Ne condamnez pas l’islam

contributionMohamed Hanefi : Le terme Islam se réfère à la paix. Le prophète Mohamed (psl) n’est pas le premier des messagers de l’Islam, il en est le dernier. Le prophète Noé était musulman. Le père des prophètes Ibrahim (psl) a dit dans le coran: « Dis! En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, le Seigneur de l’univers. A Lui nul associé! Et voilà ce qu’il m’a été ordonné, et je suis le premier des musulmans (ceux qui se soumettent à Dieu) » Alan’am-162-163. Tous les envoyés de Dieu étaient musulmans. Tous ont cru en Allah, en ses anges, ses prophètes et ses livres. Sans distinction aucune entre les messages. Louanges à Allah, Seigneur du visible et du mystère, et que la paix soit avec les messagers de Dieu. En ces derniers temps, le musulman se voit indexé par l’entité humaine, toute entière, comme étant cet être cruel et sans pitié, qui trimbale une ceinture explosive autour de la taille pour semer la mort et la désolation parmi les créatures d’Allah. Je vous laisse à évaluer la peine et la douleur que ces préjugés laissent dans les cœurs de ceux qui n’ont dans cette vie que la foi et qui tournés vers le Maitre des mondes, se sont sevrés des tentations d’ici bas. L’islam n’est qu’une aide précieuse pour celui qui fasciné par la création cherche la voie du Créateur. Le vrai musulman est celui dont personne ne craint ni la langue ni la main. Quand un jeune jordanien se fait incinérer vivant par ceux que je suis obligé d’appeler ses cousins, quand des groupes ça et là se forment dans des pays assaillis par l’omniprésence oppressive et souvent asphyxiante des autres civilisations, on parle tout de suite de groupes « islamiques » qui « menacent » la « justice et la paix internationales ». Ceci est vrai. La paix et la quiétude des humains sont gravement menacées. Le monde est engagé dans une voie qui ne mène nulle part, parce qu’elle n’a pas de direction. Ou plutôt si! Une voie tiraillée par les directions qui mettent en évidence l’imminence d’une confrontation universelle. Une espèce de sourde catastrophe que toutes les parties caressent hypocritement, sans en prendre un engagement explicite. C’était comme si cette humanité-ci en cette période-ci, était obligée a vivre avec une boule d’angoisse et de méfiance dans le ventre. L’homme surpris par la performance des moyens de communications, est pris en flagrant délit de cruauté sauvage. Une cruauté qui le rend vulgaire, hideux et repoussant. Un homme dénudé de son humanité, de son bon sens et de sa vertu. On ne prend souvent pas la peine de se demander qu’est ce qui a poussé ces hommes et précisément en cette tranche de l’histoire des hommes, à verser dans ces atrocités que l’humanité n’a jamais connues. Quand l’être humain est concocté par un environnement à haute pression, les surprises seront sûrement de taille et les actes démesurés et féroces. Je ne cherche à justifier ni les actions des adhérents, ni les exactions des marginaux. Loin de moi cette idée. Je cherche à déceler la vérité pure et simple. Je cherche une espèce de raison à ce que la raison ne peut ne peut justifier. L’islam interdit de bruler par le feu, même une fourmi. Seul Dieu du feu, peut punir par le feu. Et encore, Il a rassuré les êtres, disant que sa miséricorde précède sa colère. Tuer une âme injustement équivaut auprès d’Allah à assassiner l’humanité toute entière. Ce qui a dramatiquement changé ce n’est pas le caractère miséricordieux de la religion d’Allah, mais les rapports inhumains et immoraux entre les humains. Des humains créés, tous, tant qu’ils sont d’un seul male et d’une seule femelle. Des êtres qui ont proliféré à la surface de la terre, pour donner des multitudes de formes humaines, qui ont toutes en commun la volonté farouche de délester les autres de toute signification et de tout droit de vivre, de croire ou de penser. L’explication de l’action de gens comme Ben Laden, Zarqawi, Eymen Zawahri, les graves exactions commises par les Boko haram, les jeunes Chebab de Somalie et partout ailleurs, doit être cherchée hors de l’Islam et particulièrement dans les comportements « déséquilibristes », créés par l’hégémonie internationale, le mépris de l’opinion du plus faible et l’intolérance