Mendiants de Nouakchott :« L’art de susciter la pitié… »

MANDIANTS DE NKTT
L’Islam recommande à tout croyant de faire le bien d’aider son prochain. Il recommande aux musulmans de faire toujours preuve de solidarité et d’indulgence à l’endroit des pauvres et des nécessiteux. Tout le bien prodigué n’est pas une peine perdue, c’est plutôt une épargne fructueuse dans l’au-delà, car, comme dit sagement l’adage, qui donne aux pauvres prête à Dieu.

Et En ce mois béni de ramadan, toute bonne œuvre ou action est riche de rétributions, surtout en matière de charité et de dévotion.
Mais le cas de la mendicité chez nous, suscite bien des interrogations.
Ici, c’est une maman dans une apparence affligeante, tenant dans ses bras ses deux filles jumelles, projetant un spectacle qui ne peut tenir le passant insensible. Là, c’est une autre femme tirant une poussette, dans laquelle siège un enfant moribond dont le regard éploré transperce directement le cœur.
Sur le trottoir des grands axes, aux portails des grandes institutions, sur l’esplanade des mosquées, à Nouakchott, le spectacle est identique. Une file de personnes valides et invalides et de tous les âges, femmes, enfants et vieillards, assis parfois sous un soleil de plomb dans l’attente des prébendes d’autrui. Mêmes les cimetières sont pris d’assaut par ses professionnels de la main tendue, à la rencontre des personnes venant se recueillir sur les tombes de leurs proches. Une mendicité dans tous ses états exploitant nos sentiments et nos états d’âmes. Cette frange de personnes se livre à des mises en scènes pathétiques pour parvenir à ses fins. Parfois, le mensonge est mis à profit par ces mendiants. Certains parmi eux, se déplacent de mosquée en mosquée, attendant la fin de la prière pour proférer des discours tragiques, et émouvants, soit disant victimes de tous les malheurs et toutes misères de la terre, n’ayant comme recours que les interlocuteurs présents pour soulager. Le tour joué, ils ciblent la prochaine mosquée. A l’autre bout du trottoir, c’est un autre, éternellement à la quémande de son transport pour rentrer chez lui.
Les innocents citoyens rencontrant la première fois ce genre de cas, montrent une extrême indulgence en répondant favorablement à la requête, se sentant réconforté dans leur for intérieur d’avoir servi un vrai nécessiteux, mais l’extase de leur générosité serait de courte durée en retrouvant le jour suivant, le même « arnaqueur moral » avec la même musique. Une situation qui met mal à l’aise les gens qui veulent servir leur prochain, incapables de différencier la bonne graine de l’ivraie.
Nous avons demandé à une femme qui mendie avec ses trois enfants, pourquoi, expose-t-elle sa famille sur le trottoir sous le soleil. Sa reponse : « je n’ai pas le choix. Je suis veuve, il faut que mes enfants survivent. Si j’avais une autre possibilité, je n’allais pas agir de la sorte. »
Salem, un autre mendiant, ayant la jambe amputée : « mon état d’infirmité ne me permet pas de travailler, je demande la charité, juste pour vivre, et quant je trouve de quoi me suffire, je rentre chez moi, je ne suis pas de ceux qui amassent de l’argent et profitent des autres. Je condamne cette pratique. Il y’a des mendiants nécessiteux et des mendiants escrocs, qui ne sont pas dans la misère. »

H C

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