Mauritanie : l’impunité, le dysfonctionnement de la justice et les discriminations ethniques par le régime de Ould Aziz pointés par un rapport des Nations-Unies

libre expressionPour accélérer la réalisation d’une société mauritanienne égalitaire et diversifiée fondée sur les droits de l’homme pour tous, il est urgent pour le régime de Ould Aziz d’adopter des mesures audacieuses et une politique de tolérance zéro face à l’impunité.

C’est l’une des conclusions importantes du rapport des Nations-Unies rendu public cette semaine suite à la visite de Mutama Ruteree en Mauritanie du 2 au 8 septembre 2013.

L’expert international qui s’est rendu à Nouakchott, Rosso et Kaédi a souligné le dysfonctionnement de la justice mauritanienne et pointé les discriminations contre les Hratins et les négro-mauritaniens de la vallée du Fleuve Sénégal. Un rapport qui ne ménage pas les autorités de Nouakchott qui excluent ainsi ces populations aux postes de direction dans les instances gouvernementales et l’administration publique.

La presse nationale et la presse électronique ont relayé cette semaine un rapport d’actualité des Nations-Unies sur les formes contemporaines de racisme de discrimination raciale de xénophobie et d’intolérance en Mauritanie suite à la visite à Nouakchott de l’envoyé spécial Mutama Ruteere en septembre 2013.

Un rapport qui ne ménage pas les autorités de Nouakchott taxés de laxistes face à l’impunité des responsables des crimes commis par le régime de Ould Taya durant la période de 89 à 91 contre les négro mauritaniens de la vallée du Fleuve Sénégal.

L’expert international s’étonne de la loi 93 qui avait amnistié les membres des forces armées et de sécurité qui avaient commis ces violations. L’impossibilité de contester cette loi est aujourd’hui un frein pour les tribunaux ou les politiques pour la recherche de la vérité voire l’indemnisation de ces victimes. Pour la réconciliation nationale le rapporteur recommande que l’Etat mauritanien publie la loi 93 en arabe et en français.

La discrimination ethnique touche également les Hratins considérés quasi majoritaires dans le pays mais ce sont les populations les plus mal loties et qui subissent l’exclusion la plus parfaite du fait de leur ascendance. La moitié d’entre eux vivent encore dans l’esclavage malgré toutes les lois incriminant ce fléau et dans l’ignorance et la pauvreté.

Malgré la création de la commission nationale des droits de l’homme et récemment Tadamoun une agence nationale de lutte contre les séquelles de l’esclavage, la discrimination ethnique poursuit son bonhomme de chemin et exclut les noirs aux postes de direction dans les instances gouvernementales et l’administration publique.

Cette marginalisation de fait ne date pas d’aujourd’hui. Depuis 1960 les maures arabo-berbères ont toujours dominé le pays politiquement et économiquement. Ould Aziz ne fait pas exception à la règle dont le régime n’a pas tiré un trait au passé. La mise en place depuis 2011 d’un recensement biométrique est décrié par les noirs notamment qui se sentent rejetés par les mesures de l’Agence nationale des populations et Titres sécurisés.

Une discrimination qui a déjà fait une victime à Maghama la même année dont les auteurs ne sont toujours pas traduits devant la justice. Un dysfonctionnement qui est légion dans le pays. Il urge pour le régime de Ould Aziz « d‘adopter des mesures audacieuses et une politique de tolérance zéro face à l’impunité pour accélérer la réalisation d’une société mauritanienne égalitaire et diversifiée fondée sur le respect des droits de l’homme pour tous conclut le rapporteur des Nations-Unies.

Source : Baba Kane

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