Mauritanie/Ambiance politique interne : statu quo depuis plusieurs mois

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Depuis la présidentielle du 21 juin, entre Mohamed Ould Abdelaziz et les ténors de l’opposition, le fossé semble à nouveau infranchissable.

Les choses semblaient pourtant bien parties, au mois d’avril dernier, quand tous s’étaient assis à la table des négociations pour débattre des conditions de l’organisation du scrutin.

Le dialogue a encore une fois tourné court. Le Forum pour la démocratie et l’unité Forum national pour la démocratie et l’unité et la Convention pour une alternance pacifique (CAP) ont annoncé que, pour la présidentielle, ce serait sans eux. Et ils ont appelé même les Mauritaniens à ne pas voter. Leur objectif : contester la légitimité de la réélection du chef de l’État, qu’ils estimaient courue d’avance. « Aziz » a été confortablement élu, avec 81,89 % des suffrages. Quant au taux de participation, il s’est officiellement élevé à 56,55 %. Pour l’opposition, le boycott a été parfaitement suivi. « Nous considérons qu’il n’y a pas eu d’élection, déclare Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine, président du FNDU. Le pouvoir a refusé que la présidentielle soit transparente et, donc, que l’on s’y présente. Nous contestons toujours sa réélection. »

En novembre 2013 déjà, 10 des 11 partis que comptait la COD avaient choisi de boycotter les élections législatives et municipales. Pour Ould Daddah, chef de file du RFD, Ahmed Ould Daddah, chef de file du RFD- l’un des 17 partis qui forment le FNDU, le pari était risqué.

Cet opposant a non seulement perdu son statut de chef de file de l’opposition, au profit d’El Hacen Ould Mohamed, de Tawassoul, mais a aussi vu son parti perdre sa place à l’Assemblée nationale. En outre, à 72 ans, il peut désormais tirer un trait sur la magistrature suprême, l’âge limite pour être candidat à la présidentielle étant fixé à 75 ans par la Constitution. Même constat pour Messaoud Ould Boulkheir, 71 ans, le leader de l’Alliance populaire progressiste (APP, l’un des trois partis de la CAP) et ex-président de l’Assemblée nationale.

Tous les regards se tournent donc vers une autre figure de l’opposition, Ould Maouloud de l’UFP. Ce dernier pourrait être désigné par le FNDU lors de la présidentielle de 2019, si l’idée d’une candidature unique était retenue.

Depuis l’investiture d’Aziz, le 2 août dernier, le FNDU n’a pas chômé. En plus de son « pôle politique », le Front a mis en place des commissions thématiques, chargées d’élaborer des propositions concrètes afin d’améliorer le système de santé, de réparer les violations des droits de l’homme (les exactions subies par les Négro-Mauritaniens à la fin des années 1980 et au début des années 1990), de travailler sur l’État de droit, l’éducation ou les langues.

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