Nous sommes au bord du gouffre, mais demain…

voteEncore une fois le peuple ‘parle’. Un peuple sourd muet et aveugle. Assourdi par les klaxons de tevraq zayna et aveuglés par ses lumières. Seule Tevraq zayne a droit de klaxonner, étant donné que de l’autre coté, pas juste a coté, l’autre autre coté, de l’autre coté, les gens ne disposent que de charrettes.

Tout le monde chez nous sait pertinemment que les charrettes ne klaxonnent pas. Parfois il est vrai que les ânes klaxonnent de l’autre coté du klaxon, mais juste en période hivernale quand le bon Dieu jette sur cette terre un regard de miséricorde et y envoie quelques averses.

D’ailleurs ces averses vont certainement se faire rares étant donne qu’elles poussent l’impolitesse a gâter les goudrons et éclabousser les voitures de patrons. Allah a conditionné durabilité de sa grâce par la reconnaissance et non par la plainte.

Malgré toutes ces inconvenances, le pays va klaxonner encore une fois. Les oreilles y sont habituées. Ca ne dérange plus personne. D’ailleurs des régiments de journalistes et de politiciens du dimanche aguerris et pimpants dans leur boubous de ‘pas tous les jours’, vont se balancer et se Re-balancer dans les fauteuils moelleux et confortables de la TVM. De longue date ils ont appris ce qu’ils avaient a faire, ou plutôt a refaire.

Allo Rosso…Oui nous vous écoutons…pardon la communication a été coupée. Allo Kiffa… oui Kiffa, nous vous écoutons. -Oui, oui, oui merci le studio depuis ce matin, les moutons…pardon les piétons et les voitures…bip…bip… Nous avons perdu Kiffa… Allo la planète Mars… ces scènes se sont jouées devant le chef de l’état lui-même lors de sa visite a Nema, alors que la population se pressait pour lui dire quelques miettes de ce qu’ils endurent et duquel il ne voit que du feu.

Du feu, si nous avons bien compris ses prises de positions, ses promesses au peuple; et l’explication apparentes de certaines de ses décisions. Etre avec le peuple, veut dire refuser systématiquement toute les manœuvres qui le ruinent et qui l’ont toujours ruiné.

Personnellement, je ne suis ni opposant, ni composant, mais en citoyen de Mauritanie, je vois que le pays ne se sent pas encore bien. La dose prescrite pour le changement est loin d’être efficace. Plus que cela : elle a permis au virus de s’immuniser contre l’antidote. L’opposition ou COD, boycotte parce que satisfaction ne lui a pas été faite de jouir et de décider du sort du pays.

Les Harratines, sont repoussés par le refus de la création de leur parti RAG. Les noirs crient aux flammes en l’absence du pompier escompté que nous avons toujours attendu. Les Adwabas se voient imposer par, nous ne savons quels canaux, les mêmes maires et les mêmes députés qui les ont gouverné par le droit de l’ascendance du maître et la force de celui qui s’est accaparé de tous les moyens et ne se prive pas de s’en servir pour terrasser ceux qui oseraient lui résister.

Qui va voter alors?

Mais la grande majorité silencieuse est anonymement silencieuse, enveloppée dans son drap de piété et de résignation devant des guides qui ne cessent de jouer la même pièce, devenue tellement rapiécée, pour les enchaîner par la loi, la constitution et bien d’autres choses, pour les assaisonner a la sauce qui leur paraîtra convenable.

Je ne peux m’empêcher de penser a ces araignées géantes qui tournent et retournent leurs proies entre leurs pattes rugueuses avant de les dévorer. Le mécontentement du peuple est inexpressive, parce que le peuple ne parle pas. Il ne participe pas, on le ‘fait’ participer. Il ne décide pas. On le fait « décider ». Il ne choisi pas. On le fait ‘choisir

Combien le peuple serait heureux de voir le président Mohamed ould Abd al Aziz, en concertation sincère constructive, et sérieuse avec le président du FLAM, Samba Thiam, celui d’IRA Biram Dah Abeid, les intellectuels mauritaniens conseillers bénévoles, qui ne lui couteraient aucun centime, les différentes parties de tous ceux qui se sentent laissés pour compte dans ce pays, et de sortir avec des solutions, qui pèsent beaucoup plus que toutes les ‘campagnes de votes’ qui ne mèneront nulle part que la ou elles ont toujours mené.

Oui nous sommes au bord du gouffre, mais demain nous risquons de faire ‘un grand pas en avant’. Seule l’autruche, s’enfouie la tête dans le sable, pour ne pas voir le danger arriver. Le président Aziz peut choisir entre être un Kadhafi(Dieu ait pitié de son âme) ou un Abraham Lincoln. Aidé par les différents règnes de dirigeants de l’histoire il peut choisir dans quelle page de ce qui ne revient pas et ne s’oublie pas, il veut consigner son nom. On ne peut pas faire des omelettes sans casser d’œufs, ou accepter d’avaler beaucoup de coquilles.

Par une aube de l’an de grâce 2008, sans parlement qui vaille, sans opposition qui puissent dire un mot, sans you-you, sans griots et sans trompettes, Dieu lui a permis de prendre le pouvoir. Il était le maître incontesté a bord. De son propre chef, il s’est saisi du gouvernail.

Il sait ce qui se cache et se trame derrière ce pouvoir. Il sait plus que quiconque au monde les conséquences de ce genre de pouvoir sur la multitude silencieuse qui croupit dans le sous-développement. Il connait les menaces tout azimut, qui pèsent sur ces populations paisibles et résignées et sur l’avenir du pays.

ALLAH, lui a confié le pouvoir pour un certain temps. Comme beaucoup d’autres avant lui. Il sait que Dieu sait que nous savons, ce qu’il peut faire, pour arrêter les centaines de marmites qui bouillonnent a ses pieds pour cuisiner l’avenir et les intérêts de ces populations.

Il lui incombe donc de dire halte a la mascarade. Halte au tribalisme politisé a l’extrême, halte a la relation incestueuse de postes politiques ou administratifs avec la consommation illégale des biens du peuple. Halte a la manipulation du peuple en vue de l’anesthésier indéfiniment, pour pratiquer les opérations douteuses et malhonnêtes.

C’est ce Ould Abd al Aziz la, que nous souhaitons, que nous applaudiront et que nos prières accompagneront dans toutes ses décisions. Dans un pays ou chaque jour des gens sont assassinés violés, dépossédés de leur honneur et de leurs biens, ou peut-on placer la fête?

Tevraq zayne peut klaxonner. Elle est sécurisée. C’est un autre pays, dans un autre continent, sur une autre planète. Les autres ils ont peur, ils ont faim, ils n’ont pas de klaxons, ni de tentes a dresser. Je sais qu’on leur fera dresser des tentes, juste le temps de voler leurs voix. Mais quel triste trophée.

On les aveuglera par les promesses mensongères, on leur fermera la bouche avec quelques milliers d’ouguiyas, vite récupérés par les virtuoses de la taxe communale. Et tout reviendra a l’ordre jusqu’au prochaines élections INCHALLAH. Car c’est bien LUI qui décide. « Personne ne connait ses troupes a part LUI » Coran.

Mohamed Hanefi.
Chef dép. Français. Koweït.

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