Médias audiovisuels privés : De mal en pis !

Hapa - rimweb.netEveil Hebdo- Grèves à répétition dont la dernière remonte à la semaine dernière, démissions en cascades, limogeages en séries, programmes sans cesse chamboulés ; les média audiovisuels mauritaniens offrent une bien triste image en ce début d’année. En fait les changements tant attendus dans le monde audiovisuel mauritanien, après la promulgation de la loi 045/2010 sur l’ouverture de l’espace audiovisuel, se font attendre et pourraient même ne pas voir le jour.

Les media privés, asphyxiés par de colossales pertes sont sur le point de fermer pour la majorité. La faute à une étude de faisabilité bâclée, des investisseurs changeant de position au gré de leurs humeurs, un manque de professionnalisme et également une violation de leurs engagements avec la Hapa qui semble dépassée.

Longtemps réclamé par les professionnels de la presse et attendus avec impatience par les téléspectateurs, l’arrivée des chaines audiovisuels privés en Mauritanie déçoit. Suite au vote puis la promulgation de la loi sur l’audiovisuel qui consacre l’ouverture de l’espace audiovisuel mauritanien et le feu vert donné à 5 radios et 5 télévisions privées, le résultat est en deçà des attentes du public mauritanien en général.

Déjà la sélection des ces média privés avaient suscité beaucoup d’interrogations quant à la transparence et l’équité dans le traitement des dossiers. La Hapa se défendait en arguant avoir retenu « les meilleurs dossiers », surtout ceux qui donnaient une garantie de pérennité financière.

Un argument qui bat de l’aile aujourd’hui car les arriérés de salaires s’accumulent un peu partout et les contrats de travail n’existent presque pas. Il y a lieu de noter que les moyens humains font largement défaut. Les radios et télévisions privées ont du se rabattre sur le personnel des médias publics qui encadrent les quelques parents et amis recrutés par ci et là.

Beaucoup doutent de la rentabilité d’une télévision privée. Non seulement l’équipement coûte des yeux et de la tête mais encore les ressources humaines font défaut. Les ingénieurs et autres techniciens ne sont pas légion et ce n’est pas en l’espace de quelques semaines que l’on peut en former, fût-ce dans les meilleurs média occidentaux ou arabes. Et encore que la publicité, essentielle source de revenus des média, est encore embryonnaire dans le pays et très peu organisée. Sans son apport aucun budget ne pourra tenir durablement.

En plus des difficultés financières, les conseils d’administration interviennent souvent dans la ligne éditoriale piétinant le professionnalisme des directeurs et des rédactions. De nombreux journalistes ont subi et on fait les frais de cette situation, malgré certains programmes attractifs, salués par les téléspectateurs.

Empêtrée dans des difficultés financières sérieuses, une Tv privée, a licencié plus de la moitié de son personnel, arrêté ses programmes en français, et risque de mettre la clé sous le paillasson. C’est le cas également d’une autre chaine privée, qui de coupe en coupe a supprimé ses programmes en français , et mis à la porte une dizaine d’employés.

Les radios ne sont pas mieux lotis. Mauritanides n’émet plus depuis 1 mois et ne semble pas prêt de reprendre, d’autres croulent sous les difficultés financières.

Ces médias privés grignotent à présent le fonds d’aide à la presse privée, en principe destiné à la presse écrite comme dans les pays de la sous région. C’est dire que leur situation est des plus compromises.

Outres le goulot d’étranglement financier, les nouvelles chaines ne font pas un travail de recoupement et de recherches de l’information se bornant à reprendre le plus souvent les articles des sites électroniques ; ce qui leur a valu quelquefois des mises en garde de la Hapa, car ce sont les mêmes informations qu’on retrouve dans les sites, les journaux, les radios, et les télévisons privées.

Il faut également souligner que la Hapa qui n’est pas soucieuse de la diversité, est aux abonnés absents car laissant pourrir une situation. Il aurait fallu que « cette Haute Autorité bombe les muscles et fasse respecter les cahiers de charges » quitte à infliger des amendes aux récalcitrants.

Il est désolant et navrant de voir le paysage audiovisuel se décomposer alors qu’il vient à peine de naitre. De ce profond mal, certains y voient la main à peine cachée du pouvoir qui chercherait à ne maintenir que les chaines s’inscrivant dans ses schémas. Enfin, Il est clair que l’ouverture médiatique tant attendue connait de sérieux soubresauts et que bien de choses sont à revoir.

OB

Source : Eveil Hebd

 

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