En quête de justice : AFFAIRE Mountaha Ould Cheikh


Conseillère en communication au Commissariat des Droits de l’Homme, agressée par un nommé Madi Ould Hamadi, un infirmier à la retraite qui s’est donné pour mission la lutte contre la rage, Mountaha a décidé de porter plainte. Taqadoumy publie une copie de la plainte qui décrit par le menu l’agression sauvage dont elle a été victime.

Objet : plainte

Dossier : 675/RP/2012 et Instruction N°131.2012 6ème cabinet d’instruction du Tribunal de la Wilaya de Nouakchott au Commissariat de police Ksar 1

Mountaha Mint Cheikh

La plaignante Mountaha Mint Cheikh a fait sa déposition devant le Parquet de la république, laquelle déposition est consignée dans le Procès verbal.

Mountaha Mint Cheikh, Conseillère en Communication au Commissariat des Droits de l’Homme et à l’Action Sociale s’est fait agressé dans son bureau en date du 22/05/2012, aux environs de 13 heures par le nommé Madi Ould hamadi, un infirmier à la retraite qui s’est donné pour mission, à travers son ONG qu’il dénomme ONG pour la lutte contre la Rage, l’extermination des chiens dont il découpe les têtes guise de preuve, afin de collecter des fonds auprès des autorités locales, lorsqu’elles initient des campagnes de cette nature.

C’est au cours de l’une de ses missions (normalement destinées aux chiens errants) que l’agresseur s’est présenté devant le domicile de la victime et ordonné aux gardes de tirer à bout portant sur Dixie, une chienne domestique qui de surcroit ne présentait aucun symptôme de l’endémie (si endémie il y a).

Mountaha Mint Cheikh, totalement choquée par cet acte et les conséquences qu’il a eu, a tenté vainement d’obtenir justice, en faisant condamner les auteurs de ce qui constitue une agression doublée d’une violation manifeste de domicile. La santé fragile de son père (Docteur en Médecine et personnalité imminente du monde médical et politique de l’époque), s’en est trouvée affectée du fait que sa promenade matinale avec Dixie prenait fin et lui laissait un vide apparent.

En désespoir de cause, Mountaha met en ligne, sur Facebook un forum où elle invite à sauver les animaux et spécialement les chiens.

L’agresseur, au courant de toute cette activité, ne manquait pas de se montrer au service où travaille Mountaha (sous prétexte de suivre des dossiers). Le jour de l’agression, il prétend avoir été appelé par une personne à l’accent français et qui se présentait comme étant conseillère dans le commissariat.

Arrivé dans son bureau, il engage une discussion avec la victime et finit par porter sa main sur elle, lui assenant quelques coups de poings et la bousculant contre le mur.

Un vigile attiré par les cris de la victime se présente et mobilise L’agresseur qui continuait de se débattre pour accomplir sa tâche.

Effondrée, Mountaha est en pleurs, le Commissaire en place est au courant mais ne daigne pas sortir de son bureau se satisfaisant de comptes rendus que lui font sa secrétaire et l’agresseur lui-même.

L’agresseur quitte les lieux sans être inquiété et la victime décide d’appeler un avocat qui avait déjà en charge la plainte formulée contre les auteurs de la violation de domicile.

Instruction judiciaire

Lorsque le dossier a quitté les locaux de la police du Ksar I, il a été transmis au Procureur de la République. Celui-ci décide de traduire l’agresseur par devant le juge d’instruction du 6ème cabinet, pour chef d’inculpation de Coups et blessures Volontaires contre Mountaha Mint Cheikh qui a obtenu après réquisition à médecin une Incapacité Temporaire de Travail de 21 jours.

Le parquet demande un mandat de dépôt contre l’agresseur, ce que le juge d’instruction exécute immédiatement en envoyant Madi Ould hamadi à la prison civile de Dar Naim.

Une semaine après, pendant que l’instruction est en cours, la chambre d’accusation de la Cour d’Appel, accepte de donner une liberté provisoire à l’agresseur.

Le juge d’instruction, sur demande de l’avocat de Madi Ould Hamadi, ordonne par la suite une contre-expertise médicale par son ordonnance N° 225. 2012.

Le dossier en instruction comporte les arguments de chaque partie et devra être clôturé sous peu, sauf prolongation demandée par le juge d’instruction.

Remarques :

Des doutes persistent quant à la démarche du juge d’instruction qui a donné suite à la demande de contre-expertise médicale. En effet, les blessures subies par la victime se sont forcément consolidées depuis l’agression et l’ITT constatée par le médecin réquisitionné par la police est un constat en temps réel qu’il n’est pas juste de remettre en cause. La demande de contre-expertise prouve d’ailleurs, si besoin était que l’agresseur et son conseil reconnaissent au moins que la victime a subi des dommages corporels. En conséquence n’étant pas dans le domaine de l’archéologie, il est tout simplement impossible de déterminer après consolidation, le degré des blessures subies par Mountaha.

Le juge en ne donnant importance qu’à l’aspect physique, ignore un aspect psychologique très important chez toute personne victime d’agression. Attitude typiquement locale et difficile à faire admettre, même aux personnes instruites.

L’attitude du Commissaire aux Droits de l’Homme constitue d’ailleurs un élément d’aggravation psychologique, dès lors que jusqu’ici, il n’a procédé à aucune réaction par rapport au sujet. Il s’agit d’une agression qui s’est déroulée dans ses locaux et contre l’un des cadres de son service. Son devoir indique qu’il doive se constituer partie civile, ce qu’il n’a pas fait. Au contraire, il semblerait même se moquer de la victime selon certaines déclarations au sein du service.

Le dossier exposé devant la justice n’a pas suivi la procédure classique qu’il devait suivre : il s’agit d’une agression constatée directement par le Substitut du Procureur, une heure après les faits. Il était de son devoir de poursuivre l’agresseur en flagrant délit et donc le citer directement devant la Cour Correctionnelle, au lieu de l’envoyer en instruction. L’instruction implique un contradictoire et des investigations de nature à amoindrir les faits (comme c’est le cas). En réalité, dès lors que l’agression est constatée, l’agresseur devait faire l’objet d’une citation directe et défendre sa cause devant un juge assis.

Les démarches sociales en vue d’endiguer l’affaire sont très avancées et le dossier de plus en plus banalisé, ce qui ne sert pas la justice au stade actuel.

 Les demandes

La victime réclame justice et souhaiterai qu’il soit mis fin aux activités illicites de l’ONG, ce qui pourra mettre hors d’état de nuire le nommé Madi Ould Hamadi. Elle souhaitera que l’attitude suspecte du Commissariat aux droits de l’homme soit clarifiée et condamnée.

Source : Taqadoumy

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