Nouakchott : L’insalubrité prend ses quartiers

P1

L’insalubrité qui s’est installée dans divers coins de la capitale même dans les cités chics, victime de sa réputation de «ville propre» et d’une expansion urbanistique effrénée, crève les yeux. L’incivisme des citoyens criant affecte grandement le paysage d’une cité polluée par les immondices qu’on rencontre à chaque coin de rue.

Dépassées par des quantités incommensurables d’ordures ménagères, les équipes de nettoiement de la communauté urbaine de Nouakchott ne répondent plus à une situation qui atteint des seuils critiques. Ni le centre ni la périphérie ne sont épargnés par le triste décor, ternissant de jour en jour l’agglomération agressée par les mauvais comportements du citoyen jetant à tout moment et n’importe où, ces déchets et ordures.

Du carrefour Nancy allant jusqu’à la zone industrielle, est un exemple vivant du manque d’hygiène et de salubrité. Là, les détritus jonchent tous les espaces extérieurs des sociétés allant jusqu’aux environs du port. Même situation dans certains coins du centre-ville où mêmes les quelques équipes mises en place par les autorités locales se sont avérés largement insuffisantes et impuissantes devant l’importance et les quantités d’ordures qui y sont jetées par les résidents.P3

Regardons à côté de l’Ambassade de la Palestine, cette partie du centre-ville est la plus pénalisée par les odeurs provenant de la décharge sauvage se trouvant au bord de la BMD. A quelques mètres de la Pharmacie Kennedy, au virage de l’épicerie des décharges sauvages poussent comme des champignons. Même les abords des marchés et les restaurants croulent sous les ordures.

L’impuissance, pour ne pas dire la démission des services des différentes communes de la capitale, a donné le coup de grâce à la réputation et image de marque de notre jeune capitale.

Une virée dans divers endroits de la cité vous donne l’impression que la ville est abandonnée à un triste sort. Car le paysage est « paré » par des immondices éparpillées, des moustiques et chats tournant autour du festin, agrémenté par des odeurs vous donnant la nausée. Eléments importants de l’équation, des citoyens (qui ne font rien pour que les choses s’améliorent) accablent les équipes de nettoiement. «Il ne faut plus se voiler la face, l’insalubrité s’est installée à Nouakchott où tout le monde est responsable. On ne doit plus dormir sur ses lauriers et dire que la cité est propre. Par la faute de tout un chacun, elle ne l’est plus.

La forte urbanisation, n’a pas été suivie par des moyens appropriés. Pour preuve, le ramassage des ordures des nouveaux quartiers ne se fait pas régulièrement ou à temps. Mal entretenus, n’ayant pas en outre la capacité à contenir de grandes quantités, les bacs et les dépôts de la défunte pizzorno, ont disparus des sites de collectes d’ordures utilisés. L’absence des éboueurs dans certains quartiers «zappés» par ces agents complique davantage la situation » soulignent de nombreux citoyens.

Pointée du doigt, la CUN par le biais de l’un de ses responsables dont nous taisons le nom, s’en défend : «Avant de développer, laissez-moi vous dire que la propreté de la cité est l’affaire de tous. C’est aussi et surtout une question de citoyenneté. Ceci dit, le ramassage des ordures est notre préoccupation première. Néanmoins, la situation catastrophique de notre parc roulant nous handicape grandement. Il est difficile de procéder quotidiennement au ramassage de plus de 300 tonnes avec 22 camions dont 14 sont en état défectueux. Quant aux travailleurs (hommes et femmes, jeunes et vieux) nouvellement recrutés par les services de la CUN, se plaignent des mauvaises conditions de travail et se du manque de tenues, de gants, de gilets et de chaussures de sécurité pour assurer leur pénible tâche.

Pour parer à une telle situation, certains camions et des engins appartenant à des sociétés comme l’ENER, l’ATTM et d’autres qui sont sous contrat de location avec des particuliers.

La pression nous pousse à surexploiter les camions utilisés dans plusieurs secteurs. En perdurant, cette sur- utilisation risque de compliquer davantage notre mission qui n’est  guère aisée». Mais que dira l’homme de la rue, « le tout est le résultat de la mauvaise gestion rationnelle des déchets ménagers, comme ce qui se passe partout ….. »

Alors nous verrons entre l’insalubrité et la CUN, qui vaincra ?

Aboubecrine Sidi (La Tribune)

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge