Nigeria: Boko Haram «amoindri» mais reste «une menace» selon François Hollande

Mahamadou Issoufou, le président François HollandeLe Nigeria accueille depuis ce samedi un sommet international sur la sécurité pour lutter contre le groupe armé islamiste radical, Boko Haram. Parmi les participants, il y a onze chefs d’Etat parmi lesquels François Hollande qui a rencontré, ce matin, son homologue nigérian Muhammadu Buhari.

La première prise de parole fut celle du président Buhari. Cela fait un an qu’il est au pouvoir, un an d’action contre le groupe armé qu’il a tenu à exposer. Un bilan chiffré à l’appui. Selon Muhammadu Buhari, il y a un an, quand il est arrivé au pouvoir, Boko Haram contrôlait quelque 40 municipalités. Aujourd’hui, il n’en contrôle plus aucune.

Il y a un an, la secte islamiste proclamait un califat. Aujourd’hui, plus personne n’en parle. Preuve que le terrain est reconquis aujourd’hui, la circulation a repris sur l’axe Kano-Maiduguri et les commerçants sillonnent à nouveau l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria.

Cela dit, le général Buhari ne cède pas au triomphalisme. Boko Haram continue de commettre des attentats-suicides dans les mosquées, les églises et sur les marchés et, aujourd’hui, a reconnu le président nigérian « il y a quelque deux millions de déplacés » à l’intérieur de leur propre pays, le Nigeria. Parmi eux, beaucoup d’enfants qui ont perdu père et mère et qui ne savent plus d’où ils viennent. Pour eux, il faut une aide d’urgence et c’est l’un des enjeux de ce sommet contre Boko Haram.

« Une lettre d’intention »

De son côté, le président français François Hollande a déclaré que le groupe islamiste Boko Haram « reste une menace » malgré des « résultats impressionnants » dans la lutte contre Boko Haram, aujourd’hui « amoindri, obligé de reculer », a souligné François Hollande.

Le président français a par ailleurs annoncé que les deux pays, France et Nigeria, ont signé ce samedi matin «  une lettre d’intention  » en vue de la signature à venir d’un accord de défense.

Aucune précision n’a été donnée sur l’accord de défense en question, mais ce midi François Hollande a évoqué, lors du point de presse, l’aide que la France apporte déjà en termes d’assistance militaire et en termes de formation au renseignement. Sans doute évoquait-il notamment ce projet d’apprendre aux experts militaires du Nigeria à lire les images satellites.

Le chef de l’Etat français a également justifié, une dernière fois, le départ des militaires français de Sangaris de République centrafricaine.

« Il faut savoir décider une opération et il faut savoir l’arrêter quand elle a réussi  », a-t-il dit d’une formule ciselée. Il a notamment expliqué que l’armée française, concrètement quelque 10 000 soldats français, doit gérer notamment le front sur le territoire national français, un mois avant l’Euro de football, car la menace terroriste reste forte. Selon le président, toutes les informations laissent penser qu’il y a encore « un niveau élevé » de la menace.

Le sommet s’est ouvert avec retard, vers 15H30 (14H30 GMT), en présence de François Hollande et du chef de la diplomatie britannique Philip Hammond, des chefs d’États des pays frontaliers du Nigeria (Bénin, Cameroun, Tchad et Niger) et le secrétaire d’État américain adjoint Antony Blinken.

Source: RFI

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