Municipales: Remous à l’UPR, volte-face à la COD

IOMDeux développements intervenus vingt quatre heures avant la date limite fixée le 4 octobre à 00 heure pour le dépôt des candidatures aux municipales du 23 novembre affectent le parti l’Union pour la République (UPR) et la Coordination de l’opposition démocratique (COD).

Le premier développement fut la publication des têtes des listes municipales de l’UPR qui a soulevé une levée de boucliers dans plusieurs régions (Trarza, Hodhs, Brakna , Tagant) .

Et sans savoir si la responsabilité de leur proposition émane des «missions de sensibilisation et de concertations» dépêchées fin juillet, ou si elle est venue d’ailleurs, c’est le très arabisant président de l’UPR qui en a pris pour son grade.

Il a été copieusement insulté lors de la conférence de presse organisée la soirée du 3 octobre. Les mauritaniens deviennent très violents dans les questions de politique locale et d’intérêts. Leur vulgarité doublée à la surenchère leur permet, il est vrai, de se faire entendre et de négocier avec des décideurs obnubilés par le qu’en-dit-on. Et les choses sont allées vite! Les mécontents de l’UPR suivant leurs profils ont déjà concocté des listes dans plusieurs circonscriptions.

Pour les froussards, sous la bannière des partis de la majorité, pour les calculateurs, sous l’étiquette des partis de l’opposition dialoguiste et pour les aigris, sous le logo Tawassoul de l’opposition radicale. Le vote sanction plane donc sur l’UPR, un parti inexpérimenté, qui mène sa troisième campagne électorale après la présidentielle et la sénatoriale de 2009.

Deuxième développement intervenu dans le même contexte : l’UFP , un autre grand parti de la COD, a subitement (?) mis son camp boycottiste en minorité, et emboîté le pas à Tawassoul, en décidant après une réunion de son comité permanent tenu la soirée du vendredi, de déposer des listes en prélude à sa participation.

Un nouveau coup porté à la cohésion de la COD même si le bureau exécutif de ce parti a encore son mot à dire et pourra retirer les listes. Les partis de la COD dont le RFD, la CDN, Al Mostaghbal , Hatem, le PAN et le Plej, qui n’ont pas déposé, se voient priver, à défaut d’un report toujours possible, d’une présence au sénat et aux mairies pour les prochaines années. La faute à qui ?

Au pouvoir intransigeant sur la question du «gouvernement de technocrates»? Au boycott décidé? Aux partis de la Coordination peu portés sur les élections locales? A la rupture avec les mouvements de rues ?

Quoi qu’il en soit la COD et l’UPR restent dans une situation assez délicate. Le dialogue n’a pas permis l’organisation d’une élection consensuelle et le boycott ne l’empêche pas de se tenir . Les parties engagées à ce stade pour les municipales et dans quelques jours pour des législatives y vont chacune avec son message.

L’UPR forte du soutien du pouvoir y va défendre et recueillir le bilan de celui-ci, les partis de la majorité partent pour les miettes habituelles, et les oppositions dialoguiste et radicale (malgré le dialogue de 3 jours), pour refuser une mort programmée.

IOM

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