Messaoud Ould Boulkheïr: La retraite…

Messoud croise les bras
Dans quelques jours, les instances parlementaires et communales, issues des dernières élections législatives et municipales, seront implantées. Une majorité confortable pour le principal parti de la majorité, l’UPR. Plus que confortable pour l’ensemble de la majorité présidentielle.

Avec, c’est le moins qu’on puisse dire, une minorité, des plus agréables. En plus. L’usage et la cohérence, pour ne pas dire cohésion politique, recommandent bien l’investiture d’un président de l’Assemblée Nationale, issu de la majorité parlementaire gagnante.

Ce qui n’était pas le cas pendant la législature sortante, où Messaoud a été porté au perchoir de la chambre basse, à la faveur d’un accord d’entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2007, honoré par le candidat favori de l’époque Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, renversé moins de deux années plus tard par le général Aziz.

Aujourd’hui, on parle dans l’opinion et dans les hautes sphères du pouvoir ‘’d’une possible reconduction de Messaoud Ould Boulkheïr à la tête de l’Assemblée Nationale’’. Avec seulement sept députés, sur 147, ce qui n’est pas très loin de ses cinq députés sur 95, dans l’ancienne législature. Pourquoi donc une telle faveur à l’adresse d’un homme qui a déjà donné tout ou presque, à travers son aval au dialogue boycotté par ses anciens partenaires de l’opposition et, ensuite, sa bénédiction aux élections législatives et municipales boycottées par ces derniers ?

‘’On en a besoin, chuchote-on, dans les hautes sphères. Il est encore plus qu’indispensable pour faire passer la pilule de l’élection présidentielle, pour laquelle le collège électoral devra être convoqué dans la première moitié du mois de mars prochain.’’ Dans moins de deux mois.

La manœuvre…

S’il s’est toujours considéré, jusqu’à présent, dans le camp de l’opposition radicale, Ould Boulkheïr semble prendre de plus en plus conscience de son véritable poids électoral ; une raison suffisante, pour lui, de réviser ses ambitions politiques de portées nationales. Et serait partant pour toute entente, bénéfique à sa personne, avec Mohamed Ould Abdel Aziz.

Essayant de l’approcher en vue d’une alliance pour la communauté urbaine de Nouakchott, Jemil Mansour a été, peut-être surpris d’entendre de la bouche de l’opposant historique et l’éternel radical ‘’qu’il est en négociation avec Mohamed Ould Abdel Aziz’. Et donc, qu’il ne fallait pas compter sur lui pour mettre en minorité l’UPR, qui ne dispose au sein du futur conseil de la Communauté urbaine que de 18 conseillers municipaux contre 19 conseillers dits d’opposition, toutes tendances confondues ( APP, Tawassoul et AJD- MR).

Pourtant, certains observateurs ne sont guère surpris de la nouvelle position d’Ould Boulkheïr. ‘’Qui est tout sauf nouvelle. Puisque, selon eux, elle date de 2007. L’accord d’entre les deux tours convenu avec Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, l’était, en réalité, avec Mohamed Ould Abdel Aziz, qui voulait, à l’époque, coûte que coûte, imposer son candidat et donc aboutir à son plan, dont on sait aujourd’hui, plus qu’hier, la finalité.’’

Pour Mohamed Ould Abdel Aziz, les dernières élections constituent, d’abord, une entrée pour la présidentielle, plus qu’une normalisation d’un processus électoral poussé, on ne sait combien de fois, aux calendes grecques. D’un coup, on provoque un schisme au sein de la COD.

C’est réussi avec la participation du parti islamiste Tawassoul, qui a rejoint les dialoguistes dans une élection où il n’a pu se prévaloir d’aucune concession, faite, par le pouvoir, en contrepartie de sa participation. Au passage, on met Ould Boulkheïr face à ‘’ son insignifiance électorale’’ pour le ramener davantage à penser à sa propre retraite, qu’à l’avenir d’une Nation toute entière.

Le réduire d’une certaine manière au statut classique de n’importe quelle ambition portée par le moins exigeant de la majorité présidentielle. Une affaire de distribution des cartes, au mieux. Comme par exemple, promettre à un quelconque conseiller municipal UPR de la circonscription de Nouakchott, un poste à la communauté urbaine.

Et au finish, on négocie un second mandat présidentiel, dans le cadre d’une élection avec la bénédiction d’une image de taille, aux yeux de la communauté internationale. Un opposant historique, chantre de la cause des opprimés esclaves et d’anciens esclaves. Une image, en somme, pour les autres. Un Occident de moins en moins exigeant des formes et modes démocratiques, dans le tiers monde.

Qui se contenterait de l’image la plus obsolète, la plus surannée d’ailleurs. Une image, qui, vue intra muros, suggère une retraite, non seulement politique, mais un retrait, tout simplement, d’un combat, dont l’un des harangueurs de jadis se confond aujourd’hui au militant du ventre le plus zélé au sein de la formation politique la plus soumise de la majorité présidentielle en Mauritanie.

Abdelvetah Ould Mohamed

Source : RMI Biladi

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