Morsi salue l’adoption de la nouvelle Constitution et annonce un possible remaniement ministériel

Le décret d’application de la nouvelle Constitution égyptienne a été signé, mercredi 26 décembre, par le président Mohamed Morsi. Dans une allocution télévisée, le chef de l’État a annoncé qu’un remaniement du gouvernement pourrait bientôt être décidé.

Le président Mohamed Morsi a signé, mercredi 26 décembre, le décret d’application de la nouvelle Constitution égyptienne, soumis à référendum les 15 et 22 décembre. Ce texte, auquel l’opposition reproche d’ouvrir la voie à une islamisation accrue de la législation, « est l’aube de la nouvelle Égypte », a-t-il assuré dans une allocution télévisée.

Les résultats officiels proclamés mardi soir donnent 63,8% des voix au « oui », une majorité confortable toutefois assortie d’une faible mobilisation des 52 millions d’électeurs inscrits, qui ne sont que 32,9% à avoir voté. L’opposition a répété qu’elle allait continuer de réclamer l’invalidation du vote entaché, selon elle, de fraudes et d’irrégularités. « La Constitution égyptienne est invalide car elle est en conflit avec certaines normes (…) du droit international comme la liberté de culte et d’expression », a estimé mercredi Mohamed el-Baradei, coordinateur de la principale coalition de l’opposition, le Front du salut national (FSN).

Le président égyptien a également déclaré être en contact avec le Premier ministre Hicham Qandil « pour procéder aux remaniements ministériels nécessaires », sans donner de précisions sur une date et les ministères concernés. Il a dans le même temps renouvelé son offre de dialogue à l’opposition, qui a jusqu’ici estimé qu’elle était de pure façade, alors que des élections législatives sont prévues dans deux mois pour renouveler la chambre des députés, dissoute en juin.

Crise économique

« Je vais déployer tous mes efforts pour soutenir l’économie égyptienne, qui fait face à d’énormes défis mais a aussi de grandes chances de croissance », a enfin déclaré Mohamed Morsi. La grave crise économique qui touche le pays est un sujet majeur d’inquiétude pour la population. De son côté, le journal gouvernemental Al-Ahram titrait « La rue égyptienne a peur », suite à la décision de l’agence Standard & Poor’s d’abaisser la note de la dette égyptienne de « B » à « B- ».

Notamment confronté à une forte baisse des recettes du tourisme, le gouvernement a décidé de limiter à un équivalent de 10 000 dollars en devise étrangère le montant que tout voyageur peut faire entrer ou sortir du pays, ont rapporté des médias gouvernementaux. Les autorités espèrent ainsi limiter les flux de capitaux pesant sur la livre égyptienne.

En revanche, le gouvernement a gelé récemment des hausses de taxes. Des hausses qui auraient contribué à limiter le déficit budgétaire, mais aussi risquaient d’ajouter une flambée de mécontentement social à la crise politique.

JeuneAfrique

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