Nous et le terrorisme


« Vil Oumg » – en profondeur, littéralement – est une émission d’Al Jazzera que les Mauritaniens connaissent très bien.

Et pour cause.

Au tout début de la guerre contre le terrorisme de Mohamed Ould Abdel Aziz, ils avaient attendu, une semaine durant, pour voir

une énième confrontation entre un représentant de l’opposition, et pas n’importe qui, et un autre du pouvoir. A l’époque, on savait que l’actualité brûlante du terrorisme allait accaparer l’essentiel du débat. Exactement comme maintenant où la guerre contre les groupes islamistes armés est menée, non pas par la Mauritanie, mais le Mali et la France ! L’ordre ici compte peu. L’essentiel est qu’il y a une campagne militaire qui va également engager d’autres pays au nom justement de cette lutte contre le terrorisme. Et qu’on cherche aussi à engager la d’autres pays, en dehors de la CEDEAO, comme l’Algérie et la Mauritanie. Pour cette dernière, l’on repose avec insistance la même question : guerre ou pas guerre ? Et provocant en cascade une suite d’autres interrogations : Pourquoi hier et pas maintenant ? Puisque la n’est plus seule en face de l’ennemi – presque – invisible ? Elle qui avait pris dans le passé des risques incalculables en attaquant, frontalement, Al Qaeda ? Ne doit-elle pas saisir l’occasion – cette occasion – pour faire en sorte qu’AQMI – ou n’importe quel groupe de coupeurs de route ne commettent plus des crimes comme ceux de Lemghaity, Ghallawiya et Tourine ?

Il faut dire, franchement, que sur cette question là (le terrorisme), l’argumentaire de l’opposition n’a jamais convaincu. Pas parce que les Mauritaniens comme vous et moi sont des va-t-en-guerre mais parce que la volonté, manifeste, de soumettre ce que le pouvoir présentait en 2010-2011 comme une opération de police, qui devait passer par l’avis du Parlement mauritanien, est une querelle de clochers. L’opposition voudrait présenter le président Aziz comme celui qui n’en fait qu’à sa tête. Comprenez : pouvoir absolu, dictature, méprise des autres pouvoirs. Mais, on acceptera, difficilement, que l’Exécutif se soumette à une « déclaration » de guerre contre…des organisations terroristes, des trafiquants de drogue, des contrebandiers, des preneurs d’otages ! S’il s’agit de guerre, au sens d’opérations militaires engageants des unités de l’armée, même sur un territoire étranger, ce n’est nullement d’un conflit entre Etats souverains soumis à une législation internationale qui pourrait éventuellement intervenir pour faire cesser les hostilités. On pouvait bien comprendre que l’opposition pousse le pouvoir à la prudence, pour ne pas engager nos soldats dans des combats risqués, agir seul alors que les autres pays sont soumis aux mêmes exigences de lutter contre le terrorisme, et, surtout, se laisser manipuler, peut-être, par la France qui a des otages entre les mains d’AQMI et qui chercherait à porter un coup fatal à cette organisation terroriste dans une région où ses intérêts économiques sont légion (uranium au Niger, exploration pétrolière de Total à Taoudenni). Mais l’opposition a choisi un angle d’attaque qui est loin d’être convaincant : Rester à l’écart alors que tout le monde y va ! Exactement comme, quand e 2010, on réclamait une déclaration de guerre en bonne et due forme ! Ça prête à sourire, si cela ne frise pas le ridicule. Je pense donc qu’aujourd’hui, la Mauritanie qui est embarquée, au sens camusien du terme, doit aller plus en avant : être engagée.

 

Elhourriya

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