Médias libres au Maghreb : Un difficile arrimage.


Le Maghreb accuse un retard considérable dans le domaine du « pluralisme et de la démocratisation de son système audiovisuel ».

medias maghrebUne  pluralité du paysage médiatique au Maghreb  qui a du mal à se concrétiser en raison de la forte susceptibilité  et même des réticences des autorités, très peu enclines, à reconnaître des médias qui pourraient bien, susciter des changements de mentalités et consolider un « ancrage démocratique » des citoyens, à l’image des médias  sénégalais et maliens .

La situation est peu reluisante au Machrek où on note une « gestion monopolitistique de la bande FM en Egypte ».

Au Maroc, les  radios associatives-communautaires ne sont pas reconnues par le législateur qui ne leur a pas accordé de statut juridique, lors du vote parlementaire sur la communication audiovisuelle en 2004. Une étude menée par « Ejoussour », un portail de la société civile Maghreb Machrek, regroupant 700 associations et réseaux,  sur « Médias communautaires, pour une information citoyenne »brosse un tableau peu reluisant. Selon cette étude «  l’absence de radios associatives-communautaires au Maroc est un déficit de la liberté d’expression et du droit à la communication et une violation des principes et normes internationales et régionales sur la liberté de la communication audiovisuelle ».

La société civile marocaine milite, depuis quelques années, pour remédier à cette carence réclamant pour les communautés qu’elle représente la jouissance du «  droit à la communication » devant se matérialiser par une « appropriation des moyens de communication audiovisuelle », surtout aux  communautés  qui vivent dans des zones pauvres et marginalisés.

C’est dans cette optique que Mme Imane Bounjara chargée du projet à Ejoussour  a plaidé, à Tunis, lors du forum mondial,« pour une reconnaissance juridique des radios associatives communautaires au Maroc ».Elle intervenait au cours du panel « Médias libres pour créer de la démocratie et de la citoyenneté »  qui se déroule en marge du troisième forum mondial des médias libres.

Mme Imane Bounjara  a indiqué que le « tissu associatif marocain a entrepris  à travers le projet « Médias communautaires : pour une information citoyenne »des initiatives notamment des séminaires et ateliers d’information, de plaidoyer et de formation et dans certaines régions, notamment au Nord et au Sud-est du pays.Certains sites web et portails communautaires s’initient, ces dernières années, à la diffusion de contenus radiophoniques et de télévision ».

Elle a appelé à la mise sur pied d’une charte d’éthique et de déontologie au sein de la région Maghreb –Machrek.Le renforcement des capacités et la formation des acteurs associatifs dans le domaine de la gestion mettra, selon elle, un accent particulier sur le respect de l’éthique et de la déontologie qui sera au cœur du processus.

Le  développement des « luttes revendicatives pour la démocratisation » et le « pluralisme du système médiatique » menées par les acteurs politiques et associatifs longtemps exclus de l’accès aux médias étatiques  ont permis, font remarquer les organisations de la société civile marocaine,  d’une part, « une libéralisation partielle du système audiovisuel marocain a été inaugurée par la fin du monopole étatique et la promulgation de la loi sur la communication audiovisuelle » en 2005.Cette libéralisation, estiment les acteurs de la société civile, a mis fin à « un système audiovisuel étatique verrouillé ».

D’autre part, par le besoin de diversifier la production nationale audiovisuelle pour protéger les cultures nationales contre la globalisation des médias, et en particulier des effets sur le public marocain des programmes des télévisions satellitaires arabes, européennes et américaines constitue le second facteur déterminant.

Toutefois, la nouvelle loi sur la communication audiovisuelle ne reconnait que deux types de systèmes audiovisuels : le service public propriété de l’Etat et le service commercial propriété du secteur privé. Le secteur associatif a été exclu .Cela pourrait se comprendre par le fait qu’en 2004, avant le vote de la loi sur la communication audiovisuelle par le parlement, «  la société civile marocaine n’a pas été impliquée dans le lobbying pour proposer des amendements au projet de texte de loi. Sa seule revendication, et elle est toujours d’actualité, souligne Mme Imane Bounjara  était la concrétisation du droit d’accès libre aux médias, surtout publics, pour exprimer ses opinions sur les problèmes du pays ».

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge