Mohamed Ould Maouloud, president de l’UFP : « Le pouvoir de Ould Abdel Aziz a détruit les ponts de confiance millénaires entre le peuple malien et le peuple mauritanien

« Le rôle joué par les autorités mauritaniennes en s’impliquant dans les problèmes maliens constitue une menace très grave pour la sécurité et la stabilité de la Mauritanie» a dit Mohamed Ould Maouloud, président de l’UFP, mardi 28 août à Nouakchott.
Il s’exprimait  au cours d’une conférence de presse portant résultats de la session extraordinaire du bureau national de son parti. Pour l’UFP, la Mauritanie fait face actuellement à une crise très grave se présentant sous trois formes.

Il y a d’abord  la menace sur la sécurité du pays du fait de la situation au Mali. Une crise malienne « qui menace de s’étendre aux pays environnants et particulièrement à la Mauritanie. » La Mauritanie qui « est menacée d’être engagée dans un conflit, et, cet engagement risque de remettre en cause tous les autres acquis. »

« Il n’est pas compréhensible que quelqu’un prenne le feu et le mette dans la case de son voisin… »

L’UFP accuse les autorités actuelles de la Mauritanie d’avoir joué un rôle très négatif dans la crise malienne. « La sécurité et la stabilité du Mali font partie de la sécurité et stabilité de la Mauritanie. Tout ce qui remet en cause la sécurité et la stabilité du Mali, remet en cause la sécurité et la stabilité de la Mauritanie » a déclaré Ould Maouloud.

Or, poursuit le président de l’UFP, « le rôle joué par les autorités mauritanienne en s’impliquant dans les problèmes maliens constitue une menace tres grave pour la sécurité et la stabilité de la Mauritanie. » Il a ajouté : « le pouvoir a détruit les ponts de confiance millénaires entre le peuple malien et le peuple mauritanien. Aujourd’hui, la presse malienne, les responsables maliens, et aussi des journaux français ont tous conclu a l’implication des autorités mauritaniennes dans les problèmes de déstabilisation qui ont eu lieu au Mali. »

Toujours sur ce sujet, Mohamed Ould Maouloud a ajouté : « il n’est pas compréhensible que quelqu’un prenne le feu et le mette dans la case de son voisin. L’incendie qui en découlera va inévitablement toucher sa propre case. » Le président de l’UFP a poursuivi en déclarant « se réjouir des problèmes de coexistences qui se posent entre communautés au Mali, c’es oublier que nous avons-nous-mêmes des problèmes de coexistences et de diversité communautaire. »

Conclusion : « Le Bureau national de l’UFP considère que le pouvoir actuel n’est plus qualifié pour gérer tout ce qui a trait à la sécurité nationale de la Mauritanie. »

En quoi le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz est responsable de la crise malienne ? Que pense votre parti d’une éventuelle intervention militaire de la CEDEAO au Mali ?

Réponse de Mohamed Ould Maouloud : « Concernant la responsabilité du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, les informations émises sont le fait de la presse française notamment RFI et le Novell Observateur. On s’attendait à un démenti de la part des autorités mauritanienne, il n’y a pas eu de démenti. Ensuite vous savez qu’actuellement au Mali, l’idée communément partagée est que Mohamed Ould Abdel Aziz est derrière la rébellion touarègue. C’est sur la base de tout ca que nous nous fondons. Nous pensons qu’entre pays voisins, la tradition et la préservation de bon rapports commandent qu’aucun pays n’abrite les rebellions ou mouvements armés qui agissent chez le voisin.

Vous savez très biens que nous avons ici la rébellion touarègue et nous l’abritons. C’est tres grave, c’est un très mauvais signal concernant les rapports de bons voisinages. Si un pays voisin abrite une rébellion mauritanienne, cela serait considéré comme un acte hostile. Nous n’avons pas apprécié aussi l’organisation d’un rassemblement a Nbeit Lahrach de population maliennes…Tous ces éléments impliquent la Mauritanie dans un conflit ou elle devait jouer le rôle de bon voisin qui aide les maliens a s’entendre pour un règlement pacifique.

