Méditerranée: la traversée de tous les dangers pour les migrants

Des migrants arrivent en Sicile.La Méditerranée s’est une nouvelle fois transformée en tombeau. Un chalutier transportant plusieurs centaines de migrants a fait naufrage dans la nuit de samedi à dimanche 19 avril, dans les eaux libyennes. Et 700 migrants, au moins, sont portés disparus, parmi lesquels de nombreuses femmes et des enfants. Malgré les risques connus du voyage, ils sont toujours plus nombreux à tenter la traversée. Une réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur de l’Union européenne devait se tenir ce lundi après-midi.

Le bilan est peut-être encore plus lourd. Jusqu’à 950 personnes auraient pu se trouver à bord du chalutier qui a fait naufrage. C’est ce qu’indique en tout cas le témoignage d’un rescapé originaire du Bangladesh, qui a été transporté par hélicoptère en Sicile pour être hospitalisé.

Même s’il n’a pas été confirmé, le chiffre paraît crédible pour un chalutier de plusieurs dizaines de mètres. Beaucoup de passagers avaient été enfermés dans la soute du bateau, portes closes, sans pouvoir sortir, selon le témoignage du jeune homme.

40 à 50 enfants à bord ?

Dans la nuit de dimanche à lundi 20 avril, les rescapés et les corps repêchés sont arrivés au port de la Valette, à Malte, avant de repartir dans la matinée pour Catane, en Sicile. Quelque 24 morts et 28 rescapés, ce sont les chiffres confirmés, mais selon des sources maltaises citées par le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU, il pourrait en fait y avoir 50 survivants.

Les passagers étaient de nationalités très variées. Ils venaient d’Afghanistan, du Pakistan, de Zambie, du Bangladesh, du Sénégal, mais aussi du Ghana, du Mali et d’Egypte. Entre 40 et 50 enfants se seraient trouvés parmi eux.

Ce nouveau drame a provoqué une intense émotion en Italie, tout particulièrement dans le sud du pays. Toutes les communes de Sicile ont décrété ce 20 avril journée de deuil officielle.

Le sud de l’Italie vit au quotidien avec ces drames, avec l’arrivée des bateaux et l’hébergement d’urgence de ceux qui survivent à la dangereuse traversée depuis la Libye. Ici, on voit trop souvent débarquer les cercueils. Mais on agit aussi : plusieurs bateaux de pêche siciliens ont participé aux recherches.

Une traversée risquée

Au total, plus de 900 migrants sont morts entre la Libye et l’Italie depuis le début de l’année, sans compter cette nouvelle tragédie. Les risques de la traversée sont connus, tout comme ceux du long voyage qu’il faut faire pour arriver sur les côtes libyennes.

Collins Ima, 23 ans, a eu de la chance. Parti de sa province natale d’Edo, ce Nigérian a d’abord traversé le Sahara, une traversée qui a duré deux semaines avec à peine de quoi boire et manger. Il est enfin arrivé en Libye où il a embarqué pour l’Italie dans un bateau de fortune. Ci-dessous, son récit.

Le désenchantement au bout du voyage

Malgré les risques, certains continuent de partir, parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Ils fuient des situations de guerre ou de persécution. D’autres rêvent simplement d’une vie meilleure ou sont envoyés en Europe pour subvenir aux besoins de leur famille. Le désenchantement est parfois au bout du voyage, comme pour Mustafa, originaire du Sénégal. Il témoigne ci-dessous.

• UE : réunion pour prendre des mesures et prévenir de nouvelles tragédies

L’Union européenne n’a plus « d’alibi » et doit prendre des mesures « immédiates » pour prévenir de nouvelles « tragédies » en Méditerranée. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a donné le ton ce lundi 20 avril, quelques heures avant la tenue d’une réunion conjointe des ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur de l’Union européenne.

« Les tragédies de ces derniers jours, de ces derniers mois, de ces dernières années, c’en est trop. On a besoin de mesures immédiates de la part de l’UE et des Etats membres », a martelé Federica Mogherini, citant le renforcement de l’opération européenne de surveillance maritime Triton, mais aussi une meilleure répartition de l’accueil des migrants au sein de l’Union.

Une grande partie de ces sujets sont de la compétence exclusive des Etats membres, très réticents à accueillir plus d’immigrés, alors que l’Italie, la Grèce et l’Espagne doivent porter la quasi-totalité du fardeau.

Source: RFI

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