aux lobbies féodaux qui exercent toujours une influence sur les autorités politiques. C’est donc dire qu’après des années de mobilisation les dénonciations des cas présumés d’esclavage ont porté leurs fruits. Une avancée qui met du baume au cœur des marcheurs qui entendent finir en beauté. Tout au long de cette caravane motorisée Ould Abeid a créé une dynamique nationale pour abolir l’esclavage en appelant ses compatriotes à apprendre le Coran et aller surtout à l’école conditions sine qua non de leur libération.

Cette rencontre avec la Mauritanie profonde a permis d’engranger de militants pour la bonne cause et réduire le gouffre qui se creuse entre le pouvoir en place et les organisations non gouvernementales mauritaniennes. Le leader Haratin ne s’arrête pas là et veut se tourner maintenant vers l’avenir. Pour cela il devra combattre tous les préjugés et les dogmes qui empêchent la société mauritanienne d’aller vers la justice et l’égalité entre tous les citoyens. Dans cette perspective la criminalisation de l’esclavage est une heureuse avancée pour l’IRA qui est en passe de gagner son pari de la liberté.

Source : Baba Kane

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