M’Bareck Beyrouk : Un nouveau écrivain est arrivé

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Je viens de lire un beau roman de Mohamed Ould Meine,une belle histoire qui en appelle à nos souvenirs et qui interroge aujourd’hui. Je n’avais jamais rencontré Mohamed Ould Meine, sauf une seule fois, il y a seulement quelques jours.

J’avais juste remarqué l’ascension fulgurante de ce jeune homme, qui en un rien de temps s’était fait une carrière de ministre, et qui s’en était ensuite allé suivre les siens sur la voie de l’opposition. J’avais ensuite lu des papiers écrits, dit- on, de sa main, sous un pseudonyme, où il faisait montre d’une vaste culture(c’est rare pour nos ministres , même « ex ») mais aussi d’une espèce de hargne que je n’avais pas vraiment apprécié.

Et là avec « Mounina Blanchet », j’ai soudain découvert un autre visage , celle d’un vrai romancier.

L’histoire combine les tribulations d’une femme très belle, fille d’un brigand et épouse d’un administrateur colonial et celle de son fils, qui se cherche, qui essaie de se trouver , qui oscille entre ses diverses appartenances et qui, vivant àBruxelles, devient le cobaye d’une expérience unique menée par un professeur inquiétant:une thérapie de choc permettant de retrouver son passé et celui de sa mère.

Le romancier brosse donc aisément les grandes lignes de notre passé colonial et de notre présent… encore assez colonial. Parce que, après tout, le vrai combat de notre héros consistera à mener procès à l’État mauritanien qui a bâti au dessus de terres qui appartiennent à Mounina Blanchet (donc à la France) le bâtiment de la nouvelle République. 

Mais plus qu’une histoire,le roman est une introspection, et un appel. Introspection d’un jeune homme en lui même -ce jeune homme est nous tous- Appel à découvrir à travers notre histoire complexe une ligne claire et un combat à mener pour demain.

Ould Meine a aussi l’intelligence de ne pas tomber dans les travers de l’auto-édition si fréquente ici. Il n’a pas été tenté par le « nouakchottisme » de nos auteurs, qui consiste à se faire inviter sur tous les plateaux d’ici pour un livre qui,en réalité,n’existe pas, confiné qu’il est dans les modestes méandres de l’édition à compte d’auteur.

Il a subi les feux des comités de lecture  beyrouthins, et il s’en est bien sorti. Il possède en plus une écriture moderne, et un arabe d’aujourd’hui, accessible au plus grand nombre,sans l’ésotérisme bédouin de nombre de nos intellectuels. 

Et, contrairement à beaucoup de nos jeunes romanciers et nouvellistes, il maitrise parfaitement l’art romanesque, technique qui est ici ,visiblement, le fruit de larges lectures et d’une vraie intelligence des choses. Enfin, ils doivent bien faire attention,nos hommes de lettres, si friands des choses anciennes: un vrai écrivain est arrivé.

M’Bareck Beyrouk

Source : Adrar-Info

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