Nous vous sollicitons de briguer un 3ème mandat. Excellence Monsieur le Président,

aziz-3Excellence Monsieur le Président,
Comme tout jeune mauritanien soucieux de son devenir et de l’avenir de son pays, j’ai décidé après mûre réflexion de vous écrire.
Je me permets de vous interpeller concernant l’état de la Mauritanie car vous ne pouvez pas balayer d’un revers de main tous vos acquis.
Monsieur le Président, Montesquieu disait «  La République est une notion fondée sur la vertu ». Vous avez axiomatisé le concept de gouvernance vertueuse. Nous vous conseillons humblement de vous y tenir, car le peuple vous soutient.
Poursuivez votre engagement dans les vraies batailles de la République : celle de l’emploi et de la relance économique, celle de la justice, celle de la solidarité nationale.
Excellence Monsieur le Président,
Cette lettre ouverte synthétise le message que la majorité des jeunes mauritaniens ont toujours éprouvé, de vous faire parvenir.
Comme chacun le sait, la Mauritanie malgré des débuts prometteurs à l’indépendance le 28 novembre 1960, n’a connu qu’une longue succession de régimes césariens, qui en ont fait l’un des pays les plus déshérités, les plus corrompus et les plus attardés d’Afrique et du monde, sur tous les plans du développement humain.
Au sortir de la transition militaire en 2009, la Mauritanie était un pays sans repère démocratique, ruiné, déchiré par des décennies de crises économiques et sociales et par des tensions communautaires instrumentalisées de façon criminelle par le personnel politique. L’Etat de droit, socle indispensable à l’émergence d’une société juste, paisible, progressiste et heureuse, était pour les citoyens, du domaine des rêves. Pour tous les forfaits  à caractère politique et les crimes économiques, l’impunité était de rigueur.  L’écrasante majorité de la population en ville comme à la campagne, vivait dans des conditions inhumaines, à côté d’immenses fortunes bâties en grande partie sur la prédation du bien public, la corruption ou les passe-droits. Les services publics (électricité, eau, salubrité, etc.), étaient pratiquement inexistants. Peu de citoyens mangeaient à leur faim. La jeunesse était à l’abandon,
 sans formation valorisante et sans autre perspective que l’exil ou le désœuvrement sur place.  L’espérance de vie était parmi les plus faibles au monde. Toutes les infrastructures indispensables au développement économique et social étaient inexistantes ou fortement dégradées.
Constat sépulcral que l’on peut synthétiser ainsi :
1. Au plan politique
Plus que jamais, la Mauritanie, qui vivait toujours avec les démons du passé, était un pays lacéré, hésitant, sans aucun consensus et incapable de mobiliser toutes ses énergies pour une œuvre commune de redressement national. Le débat politique était pratiquement absent pour poser les véritables problèmes du pays et esquisser des solutions. Les invectives et les slogans en tenaient lieu. Sans compter que la liberté d’expression a été complètement bâillonnée par la loi de l’information, qui ne tolère pas les critiques des institutions. À tort, car parfois elles permettent de rectifier le tir.
2. Economie
L’économie mauritanienne était plombée par l’inflation galopante qui maraudait encore plus le pouvoir d’achat déjà très faible des Mauritaniens et l’absence de cadre attractif pour les investissements.
L’indispensable reforme du secteur minier faisait défaut. Ce qui ne permettait pas d’y voir clair dans les relations entre l’Etat mauritanien et les groupes miniers.
Les aboutissements du secteur agricole étaient extrêmement maigres au regard des sacrifices budgétaires consentis par l’Etat. Le manque d’organisation autonome de la paysannerie et la corruption des intervenants constituaient de sérieux handicaps.
En matière de gestion des finances publiques, les vieux maux tels que la corruption, la fausse facturation ou les surfacturations, les détournements de toutes sortes sévissaient en toute impunité.