Pour la deuxième question, la Mauritanie n’est pas membre de la CEDEAO. Elle n’est pas concernée par les décisions de cette organisation. Il y a le problème de la rébellion qui est interne au Mali. C’est aux maliens de le régler selon leurs modalité. Nous, nous souhaitons un règlement pacifique. Il y ensuite les groupes armés internationaux salafiste et Al Qaida. C’est un problème régional ou international. Pour ce problème, la Mauritanie doit être prête à coordonner avec les autres mais dans les limites de ses intérêts et possibilités. Depuis 2010 nous considérons que nous devons défendre nos frontières, sans en sortir.

Vous accusez le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz d’avoir abrité une rébellion en Mauritanie, mais vous et les autres partis politique, on ne vous a jamais entendu parler de cette présence du MNLA en Mauritanie. Par ce silence, n’avez-vous pas une responsabilité vous aussi?

Réponse de Mohamed Ould Maouloud ; « Nous ne sommes pas contre un mouvement quelconque au Mali. Nous pensons que notre pays ne doit pas s’impliquer. Nous n’avons pas à avoir des positions qui peuvent être interprétées comme une implication dans la crise malienne. Nous tenons aussi à réaffirmer notre attachement à l’intégrité territoriale du Mali. Nous pensons qu’il faut donner leurs droits aux communautés maliennes. Nous sommes contre la violence dans le règlement des problèmes entre communautés. Mais ce qui est arrivé au Mali est arrivé, nous souhaitons que ce soit dépassé par le dialogue.

Le deuxième problème soulevé, c’est celui de la survie des populations, la crise économique et sociale. « Une crise qui a atteint son paroxysme avec la sécheresse qui a eu pour conséquence la destruction de 30 à 70% du cheptel selon les types d’animaux et selon les régions. » « Emel 2012, avec 45 milliard d’UM, n’a rien réglé, les éleveurs n’ont trouvé ni les vivres ni l’aliment de bétail » a dit le président de l’UFP qui en tire la conclusion suivante : « ou bien il y a eu incapacité ou bien détournement, dans les deux cas ça disqualifie le pouvoir au sujet du règlement des problèmes sociaux. »

Crise politique

Enfin le troisième problème, c’est la crise politique. Pour le président de l’UFP, Mohamed Ould Maouloud, « la Mauritanie n’est pas actuellement dirigées par des institutions légales, elle est dirigée par des institutions sans légitimité, incapables de faire face au défis. Pour l’UFP, le pouvoir actuel est entrain de détourner le processus démocratique et électoral. « L’objectif des élections est de trancher les différends politiques, pour celà, elles doivent être transparentes et consensuelles. Mais si une seule des parties décident de conduire unilatéralement le processus, ça ne règle pas la crise politique, au contraire ca risque de l’aggraver » a ajouter Mohamed Ould Maouloud.

La position de la COD par rapport aux élections ?

Quand il a été question d’aller ou non au dialogue, la COD s’est divisée. Quand il s’agira de répondre à la question, aller ou non aux élections, la COD ne risque-t-elle pas de se disperser encore ? Réponse de Ould Maouloud : « Les membres de la COD ont signé une charte contenant leur position par rapport aux élections, c’est une position claire. Nous rejetons les élections que pourrait décider, unilateralement le pouvoir. »

Rôle de la COD ?

Le résultats de « cette crise multiformes » : « une situation totalement illégitime qui ne permet de garantir ni la stabilité, ni la mobilisation du pays pour faire face aux défis. » Dans ce contexte, « le rôle de la COD, qui canalise le changement dans un cadre pacifique et démocratique est extrêmement important » selon le président de l’UFP

Khalilou Diagana

Publicité

Mauritel

Speak Your Mind