Ne pas insulter l’histoire

Amar Ould BéjàL’acharnement du Forum des partis de l’opposions á imposer le dialogue et le consensus comme seuls moyens de dépasser le blocage et la crise politique dans le pays est à saluer. La dernière sortie du tout nouveau président dudit regroupement de formations politiques est ainsi à saluer qui a consisté à dire sa disposition au dialogue. C’est ce message que les Mauritaniens qui étouffent de jour en jour du fait d’une crise qui refuse de prendre fin, veulent exprimer aux acteurs politiques de tous bords.

Dns les rues comme dans les salons, en adhérant massivement à l’idée de mettre en place des mécanismes consensuels à même d’éviter d’empirer une situation déjà aux bords du gouffre, les Mauritaniens ont dit leur mot. Aussi bien à l’adresse du pouvoir qu’à l’opposition radicale. Ces deux antagonistes, toujours à couteaux tirés, n’arrivent pas à dépasser leurs égos surdimensionnés et risquent, par leur braquage inutile sur le bras de fer les opposant, de tout détruire : les institutions, l’héritage que leur ont laissé les fondateurs de ce pays voire le pays tout entier.
Aujourd’hui, tout le monde espère que le message est compris. Toute l’opinion espère que les concernés, essentiellement ceux qui représentent le pouvoir, sauront bien décrypter le message du peuple et lui apporter la réponse que les Mauritaniens attendent. C’est celle du consensus et de l’ouverture.

La disponibilité d’emblée exprimée par le tout nouveau président du Forum est à saluer. Par contre, l’on ne peut que déplorer le silence d’en face. Mal lui en prendra… Du fait de son entêtement et de son étroitesse d’esprit, celui-là qui est e face paraît aujourd’hui de plus en plus isolé. Ses chefs, véritables seconds couteaux de tous les régimes qu’ils ont poussés à leurs pertes, multiplient les pressions sur la direction politique du pays dans l’objectif de la radicaliser face à tous les autres segments politiques du pays. Manifestement le blocage de la scène politique les arrange
La conséquence de cette prise en otage du Président Aziz par une mafia politique qui exploite sa proximité, sa capacité de manœuvrer dans le flou risque d’être fatale pour lui. Aussi bien politiquement que socialement. Avant qu’il ne soit trop tard, le président doit réfléchir à çà deux fois et se ressaisir. La Mauritanie ne peut pas vivre éternellement dans la crise parce que la situation de fait, arrange certains de ses acteurs politiques. Il faut prendre garde à ne pas entrer dans le piège tendu par ceux-là qui ne cherchent que leurs intérêts..

Déjà, le mécontentement populaire atteint des seuils jamais égalés. La situation sociopolitique est des plus moroses. Le mécontentement est général. Toutes les franges populaires bouillent, rouspètent et expriment de plus en plus leur lassitude vis-à-vis de ce pouvoir dont les tenants multiplient les signes de dédain et de mépris pour le peuple. La situation économique est désastreuse pour tous et les grandes gueules de ce pouvoir ne trouvent d’autre chose à nous proposer que la cupidité, l’harcèlement, le mensonge, nous narguant du haut de leur piédestal en argile.
A force d’ignorer les voix qui veulent son salut et la stabilité du pays, le pouvoir actuel va droit au mur. A force de ne regarder que dans une seule et unique direction, il risque de tomber dans l’abîme. Un pays plongé dans une crise multidimensionnelle ne saurait se payer le luxe d’avoir une équipe d’amateurs, et de surcroît arrogants et entêtés à sa tête. Ce pays-là doit avoir la force et la lucidité suffisante, pour ramer la pirogue Mauritanie plongée dans des eaux troubles. A tous ceux-là qui sont sincères, pourvus de bonnes doses de patriotisme, le temps est venu de faire la pression sur le Pouvoir et sur l’ensemble des acteurs politiques qui sont encore réticents, à s’engager dans une voie de sortie de crise. A tous ceux qui croient dans les vertus du dialogue, du consensus et aspirent à une stabilité durable en Mauritanie, il est temps de bien agir pour que demain, nous puissions dépasser la crise qui nous encercle, nous paralyse et met notre pays en danger !

L’histoire de ce pays retiendra qu’au moment fort de la plus longue crise politique, une solution a été présentée aux acteurs politiques du fait de la sortie du président du Forum. Mais l’histoire retiendra aussi, que malgré la pertinence de cette alternative, certains ont hésité.

Amar Ould Béjà

Source: Lauthentic

 

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