Note d’information IRA Mauritanie : Notre patience a des limites


Le vice-président de l’Initiative pour la Résurgence d’un Mouvement Abolitionniste en Mauritanie (IRA), Brahim Ould Bilal a donné au pouvoir jusqu’à la fin du mois de Ramadan pour libérer le président de l’Organisation Biram Ould Dah Ould Abeid et ses compagnons… si non …

Ould Bilal a déclaré que la patience des abolitionnistes est arrivée à son terme, et que le président mauritanien doit libérer leurs camarades soumis à une incarcération abusive, avant d’avoir des remords causés par des militants lassés par des protestations pacifiques limitées auxquelles prend part la jeunesse d’IRA sans grande conviction.

Il a ajouté qu’en tant que direction de l’Initiative, ils sont soumis à de fortes pressions à cause de la manière pacifique dont ils traitent ce dossier :

Ils subissent les reproches de militants qui n’ont aucun doute que l’emprisonnement de Biram Ould Dah Ould Abeid et de ses compagnons n’est rien d’autre qu’un règlement de compte à relents racistes. Une occasion exploitée par le régime esclavagiste pour punir les abolitionnistes pour avoir levé le voile sur un esclavage beidane désormais soumis aux sanctions d’une loi criminalisant cette pratique

Ould Bilal
, qui s’exprimait au cours d’un rassemblement public à l’allure de grand meeting organisé par IRA, dans la nuit du vendredi 02 août 2012, dans la moughataa de Dar Naim, a ajouté que « si l’objectif de l’arrestation de Biram et de ses compagnons est de provoquer une division entre les Beydanes et les Haratines, cela ne se réalisera pas et si on veut, peut-être, provoquer une guerre civile, on se trompe également », promettant des « surprises » que les abolitionnistes vont dévoilées au moment opportun si Ould Abdel Aziz ne répond pas à leurs appels pour la libération de Biram et de ses compagnons.

Le vice-président d’IRA a aussi abordé la nature de la lutte que mènent les militants du mouvement pour arriver à l’éradication du phénomène de l’esclavage et de la discrimination raciale dont sont victimes les Noirs de Mauritanie, considérant que le dossier de l’esclavage est maintenant entre les mains de ceux qui en subissent les aléas et que tous doivent maintenant prouver leur engagement réel pour que les générations futures ne souffrent plus de la haine, de l’injustice et du manque d’égalité des chances.

Le vice-président d’IRA a déclaré que l’incinération de quelques avis apologétique de faqih sur l’esclavage n’était pas inconsidéré ou irréfléchi, même si elle n’a pas été largement discuter, mais plutôt un acte courageux destiné à contribuer à la destruction des mythes qui fondent l’esclavage à travers l’ère de l’obscurantisme primitif dans lequel se débattent encore les mauritaniens.

Il a ajouté que le régime en place à profité de cet incident pour tenter d’écraser IRA , éliminer Biram et diviser la nation, parce que les campagnes menées à travers la radio et la télévision beydanes pouvaient conduire, dans les premiers jours, à une guerre civile n’eut été la sagesse et la vigilance des dirigeants d’IRA qui, conscients du cynisme et de l’irresponsabilité des autorités, ont travaillé nuit et jour pour contenir la colère des militants. Et ici, dit-il : nous vous rappelons d’un article écrit dans ce sens sous le titre « sabran ale Yasser » (patience, AL Yasser).

Il a affirmé que rien dans le droit mauritanien ne punit l’incinération des livres, ce qui prouve que ce n’est nullement un crime mais ce pourquoi Biram est puni c’est plutôt son combat contre l’esclavage.

Ould Bilal a poursuivit en disant : La communauté esclavagiste) dispose d’un Etat, qui a ses finances, ses employés, sa force et ses réactionnaires et qu’il est inadmissible pour elle qu’un homme (Biram) vienne de l’autre bout de la ville et commette un acte qu’aucun cheikh, savant ou saint n’a jamais osé faire et qu’on le laisse faire dans cette terre de « seyba » (pagaille) qui est celle de l’injustice et du manque d’équité.

La marche demandant l’emprisonnement de Biram – et même sa pendaison – a été organisée sur ordre du Général Mohamed Ould Abdel Aziz et mise en exécution par Ahmed Ould Neini, par le biais des hakem et walis beydanes avec un usage abusif des moyens de l’Etat. Mohamed Cheikh Ould Sidi Mohamed et Dedde Mohamed Lemine Saleck se sont chargés du côté médiatique espérant rééditer les évènements de 89, cette fois-ci entre les Beydanes et les Hratin. Concernant le ministre de la Justice, celui de l’Intérieur et le directeur général de la TVM, ils ne comptent pas et jouent le rôle d’exécutants.

Ould Bilal a affirmé que l’emprisonnement de Biram est pour satisfaire les cousins de Ould Abdel Aziz dont les pratiques esclavagistes ont été mises à nu par l’IRA. Tels les cas de M’Baraka Mint Essatime et ses filles, de Moylemnine Mint Bakar Vall et les Ehel Sid Enne, les Saiboutt, Cheyakh Ould Ely, les Ehel Veyjah, Fatimetou Mint Hamed, et d’autres esclavagistes bien placés dans l’Etat Beydanes.

Dans le même ordre d’idées, les deux faqih, Cheikh Ahmed El Mehdi et Mohamed Vall ont confirmé la non sacralité des livres incinérés, déclarant qu’il s’agit d’avis écrits par leurs auteurs et que, s’ils étaient vivants aujourd’hui, ils auraient procédé à des changements radicaux dans leurs écrits. A cette occasion, le faqih Mohamed Vall Ould Vall a annoncé son adhésion à l’Initiative et son soutien à son combat ainsi qu’à l’incinération des livres qui font l’apologie de l’esclavage, acte qui, selon lui, devait être accompli par les ulémas.

Il a dit également que l’acte d’autodafé est positif parce qu’il vise à « purifier la religion musulmane de tout ce qui n’est pas hérité de la sunna du Prophète Mohamed (PSL) et que Biram aurait dû être plutôt récompensé et non jeté en prison.».

Ensuite la parole fut donné, à tour de rôle, au docteur Ely Ould Rave’e, au coordinateur d’IRA à Nouakchott ainsi qu’à Mr Djiby Ba dit Guellongal, porte-parole de l’organisation « Kawtal e Jellitaré » ainsi qu’à Mr Abdoul Aziz Kane représentant du collectif « Touche pas à ma nationalité » (TPMN) qui ont tous dénoncé la détention arbitraire de Biram et de ses compagnons.

La soirée a été animée, dans son volet culturel, par des jeunes Hratin qui ont abordé, dans des chansons de rap, la question de l’esclavage et du racisme, et rendu hommage au héros et grand militant de la Cause, Biram Ould Dah Ould Abeid. Cette soirée culturelle a été organisée pour informer sur les efforts menés par IRA dans le cadre de son action dans le domaine des Droits de l’Homme au niveau national mais également pour sensibiliser l’opinion publique sur les raisons qui ont conduit à incinération des livres d’avis du fiqh malékite.

Nouakchott, le 03 Aout 2012
La commission de communication

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