Migrants dans les médias et médias vus par les migrants » : Persistance des clichés primaires.


Comment remettre à l’endroit le débat sur les migrations ? Un constat s’impose aujourd’hui : face aux flux migratoires, l’Europe se barricade.

Migration-fsm-2013Les chaînes satellitaires véhiculent des  clichés primaires, évoquant les migrants « affamés et dépenaillés », fuyant misère et chômage,  à la recherche d’un Eldorado qui se révèle être un mirage. Dans la presse, la problématique  est, banalement, traitée de manière très biaisée, à grands coups de stéréotypes. En dépit du  rôle important qu’ils jouent, aussi bien pour leur pays d’origine que pour leur pays d’accueil,  on ne parle des migrants que sous un visage hideux. Au demeurant, les media s’intéressent  rarement à eux. Notamment ceux des pays africains, peu outillés, ne disposant pas des informations nécessaires relaient des dépêches  des grandes agences de presse européennes et un discours stigmatisant.

De simple comportement humain et naturel, la migration pose, depuis un certain nombre d’années, de sérieux problème. L’acte de mouvoir en quête de « bien être social » s’en trouve aujourd’hui fortement restreint par les crises multisectoriels frappant  de plein fouet aussi bien les pays du Nord que du Sud.

Cette crise a engendré un regard stigmatisant assimilant le migrant à un délinquant, confondu, indique Mamadou Mignane Diouf, lors de la conférence débat  « Migrants dans les médias et médias vus par les migrants », dans le mal de l’autochtone. L’autre qui vient d’ailleurs crée des problèmes ». Ce fort sentiment xénophobe est relayé par une partie de la presse plus prompte à diffuser des communiqués de propagande gouvernementale fustigeant la migration. Diouf déplore l’inexistence, à travers le continent d’une presse apte à porter un regard analytique et à s’éloigner des positions répressives des gouvernements. Le militant altermondialiste plaide pour l’émergence d’une « autre forme de presse alternative communautaire pour comprendre le mouvement des populations et leurs aspirations à la liberté, à la démocratie, à la paix et au bonheur. Cette presse comprenant les enjeux actuels entourant la politique européenne répressive pourrait apporter la « réplique aux clichés véhiculés par les Etats du Nord et leurs médias stigmatisant les migrants ».Un défi de taille à relever.

Cependant, le chemin reste long. Le traitement médiatique des questions migratoires se pose toujours avec acuité dans les médias africains. « Très peu d’importance est accordé à ce sujet  traité de manière événementiel et les enjeux sont ignorés par les journalistes, regrette Khadim Mboup, chef de projet Migrations à l’Institut Panos Afrique de l’Ouest.

Des  propos renforcés par l’étude de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest sur « Migrants dans les médias et médias vus par les migrants ». Celle-ci révèle que : « l’information sur les questions migratoires se présente souvent sous la forme d’un débat biaisé, excluant les migrants qui n’ont pas toujours voix au chapitre. Minorité invisible, mais fortement stigmatisée, ils sont objets plus que sujets à impliquer dans les récits médiatiques (….).Les meilleures facettes de ce qu’ils représentent restent occultées alors que les travers se retrouvent amplifiés. Les informations restent souvent partielles et/ou mal documentées ».

Au Niger, rappelle Hassane Boukar chargé de projets à Alternative Espaces citoyens ,sur une soixantaine de titres passés au peigne fin durant la période allant de 2011 à 2012 ,les sujets  de migrations ont été très peu présents dans les médias. D’une manière globale, les sujets, estime Boukar, sont évoqués de manière épisodique suivant l’actualité. Les migrants sont perçues comme des « victimes innocentes.

Pour dépasser ces clichés de migrants Caricaturisés, victimisés ou bénéficiant de compassion de journalistes, les  instituts Panos Afrique de l’Ouest et de Paris ont  entamé une série d’ateliers de perfectionnement de professionnels de la communication.

Ces  ateliers  « Mieux informer sur les migrations » visent  à « stimuler », font remarquer l’IPP et l’IPAO, « la couverture médiatique sur les enjeux de la migration en Afrique de l’Ouest, au Maghreb et en Europe ». Ces rencontres cherchent  à « contribuer » « au respect accru des  droits des migrants, par la spécialisation des journalistes ». Dans cette perspective, ces ateliers  « apportent  aux journalistes des connaissances sur la thématique migratoire, inscrite dans une  perspective nationale, régionale et intercontinentale ».

RIMWEB

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