Mon rêve…

cheikh-zein-lessemFatigué par une journée laborieuse, je me suis endormi très tôt hier soir transporté dans un très beau rêve.

J’ai rêvé que je suis l’actuel Président de la République expliquant à certains de ses plus proches les raisons qui l’empêcheraient de briguer un troisième mandat. Attention, pour les psychanalystes le rêve n’est que « le gardien du sommeil ».

Pour ces raisons, je ne toucherais pas à la Constitution et ne briguerais pas un troisième mandat, même si la majorité de mes concitoyens voudrait que j’agisse autrement.

Je sortirais par la grande porte à la fin de mon deuxième et dernier mandat de cinq ans après avoir mis en œuvre une grande partie du programme que j’avais proposé quand j’étais candidat à la magistrature suprême, un projet qui avait recueilli l’approbation de plus de 52% des suffrages.

Je ferais mes adieux à la vie politique après avoir réussi à mettre sur pied une formation politique qui ne s’est pas encore érigé en parti État, contrairement à la tradition des partis au pouvoir en Afrique, et de façon plus générale dans les pays en développement.

Après avoir réitéré ma volonté ferme d’ouvrir grande et toujours la porte du dialogue, d’un dialogue sans pré-requis, franc, sincère et riche des contributions et apports de toutes les forces vives du pays. Je sortirais la tête haute du palais ocre après s’être adressé à mon cher peuple en ces termes: « Chers concitoyens, je voudrais en ce moment solennel vous exprimer ma profonde gratitude pour votre soutien inconditionnel durant la période où votre choix s’était porté sur ma modeste personne pour diriger le pays.

J’ai œuvré inlassablement durant ces deux mandats à améliorer le cadre de vie de chacun d’entre vous, à rétrécir le fossé entre riches et pauvres, à assainir la gouvernance, à rendre le pays plus stable et plus sécurisé, à moderniser les infrastructures. J’ai aussi opté pour la mise en place d’une armée républicaine, suffisamment équipée et formée pour accomplir efficacement sa noble mission.

Chers concitoyens, je reconnais que je n’ai pas réussi à satisfaire certaines, voire beaucoup de vos légitimes aspirations, même si je n’ai jamais failli volontairement à ma mission. J’ai toujours été animé d’une volonté inébranlable de faire de laMauritanie un exemple à suivre dans la région. Si je n’ai pas réussi, c’est que les conditions et la conjoncture mondiale, s’étaient dressé en obstacles devant cet ultime objectif. Veuillez m’en excuser chers concitoyens. Encore une fois, je vous renouvelle ma profonde gratitude et reste, en humble citoyen, à la disposition de mon pays et de chacun d’entre vous.Je souhaite plein succès à mon successeur, et vous prie tous à l’aider dans sa dure et exhalante mission. »

Je n’ai pas le moindre regret de mettre fin à une vie politique de près de quinze ans au cours desquels j’ai conduit deux coups d’état auxquels la majorité des mauritaniens, y compris la classe politique, avaient adhéré, j’ai démissionné de mon poste de président d’une junte au pouvoir conformément à des accords conclus avec mes protagonistes politiques, pour reconquérir le pouvoir au pied et au nez de mes détracteurs.

Au cours de mes années glorieuses, j’ai contribué au règlement de l’épineux problème du passif humanitaire. J’ai eu le courage de prier à la mémoire de mes compatriotes victimes d’exactions orchestrées à leur encontre par leurs propres compatriotes durant les années sombres. J’ai aussi essayé de lutter contre les séquelles d’un fléau séculaire, l’esclavage, érigé aujourd’hui en crime contre l’humanité.

J’ai jeté les bases d’une nouvelle vision de la chose publique, basée sur un minimum de retenue et de transparence. J’ai créé, contre vents et marées, une compagnie aérienne qui fait aujourd’hui la fierté de la Mauritanie. j’ai essayé, avec moins de succès certes, d’en faire aussi pour le transport terrestre. J’ai orienté les investissements vers la mise en place d’une infrastructure moderne en terme de routes, ports, aéroports et bâtiments administratifs, j’ai travaillé aussi pour moderniser des secteurs comme l’agriculture, l’énergie et l’élevage.

Je n’ai ménagé aucun effort pour faire redorer à la Mauritanie son blason diplomatique quand j’ai eu à diriger l’UA, j’ai tenu à organiser dans les conditions que vous connaissez tous et dans un délai record un sommet de la ligue des États arabes, ici à Nouakchott, et pour la première fois.

Je suis devenu ce globe-trotter pour soutenir des causes justes, défendre les intérêts de la Mauritanie et raffermir ses relations avec le reste du monde. Tout ce que j’ai accompli ne représente rien à l’échelle de mon ambition pour ce pays et l’épanouissement de son peuple, mais pour des raisons liées au principe de l’alternance pacifique au pouvoir, je me fie à l’esprit de la Constitution qui limite les mandats présidentiels à deux et pas plus.

Sur ce, je me suis réveillé pour me rendre compte que je ne suis que le citoyen lamda Cheikh ZeinLessem.

Source : Cheikh Zein Lessem

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge