Mensonge d’état : renseignements pris au Burkina, aucun journaliste n’a été inquiété…

affaire-de-burkinaHier soir j’ai demandé à un sérieux confrère au Burkina, qui a travaillé 10 ans à la télévision officielle RTB, de se renseigner au sujet de cette affaire où le porte-parole de notre gouvernement a assuré au peuple mauritanien avoir pris contact avec le Burkina qui a fini par limoger un journaliste qui a permis l’accès de l’activiste Birame Dah Abeid au JT de la RTB présenté par Nathalie Kaoré. 
 
Je lui ai transmis l’article de l’agence mauritanienne d’information. 
 
 
Il a voulu me mettre en contact directement avec la journaliste qui a reçu Birame mais je n’ai pas voulu pour ne pas l’inquiéter.Je lui ai demandé juste de demander aux autorités compétentes.
 
Selon mon confrère,  c’est  Jean Emmanuel Ouédraguo, rédacteur en chef de la RTB, qui a permis à Biramed’accéder au média.  La Mauritanie a demandé au ministère des affaires étrangères burkinabé des explications qui lui-même l’a demandé à leur ministère de la communication qui a contacté les journalistes compétents. Un échange mauritano-burkinabé a eu lieu mais aucun journaliste n’a été inquiété. Tout le monde travaille normalement donc selon la formule de mon collègue «  votre ministre a menti »
 
A moins que le ministère de la communication burkinabé ait menti à notre ministre déléguée chargée des affaires africaines ou qu’elle ait elle-même menti au porte-parole du gouvernement mauritanien, il est plutôt probable, vu son passif en la matière, que le mensonge soit le fruit du talent que l’on sait en la matière du porte-parole du gouvernement mauritanien règlement pris en flagrant délit de mensonges.
Ce qui est sûr, c’est que le ministre mauritanien ne perd rien pour attendre car soit des journalistes burkinabés vont poser la question aux autorités compétentes dans leur pays qui ne pourront pas s’y dérober soit des journalistes mauritaniens iront le faire à la première occasion mais c’est moins probable faute de professionnalisme.
En attendant, à cette heure, selon le Rédacteur en chef de la télé officielle, ni lui-même ni aucun journaliste n’a été inquiété pour avoir reçu Birame. Comment d’ailleurs inquiéter un journaliste qui recevrait le prix ONU des droits de l’homme et récipiendaire de bien d’autres prix, célébré partout où il se présente ? C’est insensé.
Seuls des régimes autoritaires pourraient refuser de le recevoir pour plaire à Nouakchott. Au Burkina, depuis l’affaire Norbert Zongo, on ne touche plus impunément aux journalistes.
De toute façon, le fait que la Mauritanie ait demandé des explications au ministère des affaires étrangères burkinabé est un signe mauritanien d’agitation qui ne correspond pas au mépris officiel affiché contre Birame qui risque d’être jeté en prison dès qu’il mettra les pieds en Mauritanie pour rejoindre 13 membres de l’IRA déjà enfermés après les émeutes qui leur sont attribuées face à l’hôpital Bouamatou.
Conclusion : tout porte à croire que le porte-parole du gouvernement mauritanien a encore menti en se félicitantqu’on puisse limoger un journaliste qui a reçu un prix ONU des droits de l’homme pour qu’il s’exprime à propos de la situation en la matière en Mauritanie.
 
Birame a gagné depuis longtemps la guerre de la communication extérieure, il n’a perdu la communication intérieure qu’à cause de ses dérapages à l’étranger à propos de l’apartheid en Mauritanie demandant à des puissances étrangères d’intervenir sous forme de sanctions contre la Mauritanie et ça, le peuple mauritanien ne l’avalera jamais.
Le pouvoir mauritanien en a profité, certainement à juste titre, pour laisser courir que Birame serait désormais aux mains de forces étrangères voulant déstabiliser la Mauritanie. En effet, ces forces,  pas strictement étrangères vu qu’on y trouve des mauritaniens, estiment que la révolte des hratines est la dernière et seule arme pour déstabiliser le pouvoir.
C’est mal connaître la nature du régime, la structure sociale en Mauritanie et la répartition des pouvoirs. Tout ce que la réussite en communication de Birame a rapporté aux hratines de Mauritanie, c’est d’être encore plus marginalisés au niveau du pouvoir avec cerise sur le gâteau infect une atmosphère sinistre qui mine de l’intérieur la fraternité entre maures noirs et blancs quoi que fasse le pouvoir pompier pyromane en la matière…
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