Nigéria : Boko Haram tue des civils et l’armée aussi…

Le Projet sur les droits socioéconomiques et la reddition des comptes (SERAP), une structure de défense des droits de l’homme a condamné vendredi la exécutions-nigériamontée vertigineuse des exécutions sommaires au Nigeria.

M. Adetokunbo Mumuni, le directeur exécutif du SERAP a averti que la situation était « alarmante » et pouvait même faire échouer la démocratie.

Réagissant au récent meurtre de plus 185 personnes dans le village de Baga, dans l’Etat de Bornou (nord-est du Nigeria), M. Mumuni a fait savoir vendredi à Lagos que certaines victimes, dont des civils avaient été tuées par les Forces spéciales nigérianes (JTF) et d’autres par la secte Boko Haram.

« Même s’il est vrai que nous devons combattre le terrorisme sous toutes ses formes, cela ne doit pas nous conduire à ignorer que tout suspect doit d’abord être arrêté, accusé et jugé en bonne et due forme », a-t-il dit.

“Dans ce pays, quelles que soient les circonstances, l’état de droit doit prévaloir avant tout. C’est à travers cet état de droit que toutes les autres choses pourront se concrétiser”, a-t-il poursuivi.

Le militant des droits de l’homme qui a condamné les exécutions sommaires de Baga a appelé les agents des services de sécurité à se concentrer davantage sur les voies et moyens d’appréhender les terroristes, sans devoir nécessairement les tuer.

Selon Mumuni, “Lorsque vous êtes en mesure d’arrêter un suspect terroriste, vous avez la possibilité de l’interroger et d’obtenir de lui, des renseignements supplémentaires. Mais lorsque vous dites que cette personne est membre de Boko Haram et que vous la tuiez rien que pour cela, alors vous perdez cet avantage de détenir des renseignements que vous auriez pu utiliser pour localiser le groupe ou prévenir d’autres attaques”.

Il a déclaré que le gouvernement fédéral devait prendre sur lui la responsabilité de ramener la raison au sein de la communauté, en poussant plus loin les investigations sur l’incident de Baga, en plus des autres exécutions extrajudiciaires qu’auraient perpétuées des agents des services de sécurité du Nigeria.

Source : Xibaru

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