Mines de Mauritanie : bataille juridique pour le fer mauritanien

Rien ne va plus entre le groupe anglo-mauritanien Rubis International et l’indonésien Bumi. Le premier accuse le second d’avoir dérogé à ses obligations dans le cadre d’un partenariat concernant un énorme gisement de fer en Mauritanie. Le tribunal de commerce de Paris a été saisi.

Les réserves de fer de la Mauritanie, premier producteur de ce minerai en Afrique, font l’objet de toutes les tractations de la part des groupes miniers internationaux et locaux. Le groupe anglo-mauritanien Rubis International a décidé d’étaler au grand jour ses démêlés avec l’Indonésien Bumi, son partenaire dans l’exploration de la région de Tamagot (à 218 km au nord-est de Nouakchott). Dans un communiqué en date du 25 mars, il accuse son associé,qui est une filiale de Bakrie & Brothers, de détournement d’actifs miniers dans leur filiale commune, Bumi holding SAS (détenue à 60% par Bumi et à 40% par Rubis).

En janvier 2012, Bumi avait annoncé la découverte d’un gisement majeur de 100 millions de tonnes, permettant de produire 600 000 tonnes de fer par an. Une trouvaille considérable, alors que le prix de ce métal reste à des niveaux élevés, entre 145 dollars et 150 la tonne à Londres. Selon Rubis International, propriété de la famille mauritanienne Abeidna, l’Indonésien aurait obtenu en catimini auprès des autorités une licence d’exploitation de ce gisement pour le seul bénéfice d’une société lui appartenant intégralement, Tamagot Bumi SA. Un permis qui priverait Rubis de 40% des droits qu’il estime avoir sur l’exploitation du gisement.

Comportement « déloyal et défaillant » ?

Saisi de cette affaire par le groupe anglo-mauritanien, le tribunal de commerce de Paris a désigné un mandataire pour régler le différend. Rubis International entend faire jouer les clauses contractuelles pour obtenir le retrait de Bumi de son partenariat avec lui, en raison de son comportement « déloyal et défaillant ». Un avocat fin connaisseur des mines du pays note un durcissement, ces dernières semaines, des relations entre les Mauritaniens et les groupes miniers internationaux. « Le dossier de demande de permis d’exploitation présenté par Bumi était léger : il comptait seulement une quinzaine de pages alors que c’est un document qui devrait en contenir près d’un millier, ce n’est pas sérieux », a-t-il confié à Jeune Afrique.

Cette affaire survient quelques semaines après la joute qui a opposé le conglomérat Bakrie & Brothers au financier britannique Nathaniel Rothschild, alors co-président de sa filiale Bumi. Ce dernier, qui avait appelé Bakrie à un « nettoyage radical » de sa filiale indonésienne PT Bumi ressources, a été officiellement éjecté le 27 mars du conseil d’administration de l’entreprise.

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