Mokhtar Belmokhtar endeuille Ouaga

attaque djihadiste au coeur de OuagadougouComme l’a fait Daesh avec les attentats de Paris, le groupe terroriste Al-Mourabitoune a frappé simultanément dans deux endroits différents, un hôtel et un restaurant très fréquentés par les étrangers.

Un nouveau carnage endeuille le monde! Au moins 26 personnes de 18 nationalités différentes ont été tuées dans une attaque terroriste contre un hôtel et un restaurant de Ouagadougou (Burkina Faso). «Au moins 26 personnes ont été tuées lors de l’attaque jihadiste au coeur de Ouagadougou», a affirmé hier le ministre burkinabé de la Communication Rémi Dandjinou à l’issue d’un Conseil des ministres, en soulignant qu’il s’agissait d’un bilan «provisoire». Ce n’est pas Daesh qui est cette fois-ci derrière cette attaque barbare, mais le groupe terroriste Al-Mourabitoune, du sanguinaire Mokhtar Belmokhtar. Celui qu’on surnomme Belaouer ou Laouar («le borgne»), qui est déjà derrière l’attaque, le 20 novembre dernier, de l’hôtel Radisson Blu de Bamako, au Mali, a cette fois-ci commandité une double attaque à «Ouaga». Comme l’avait fait Daesh à Paris, il a frappé simultanément dans deux endroits différents, un hôtel et un restaurant très fréquentés par les étrangers. L’attaque a commencé par l’irruption vendredi à 19h45 d’un nombre indéterminé d’assaillants dans l’hôtel Splendid, un établissement de luxe de 147 chambres situé au coeur de Ouagadougou et fréquenté par des Occidentaux et des employés des agences des Nations unies. Au même moment, un autre groupe a pris d’assaut le café-restaurant Cappuccino voisin. Des tirs nourris et des détonations ont alors retenti. Une dizaine de voitures étaient en feu sur l’avenue Kwame Nkrumah, une des principales artères du centre de la capitale où sont situés les deux établissements et où des forces de sécurité sont arrivées environ une heure après. Des échanges de tirs sporadiques ont ensuite commencé et se sont poursuivis tout au long de la nuit. Et ce, avant que les forces spéciales burkinaises ne décident de donner l’assaut hier, tôt dans la matinée. Un premier assaut a été donné par les forces burkinaises, soutenues par des militaires français, vers 02h00. Les environs de l’hôtel se sont transformés en champ de bataille, avec de nombreux véhicules en flammes et la façade de l’hôtel en feu. Pendant ces échanges de tirs, des clients parvenaient à quitter l’hôtel Splendid par des portes latérales. «C’est horrible, les gens étaient couchés et il y avait du sang partout. Ils tiraient sur les gens à bout portant», a expliqué Yannick Sawadogo, un des rescapés de l’hôtel. «On les entendait parler et ils marchaient autour des gens et tiraient encore sur des personnes qui n’étaient pas mortes. Et quand ils sont sortis, ils ont mis le feu, on a profité de leur départ pour sortir par les fenêtres brisées», a-t-il ajouté. Vers 04h30, alors que l’assaut était en cours, un ministre burkinabé a annoncé que 30 personnes avaient pu sortir «saines et sauves» de l’hôtel et que 33 blessés avaient été évacués. Parmi les rescapés, figurait notamment le ministre du Travail Clément Sawadogo, présent à l’hôtel au moment de l’attaque. A l’aube, l’assaut s’est poursuivi en face de l’hôtel dans le café-restaurant Cappuccino, également lieu de rendez-vous de la communauté expatriée. Les opérations des forces de sécurité burkinabèes contre les auteurs des attaques se sont terminées aux alentours de midi. Le bilan provisoire de l’assaut fait état de cinq terroristes abattus dont deux femmes. Des opérations de ratissage aux alentours de l’hôtel Splendid, du restaurant Cappuccino et des établissements voisins se sont poursuivies tout au long de l’après-midi. Le Burkina Faso, était jusque-là épargné par les prises d’otages et les attaques. Al-Mourabitoune avait revendiqué l’enlèvement en avril 2015 d’un Roumain, responsable de la sécurité d’une mine dans le Nord. Une vidéo le montrant aux mains de ses ravisseurs a été diffusée en août. Mais voilà qu’ils ont réussi à semer la terreur au coeur de la paisible «Ouaga»! L’attaque a été revendiquée dans la nuit par Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi), qui l’a attribuée au groupe Al-Mourabitoune de MBK, selon Site, une organisation américaine qui surveille les sites Internet islamistes. La revendication a été faite par Aqmi, car les deux semeurs de la mort ont «fusionné» le 4 décembre 2015. Ce jour-là, le chef d’Aqmi avait annoncé le ralliement du groupe Al-Mourabitoune et revendiqué conjointement la prise d’otages en novembre à l’hôtel Radisson de Bamako au Mali, qui avait fait plus d’une vingtaine de morts.

Source: L’Express

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