Mauritanie :Mohamed Mahmoud Ould Jaavar , coordinateur de la campagne UPR pour les législatives et les municipales dans une interview exclusive :

logo123Le scrutin du 23 novembre s’est globalement déroulé dans une atmosphère de saine et libre concurrence qui conforte la pratique démocratique dans notre pays’

Le Calame : La CENI a enfin publié les résultats du scrutin du 23 novembre et votre parti, l’UPR, arrive largement en tête au premier tour, aussi bien pour les municipales que les législatives. Mais avec les irrégularités que tous les camps ont dénoncées, ces résultats sont-ils crédibles ?

Mohamed Mahmoud Ould Jaavar : Je vous remercie infiniment pour l’occasion que vous m’offrez de m’adresser à l’opinion a travers le Calame. L’organisation des élections municipales et législatives 2013, après un report de plus de deux ans, dans un contexte marqué par l’escalade prônée par certains partis de la COD, offre une heureuse opportunité pour trancher pacifiquement et d’une manière démocratique le duel politique qui a caractérisé ces derniers temps la scène nationale.

Le climat d’ensemble dans lequel se sont déroulées ses élections, l’intérêt majeur qu’elles ont suscité, illustré par le nombre inégalé des inscrits sur le fichier électoral (1.200. 000 électeurs), le triple record que constitue le nombre des listes enregistrées…

…le taux élevé de participation (+de 75%) avec la répartition de nombreux sièges électoraux entre plusieurs formations politiques auquel s’ajoute l’importance des circonscriptions en ballottage corseté par le sentiment de satisfaction exprimé par l’ensemble des observateurs nationaux et internationaux, témoigne, s’il en était encore besoin, de la pertinence de l’organisation de ces élections dont la crédibilité se traduit de surcroit par la confiance des participants d’avoir récolté chacun le nombre de siège correspondant au total des voix qu’il a obtenues.

Si on ajoute à cela le fait que ce scrutin intervient après l’entrée en vigueur des reformes issues du dialogue national de 2011 dont l’impact sur la transparence et l’honnêteté des élections est manifeste, on peut considérer qu’en dépit de certaines incohérences observée par la CENI en matière d’organisation, au niveau du dépouillement et lors de la proclamation des résultats et qui relève pour l’essentiel d’un manque d’expérience, le scrutin du 23 novembre 2013 s’est globalement déroulé dans une atmosphère de saine et libre concurrence qui conforte la pratique démocratique dans notre pays.

Naturellement je me réjouis des résultats obtenus par l’UPR au 1er tour dans la mesure où notre parti a remporté 80 communes sur les 98 circonscriptions qui sont passés au 1er tour et 52 députés parmi les 117 sièges déjà répartis.

Nous sommes en ballottage favorable dans 12 des 16 circonscriptions renfermant 30 sièges, ce qui prouve notre capacité à pouvoir remporter plus de 22 sièges pour assurer une majorité confortable au niveau de l’Assemblée Nationale à l’issue du second tour de même qu’une large majorité des conseils municipaux où nous sommes en ballottage favorable dans 73 circonscriptions sur les 113 que nous allons négocier le 21 décembre.

Ce dont je félicite l’ensemble de nos électeurs et je suis confiant ‘’In Chaa Allah’’ dans la capacité de nos militants à réaliser cet objectif vital d’autant plus que nous sommes à l’orée de l’élection présidentielle que nous ambitionnons d’aborder en étant stimulé par une dynamique victorieuse au terme des présentes échéances législatives et municipales.

Parmi les manquements dénoncés par les partis de l’opposition ayant participé aux élections, il y a l’implication de l’Etat, de ses démembrements et des chefs de corps d’armée et de sécurité, l’achat des consciences etc. Même la CENI y a pipé mot. C’est une entorse à la loi sur l’incompatibilité des charges, non ?

