Mon pseudonyme est président de la République ( Partie 6)


-        Mouna, tu n’étais pas gentille la dernière fois !
-  Comment ça, président ?
Mouna mt ennas1
-  Tu ne lâches pas les choses. La voix ! J’ai lu. La voix, qui dit non, la voix, qui dit oui, la voix de la honte ! Je trouve que tu as un peu exagérée. Passons. Oublions ça. Un mauvais épisode. Dis-moi, autre chose, Mouna. Quelque chose d’agréable, Mouna. Dis-le-moi !
-Les terrains fonciers…
-   Excellent, je savais que tu as un côté élégant, c’est pourquoi, je m’attache à toi…
-Attends, attends, que je finisse tout de même ma phrase.
-Ben, elle est finie ! C’en est une. Des plus envoûtantes, des plus merveilleuses phrases. Il est des phrases, qui n’ont besoin ni de verbe, ni de sujet, ni de complément. Puisque, toutes ces conneries grammaticales se retrouvent harmonieusement, dans un mot, parfois, dans deux mots, Mouna, comme tu les as si bien mentionnés. Terrains fonciers.
-  Oui, terrains fonciers ! Mais, là, c’est juste un complément. Un complément d’objet, tu te souviens, tes premières leçons de grammaire ?  Mohamed Ould Abdel Aziz distribue des terrains fonciers à ses fils. Mohamed Ould Abdel Aziz est un sujet, c’est lui qui fait l’action ; distribue, c’est un verbe ;  des terrains fonciers, c’est un complément ;  et, à ses fils, c’est un complément d’objet second. Le complément d’objet second, tu le savais, s’appelait anciennement complément d’attribution.
-  Voyous de grammairiens ! Tu ne vas pas me dire qu’ils avaient tout prévu. Même l’attribution à mes fils. Non tu exagères ! En plus cette affaire, ils ont tort, les journalistes de publier ça. Moi, je n’ai attribué qu’à mes propres fils. Tu te rends compte, mon petit-fils…
-Oui, je connais, le fils de stage concluant de la SNIM…
-Arrête, s’il te plait que je finisse ! Il n’a rien eu, celui-là. Tout mignon, qu’il est, mais, je ne lui ai rien attribué. Son père n’a qu’à assumer. Ben, à lui dire voir. Il pourra attendre son très prochain poste à la tête de la SNIM. Elle dispose, je crois, de pas mal de domaine fonciers, la SNIM. Même, les enfants de Bedr, qui ne sont pas nés, je n’ai rien prévu, pour eux. Bedr verra avec Wärtsilä. Mais, passons, s’il te plait. Ça devient un peu barbant, tes manières, Mouna.
- Je n’ai pas de sujet ?
-Encore ça ne finit jamais cette histoire de grammaire…
-Sujet de discussions, je veux dire, tu es un peu impatient, ce soir, président !
- Oui, tu sais, je dois faire un petit voyage, ça me stresse un peu.
-Tu vas où ?
-Quelque part, secret d’ Etat ! Passons. Dis-moi, parle-moi, un peu des gens.
-Tu veux me recruter un agent spécial ? Une délatrice ?
-Non, du tout ! Pas du tout, Mouna ! Je veux que tu me parles des gens, comment vivent-ils ? Continuent-ils d’organiser des mégas fêtes, abattages de moutons, de chameau, cérémonies, invitations, canettes de boissons, dattes et crèmes fraiches à n’en pas finir ?
-Ah ! Non, jamais. Plus ça, depuis !
-Depuis quand ? Mouna, s’il te plait, depuis quand, ils ne font plus ça ?
-Ben, tu le sais bien, depuis ton arrivée !
-ô ! Que c’est beau à lire ! Que c’est beau à entendre ! Voilà, moi, je savais que tu es sympathique. Tu es honnête ! Tu dis la vérité. J’aime ça !
-Et, les véhicules tout terrain, tu les vois, toujours, en circulation ?
-Jamais ! C’est fin, ça !
-Dis-moi, s’il te plait, depuis quand, c’est fini ? Dis-moi, s’il te plait !
-Tu le sais, tu sais que c’est depuis ton arrivée !
-  ô ! Que c’est agréable à lire ! ô ! Que c’est agréable à entendre. Mouna ! qu’est-ce qu’ils disent sur les élections législatives et municipales ?
-  Ils disent qu’il n’y aura pas d’élections, ni législatives, ni municipales !
-  Qui dit ça ? Dis-moi, s’il te plait, qui dit ça, et pourquoi, il le dit ?
-  Je ne vais pas te dire qui dit ça ! Mais, ils sont persuadés que tu vas traîner les choses, jusqu’à la présidentielle. Et que tu espères faire passer, en premier les élections présidentielles. Pour qu’enfin tu engages des législatives et municipales maîtrisées. Pour avoir, par exemple, une majorité confortable, que tu auras en plus choisie à ta guise.
-S’il te plait, ne répète pas ça ! Promets-moi que tu ne vas pas dire ça ! Je te promets un livre. Je t’offre un livre. Je jure sur la tête de ma V8, que je vais tenir ma promesse.
-Quel genre de livre, alors, voyons !
-Un roman, tu aimes bien les romans, je te connais, moi.
-Ça parle de quoi ?
-C’est vraiment joli. Fabuleux, je ne te dis pas. En plus les images sont belles.
-  Ah, ça doit être beau. Les images, tu me dis. Ça suggère l’esprit…
-Quel esprit, je te dis les images, les photos, très bien sorties.
-Quelles photos, président ?
-Les photos des voitures. Les voitures iraniennes. C’est le directeur d’une société iranienne de construction de voitures, qui m’a offert ce livre. Promis, je vais te le donner, si tu ne répètes pas cette affaire d’élection !
Mouna Enoussi

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