Mauritanie : les « ministrés » d’Aziz tournent et retournent

Ould RayessLe remaniement attendu a bien eu lieu. Deux ministres sont sortis deux sont rentrés. Deux ? Pas tout à fait. Il y a un « revenant » ; inattendu, vraiment. Sid’Ahmed Ould Rayess, l’homme qui, en janvier dernier, était au cœur de l’actualité. Il venait alors d’être « dégagé » du juteux poste de gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie (BCM) suite au scandale de la Maurisbank dont le patron, l’homme d’affaires Ahmed Ould Mogueya, croupit depuis en prison.

En retrouvant le poste de ministre des Affaires économiques et du développement, Ould Rayess prouve à l’opinion publique nationale qu’il reste toujours un proche du raïs. Très proche même. Pour quelques dizaines ou centaines de millions d’ouguiyas détournés, plusieurs responsables du Trésor public et de la Somelec (Société mauritanienne d’électricité) ont été jetés dans le gnouf, loin des lieux du crime, à Bir Mogrein, localité à jet de pierres de la frontière algérienne. Ould Rayess dont la disgrâce n’aura duré que cinq mois, revient par la grande porte. Oublié la Maurisbank, qu’il aurait agréée dans des conditions peu orthodoxes causant ainsi la perte de milliards à l’Etat et à des particuliers. Oublié surtout l’état déplorable dans lequel il aurait laissé la BCM, dont les réserves en devises ont fondu comme neige et qui ferait fasse aujourd’hui à des difficultés nécessitant un remède de cheval.  Une situation qui justifie, selon des observateurs, le dernier voyage d’Ould Abdel Aziz en Arabie saoudite pour solliciter l’aide financière du nouveau roi Selmane. Alors ?

Les proches du président restent des proches, quoi qu’ils fassent. Ould Tah qui vient d’être nommé (par les Saoudiens, premiers bailleurs du fonds) à la tête de la Banque arabe pour le développement en Afrique (BADEA), dont le siège est à Khartoum, laisse à la Mauritanie une lourde, très lourde ardoise. En cinq ans, il a fait passer la dette extérieure de la Mauritanie de 2 milliards de dollars US à 4 milliards et quelques ! Pourtant, c’est bien lui, en tant que ministre des Affaires économiques, qui se targuait de dire que la plupart des grands projets du gouvernement étaient financés sur « fonds propres ». Un « mensonge rouge » pour lequel il a été récompensé en étant le seul « ministré » resté au gouvernement sans discontinuer, depuis 2008. L’homme des fonds arabes était au centre du dispositif mis en place à l’époque pour lancer de grands projets. A n’importe quel prix. Alors, avec ces deux exemples, les cadres de l’Union pour rien (UPR), parti (théoriquement) au pouvoir, mis au « garage » doivent reprendre de l’espoir : les postes, au gouvernement ou ailleurs, tournent et retournent. Gaffez messieurs !

Source: Elhourriya

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