Je voudrais tout d’abord préciser qu’aucun acteur ou observateur n’a signalé l’intervention d’une quelconque autre structure étatique, en dehors de l’organe compétent, la CENI en l’occurrence dans les différentes phases du processus électoral. La neutralité de l’administration a été consacrée par les reformes issues du dialogue national et le régime des incompatibilités a été clairement défini. Les pratiques que vous évoquez n’ont, par conséquent, pas lieu d’être et la partie qui se considère lésée par de tels agissements est bien fondée à exiger l’application des textes y afférents.

Pour ce qui concerne le vote des éléments de nos forces armées et de sécurité, il faut dire tout simplement que les modalités de vote qui leur ont été réservées ont été respectées et aucune formation politique ne peut prétendre que leur vote a été orienté. Le pari (une journée de vote à part pour une armée républicaine) a été gagné de façon très satisfaisante.

Le deuxième tour, initialement prévu pour le 7 décembre a finalement été décalé au 21 du même mois. Tawassoul annonce qu’il s’y oppose. C’est un avis qu’UPR ne partage certainement pas?

La lenteur du processus de dépouillement et le retard pris par la CENI dans la proclamation des résultats du 1er tour a conduit cette dernière à adopter le lundi 03 décembre une délibération préconisant le report du second tour initialement prévu le 07 du mois courant au 21 décembre 2013.

Le gouvernement a demandé et obtenu l’avis du Conseil Constitutionnel par rapport à cette question qui a rappelé à cet égard que les dispositions de l’article 59 de la constitution concernant les matières autres que celles qui sont du domaine de la loi relevant du champ réglementaire peuvent être régies par décret.

Comme le collège électoral avait été convoqué par décret pris en conseil des ministres, le report de la date du second tour ne pouvait être effectué qu’a travers le même procédé par respect au parallélisme des formes.

Ne pensez-vous pas que le financement des partis ayant pris part à ces élections, décidé presque tardivement a contribué à sortir du néant des « partis cartables » au détriment des partis de grande audience nationale ?

Il me semble opportun, pour lever toute équivoque, de rappeler le contexte et la consistance du financement en question. Le texte régissant le financement des partis politiques fixait le la quote-part de chaque formation par rapport au nombre de conseillers municipaux dont elle dispose au terme du dernier scrutin municipal.

Se fondant sur l’esprit de ce texte, le gouvernement a pris le nombre de listes communales déposé par chaque parti, comme base de calcul pour la répartition de cette enveloppe. Les partis étant conscients de l’importance du nombre des conseillers municipaux dans la mobilisation des financements publics, chaque formation politique est censée déposer des listes au niveau des circonscriptions qu’elle est en mesure de négocier.

En tout état de cause le financement en question est très limité et ne nécessite pas tant de polémique. L’UPR, qui a déposé 118 listes communales, a obtenu environ 64.000.000UM. Cela n’est pas de nature à impacter le résultat d’une campagne.

Votre parti est en ballottage dans presque toutes les Moughataa de Nouakchott. Ne s’agit-il pas là de contre performance ?

Certainement pas. Le District de Nouakchott a de tout temps était une circonscription difficile pour les partis au pouvoir. Cependant, je tiens à rappeler que l’UPR est en ballottage favorable dans 5 communes sur les 8 qu’il va négocier au second tour de même qu’il était largement en tète au niveau de la liste régionale.

En tout état de cause, notre parti mettra tout en œuvre pour briguer avec confiance la communauté urbaine de Nouakchott pour donner à notre capitale l’image convenable qui lui sied, d’autant plus qu’elle bénéficiera prochainement de réalisations structurantes qui l’impacteront positivement, notamment le nouveau aéroport international, la finalisation de la ceinture verte et le grand chantier du réseau d’assainissement qui gagneront à être accompagnés efficacement pour mieux les valoriser comme prévu par le programme de notre candidate à la Communauté Urbaine, Mme Maty Mint Hamady.

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