idéologico-religieuse. Si toutes ces formations, qu’on dit aujourd’hui terroristes se regroupent sous la bannière de l’islam, c’est que cette religion est la coupole qui regroupe l’ensemble, et non pas la religion qui leur ordonne de tuer ou de « pousser » d’autres à embrasser l’islam. Je ne citerai dans ce contexte que les paroles d’Allah. Tout simplement parce qu’Il a promis de les préserver de tout changement effectué par la main ou la volonté des hommes. Allah dit que vous êtes libres de croire ou de ne pas croire. « Ce n’est pas à toi de les guider, mais à Dieu qui guide qui Il veut. » Coran 2-272. La religion d’Allah ne demande à personne « d’obliger » personne à être musulman. Le musulman, en continuation de l’action du prophète, apporte aux autres ce qu’il est convaincu être la bonne nouvelle : la révélation divine. Allah a dit dans son livre: « La vérité vient de Ton Seigneur. Celui qui veut croire et celui qui veut mécroire. » coran. Y-a-t-il contrainte dans ce message ? Plus que cela Allah précise « Point de contrainte en religion. » Coran. Mieux que cela, Allah invite les croyants à commercer de la façon la plus civique avec les non-musulmans. A condition qu’ils ne viennent pas leur faire la guerre ou les expulser de leurs maisons. « Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux (parmi les mécréants) qui ne vous ont pas combattu pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables. »Al-Mumtahana-8. Allah permet la légitime défense, mais interdit l’agression. « Allah n’aime pas les agresseurs. » Coran. La réalité la plus plausible est que des hommes poussés par un tort quelque part dans les relations et les comportements des hommes, ou par un déclic mental, ont été transformés par des actes, non moins cruels, pour devenir ce qu’ils sont. Souvent déshumanisés par leur impuissance devant l’agression ou l’oppression, comme un ressort comprimé à l’extrême ils réagissent. Ils se « détendent » violemment. Ils sont poussés au pied du mur d’un désespoir, d’une exaspération, tels qu’ils n’ont plus rien à perdre. Comme ils disent d’ailleurs: « Nous prisons la mort au degré auquel vous vous attachez à la vie. » Il y-a aussi les défectueux mentaux. Ils y-a ceux qui sous prétexte de se mettre au service de Dieu, mettent le message de Dieu au service de leurs caprices. Mais dans tous les cas, il est une responsabilité de l’humanité consciente d’étudier sereinement les cas des écarts de ces éléments de façon dépassionnée et de façon à garder à chaque groupe ses droits au culte et à la dignité humaine. Quand l’Etat américain bombarde « glorieusement » un point de la planète, il ne se rend pas compte de la quantité de haine qu’il sème sur le passage de sa flotte militaire. Quand en France, un caricaturiste s’attaque gratuitement au sacré de toute une communauté, il ne réalise pas combien de kilomètres d’animosité il étale entre les humains. On se demande d’ailleurs quel plaisir on peut trouver à irriter des hommes et des femmes auxquels ne vous lie que l’oxygène que vous respirez en commun a la surface de ce globe terrestre. Quand un soldat israélien lâche ses chiens contre une femme arabe, la filmer déchiquetée par des animaux entrainés à déchirer les humains, il ne réalise pas l’impact de colère et les flots d’adrénaline, qu’il injecte dans les cœurs de millions de spectateurs arabes et musulmans qui observent impuissants certes, mais avec une rage de plus en plus ardente dans les cœurs. Quand des hommes de religions, s’acheminent nonchalamment vers le Vatican ou vers Al Azhar pour un « dialogue » de religions, ils ne savent pas que le manque de sérieux dans ces colloques et l’échec dans le rapprochement entre les hommes fera des victimes et encore des victimes. Quand on traine le dirigeant d’un pays, le jour de la tabaski, une corde au cou, pour l’immoler à l’image des moutons, sacrifiés ce jour là, on ne se rend pas compte qu’on a semé une écharde inexpugnable dans les cœurs de ceux qui le suivent. La prison de Abou Ghrib et les exactions qui y ont été perpétrées et largement médiatisées, ont été de l’autre coté un signal funeste pour le bal des monstres du monde. C’est par toutes ces actions terribles ou immorales que le signal fut donné et que les crimes les plus