Monsieur le président, avant d’aller a Nema.

Aziz sepaer

Chef, avant d’aller a Nema, je voudrais attirer votre noble attention sur un certain nombre de faits auxquels j’ai assisté pendant le mois béni du Ramadan chez nous.

Je suis rentré au pays le 4 juillet pour une quarantaine de jours de congé. Comme d’habitude en citoyen apolitique, qui voit avec des yeux neutres et désintéressés, j’ai noté avec beaucoup de fierté certaines réalisations de votre excellence. Dieu seul, vous en récompensera réellement.

Mais dès le premier jour avant le jeun, et déambulant par nostalgie et par curiosité, j’ai assisté ou vécu un certain nombre de fausses notes, qui pourraient perturber gravement, voir être un frein fatal à vos ambitions nationales.

Dans un bureau de recensement, un monsieur, auquel je m’étais adresse pour changer les passeports de mes enfants, me dit que « maintenant« , les passeports ne sont plus comme avant. Il fallait être dans le rang à partir de quatre heures du matin et que le bureau se contentait de six passeports par jours.

J’ai compris qu’il fallait mettre la main dans la poche. Mais rassurez-vous excellence, je ne suis pas homme à encourager la corruption. Un autre me dit que les documents de trente mille, ne sont pas disponibles et qu’il fallait quatre cent mille ouguiyas pour ma femme et mes enfants pour regagner mon travail.

Je tombais enfin sur une brave femme chef centre de Toujounine, qui me changea mes passeports sur la voie que votre excellence a tracée.

Le zèle noble et national des troupes de Misqarou,(vaccinés contre la corruption) doublé du confort des routes, me fit oublier cet épisode malheureux.

Quand le Ramadan commença, je fus attristé par les efforts vains et pitoyables, que certaines pauvres personnes déployaient pour avoir de quoi couper le jeun.

Une femme implorait un boucher pour lui ajouter un morceau d’intestin sur le petit morceau de viande qu’elle venait d’acheter au prix d’un visible effort. Un autre vieillard protestait de sa faible voix contre un commerçant, a l’air religieux, si l’on en croit la barbe imposante qui ornait son menton et qui voulait lui vendre une petite caisse de dattes à quatre mille cinq cent ouguiyas. J’avais acheté la même caisse deux jours plus tôt à la mosquée marocaine à trois mille ouguiyas.

A cote de moi des taximans arrogants et cruels, entassaient de faibles créatures dans des boites branlantes au prix des yeux de la tête, sans le moindre souci de sécurité.

Plus, de Toujounine par exemple les vieilles personnes sont jetées comme des sacs de pommes de terre au carrefour dit de Madrid, pour prendre rapidement d’autres victimes et les délester de leurs maigres économies.

Un camion a distribué quelques aides en poisson a Arafat, mais que peut un camion, monsieur le président face à toutes ces bouches desséchées par les privations et les rigueurs du Ramadan?

Les autres poissons transitant par la Mauritanie, fatigués de proposer des repas gratuits, a ces pauvres, ont sans doute, continue vers d’autres peuples, plus disposés à profiter des mannes du Seigneur.

Imaginez excellence la Baraka qu’Allah accordera a notre armée nationale, si une partie de nos soldats était affectée à charger du poisson, pris gratuitement de notre océan et le distribuaient gratuitement sur les bords des grands axes routiers. Vous ne pouvez imaginer la récompense du Dieu des pauvres dans ces cas, monsieur le président.

Je suis allé à Bezoul avec les restes de quelques maigres aides que je réservai à mes parents dans cette zone, et que j’ai dû diminuer pour mes parents d’ici. Ceci m’a juste aide à savoir combien j’étais dérisoire et combien un chef de l’état a reçu de Dieu de moyens de la main du Maitre des mondes, pour préparer son avenir. L’avenir de l’autre monde.

Monsieur le président, je vais voter pour vous et revoter encore. La seule condition est que je vois que vous paroles, vos décisions, sont suivis par un chef qui ne se contente pas d’entendre, mais de voir d’observer de près ce qui se passe en son nom et duquel il rendra compte à l’omniscient et omnipotent. Dieu vous protège dans vos voyages et dans vos retours.

Un frère qui vous veut du bien et qui serait fier de vous voir comme il le souhaite.

Mohamed ould Hanefi.

Source : mohamed hanefi

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