Mr. Lô Gourmo doit présenter des excuses aux mauritaniens ou s’exlure de l’UFP

Lors d’une conférence, très médiatisée, organisée par le Centre arabo-africain pour l’Information et le développement, consacrée à la discussion de l’initiative politique lancée par le Président de l’Assemblée Nationale, Messaoud Ould Boulkheir, Lô Gourmo Abdoul, leader au parti de l’Union des Forces de Progrès (UFP), s’est indigné contre la non-invitation d’intellectuels de la communauté négros mauritaniens au débat politique, traitant les aspects de la crise politique.

Maître Takioullah Eidda, Avocat
Québec, Canada

Comme si Messaoud, Bodiel, M’Baré et nous tous, ne le sont pas. Pour Lo Gourmo, ce sont les négro-mauritaniens qui viennent de France, comme lui, ou encore des USA, qui ont le monopole de cette appellation et les ayants droit de ses fruits.

Voilà où nous sommes arrivés. Tant de liberté tue la liberté! J’ajouterai, tue l’unité.

Dans notre société moderne, ce ne sont plus les canaux des structures des partis politiques ou de la société civile qui déterminent la valeur participative au débat d’intérêt national, mais la « race » que notre cher Lo Gourmo veut donc nous imposer aujourd’hui, comme si nous sommes des complexés comme … certains!

Il faut dire que cette sortie de Lo Gourmo « leader » de cette mouvance politique perdue de l’UFP, ne surprend guère. La seule nouveauté est que cette préférence « basée sur la race » est aujourd’hui exprimée et assumée. On n’en a vu d’autres (http://fr.groups.yahoo.com/group/flamnet/message/29217), mais on pensait qu’elles appartenaient au passé obscure de ce pays et au militantisme du personnage au sein du mouvement FLAMISTE.

En revanche, ce qui nous surprend c’est le fait que l’UFP cautionne cette attitude et position dans ses rangs! Aujourd’hui, basta! Soit que l’UFP est un parti politique « national » mauritanien qui condamne et refuse les idées et tendances menant à la division, au communautarisme et au sectarisme, soit qu’il ne l’est pas. Dans ce cas, tous les mauritaniens, de bonne foi et de bonne volonté, prendront acte de cette transformation négative de l’UFP et par le fait même celui-ci n’a plus droit au chapitre de la représentativité national.

Revendiquer un dialogue national, alors qu’en réalité certains leaders aiguisent l’épée pour la bataille au nom de la « race » est indigne de l’UFP et ses militants. De fait, cette attitude les disqualifient fondamentalement à porter la casquette d’acteur politique dans le débat « national » mauritanien.

L’UFP, en tant que parti politique mauritanien, doit donc prendre une position claire à l’égard de des déclarations de son leader Lo Gourmo, voir expulser celui-ci de ses rangs. Je dirais même que Lo Gourmo doit présenter à ses compatriotes et à la Mauritanie, des excuses pour ses revendications liées à la « race » et son discours qui parait de nature « ségrégationniste« . Lo Gourmo est un « avocat » mauritanien.

Il ne peut demander une chose et faire son contraire. Car, il est donc bien placé pour comprendre les termes « d’égalité » et de « non discrimination« , on ne peut plus clairs, de la Constitution de la Mauritanie. Il a donc le devoir de citoyen et une obligation déontologique d’avocat de respecter et de valoriser les valeurs de cette même Constitution, laquelle, il faut la rappeler, la pierre angulaire de l’État et du peuple de la Mauritanie.

Si certains éléments de l’élite négro-africaine versent, ou tendent à verser, dans le radicalisme ethnique, et qui sait, peut être vers l’anarchie, j’en suis sûr que la Mauritanie n’en veut pas. La Mauritanie mérite mieux que ça.

Notre devoir en tant que mauritaniens, toutes races et ethnies confondues, c’est de se lever en bouclier contre de tels dangers et de toujours chercher à trouver la voie du dialogue dans un esprit apaisé, loin de la division ethnique et communautaire.

Maître Takioullah Eidda, Avocat
Québec, Canada

Source: CRIDEM


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