insupportables furent banalisés. A tel point que les débris humains éparpillés chaque jour sur les chaines du monde ne coupent plus l’appétit à personne. Le crime génère le crime les tueries appellent les vengeances et les mutilations requièrent une performance renouvelée pour garder l’intensité en horreur. Le royaume hachémite n’a-t-il pas été entrainé, malgré lui et à la vitesse de l’éclair sur ce terrain immoral de la vengeance au point ou dans l’allégresse générale, il enleva la vie de deux êtres humains, dont une femme qu’on dit défectueuse mentale. Pour venger la mort du jeune pilote Kassasbé? Mais il se place au même niveau que ses belligérants. Si tuer devient absolument inévitable, on exécute par la justice et non pour la vengeance. C’est tout un cocktail Molotov de rancune, de haine, de férocité, d’horreur, qui régit ce monde de confrontations à la chaine. Le décors, accroché sur les murs de l’ONU et qu’on appelle pompeusement « Droits de l’Homme. », a besoin d’être dépoussiéré et mis à jour, pour mériter son nom ou du moins pour avoir un sens ou une espèce de crédibilité. Ce n’est pas en psalmodiant continuellement droits de l’homme, droit de l’homme, et mille fois droit de l’homme, qu’on aura effectivement une humanité ou l’homme respecte les droits de son semblable. Nous sommes devenus une déshumanité horrible et cruelle, ou en Afrique centrale par exemple, des hommes ont commencé en toute légalité à manger la chair d’autres hommes. Sur l’échelle de l’amplitude des horreurs, les atrocités les tueries et les mutilations commises, causent plus de dégâts à ceux qui restent qu’a ceux qui partent. La religion islamique, comme la religion chrétienne et toutes les révélations célestes, sont un garde-fou contre ces horreurs qu’elles interdisent…qu’elles interdisent, si elles avaient été bien comprises, bien appliquées et bien interprétées par les hommes. Ne blâmez donc pas la religion, mais blâmez ceux qui la prennent en otage, pour des desseins bien loin de la miséricorde que le Gouverneur de l’univers a ordonnée pour la symbiose de ses créatures et de sa création. Ces hommes qui ont souillé la création et perverti la morale, ne savent pas qu’en réalité, ils ne sont que les fossoyeurs inconscients de leur propre existence. Une existence parfaite par la main du Seigneur, qu’ils n’ont rien fait pour mériter. Si la religion est l’Alfa et l’Omega des dissensions humaines, qui peut nous dire à quel résultat concret ou même déclaré sont parvenus ceux qui rabâchent les oreilles de la planète avec leur dialogue interreligieux ? Juste une occasion saisonnière pour quelques (vrais ou faux?) dévots désœuvrés, de se prélasser dans quelques hôtels avec autour un service de mets raffinés. La lutte contre ce qu’il est convenu d’appeler terrorisme ne peut être militaire. A l’instar de certains arbres, plus on coupe de branches, plus d’autres branches pousseront. Les racines restent intactes. Alors que ce sont les racines qui nécessitent une action urgente et radicale. Le mal s’attaque par ses racines et la meilleure façon d’arrêter ces pogroms est de considérer sérieusement les racines du mal. Analyser les causes qui font de ces hommes, souvent des enfants des machines à tuer et à bruler tout ce qui se trouve sur leur chemin. Si des enfants d’Europe, d’Amérique et de partout dans le monde affluent vers le Moyen Orient pour combattre leur propre pays, c’est que la justice et l’équilibre social dans leur terre d’origine, les a poussés aux extrêmes des extrêmes du désespoir. Si les êtres humains en arrivent à se bouffer avec l’ignoble façon que nous observons aujourd’hui, c’est que les diplomaties du monde sont à jeter dans les poubelles. Le monde a besoin de constituer des ligues pour la paix. Etablir un code humain qui freine les graves pressions qui font que l’être humain jouit en les exerçant sur son semblable. La force d’une justice décrétée, votée et approuvée par l’ensemble de la communauté humaine, vaut mieux que la justice d’une force aveugle qui a donné et continue à produire les résultats que nous observons. La vérité et la justice sont seules capables d’assurer la paix et la sécurité des nations.

Source : Mohamed Hanefi.

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