Tout ceci était couronné par la situation des caisses de l’Etat qui étaient vides.

3. Education
L’éducation de qualité est un paramètre capital du développement économique et social. Nous savons tous que l’éducation est sinistrée depuis des décennies dans notre pays. Les reformes opérées n’avaient donné aucun résultat probant. Au contraire, on s’installait dans une situation catastrophique, masquée par des résultats d’examens manquant de crédibilité. Le système éducatif mauritanien continuait à fabriquer par centaines de milliers de jeunes mal formés et non préparés au plan professionnel.
4. Santé
Quand on sait le rôle que l’Etat devrait jouer pour assurer la santé de sa population, nous ne pouvons  qu’être indignés de la situation qui prévalait et qui mettait en exergue l’incurie de nos services sociaux. Pour leurs soins, nos compatriotes qui en avaient les moyens allaient à l’extérieur ainsi que les hauts commis de l’Etat qui y partaient aux frais du contribuable mauritanien. La grande majorité, ceux qui n’en n’avaient pas les moyens, trépassaient sur place.
5. Autres secteurs Sociaux
A l’instar des secteurs éducatif et de la santé, le faible accès aux services sociaux de base constituait une dimension importante voire cauchemardesque de la préoccupation des populations. L’émigration était massive et touchait toutes les classes d’âge et tous les sexes. Désespérés, nos concitoyens partaient, n’importe où, vers des cieux de moins en moins accueillants. Les inégalités sociales étaient on ne peut plus criantes.
Pour le reste, force est de constater que toutes les  politique  qui se sont succédées ont été des échecs. Tous les investisseurs sérieux qui étaient tentés d’investir chez nous, ont été découragés par les multiples freins à l’émergence d’une économie prospère ; la corruption, les pressions administratives et le manque d’infrastructures n’étant pas les moindres. Ne restaient pratiquement que la spéculation immobilière et l’exploitation minière, le plus souvent à la sauvette. Les pertes d’emplois étaient énormes, sans que la courbe ne puisse s’inverser dans un avenir prévisible avec la poursuite de ces politiques.
Excellence Monsieur le Président,
Toute cette situation dramatique décrite ci-dessus avait des conséquences terribles au plan social, économique et politique.
Lors de votre accession à la magistrature suprême, vous étiez en face de défis énormes .Tout était à construire ou à reconstruire.
Seulement, Excellence, Monsieur le Président,  après votre premier  mandat, que devons-nous enregistrer ?
Pour sortir de la situation de blocage et remettre enfin la Mauritanie sur les rails de la réconciliation véritable et de la reconstruction, vous avez eu le courage de s’attaquer aux problèmes de fond qui plombaient depuis longtemps le devenir de notre pays.
Vous avez tourné définitivement le dos, à l’impunité, à la délation, aux simulacres de réconciliation, aux proclamations négationnistes telles que « nous sommes tous victimes, nous sommes tous coupables ».
Ainsi, vous avez permis à la Mauritanie de sortir de cette crise multiforme qui suppliciait toute la société mauritanienne.
Excellence Monsieur le Président,
Dans ce sens vous avez :
Promu le patriotisme, la transparence, l’unité nationale et banni l’impunité le favoritisme et les combinaisons politiciennes ;
Honoré le droit à la libre expression et endigué le harcèlement des médias privés ;
Libéré toutes les personnes arrêtées sans jugement en particulier ceux dans le cadre des droits de l’homme ;
Mis fin à toute action et à toute intoxication de nature à attiser des antagonismes communautaires ;
Doté et équipé notre armée pour la rendre plus opérationnelle afin qu’elle puisse remplir comme il se doit sa mission notamment dans la lutte contre le terrorisme ;
Veillé à ce que justice soit faite dans les affaires en suspens devant les tribunaux.
Révéré des principes de nitescence dans la gestion du bien public et notamment la règlementation en vigueur sur la dépense publique. Les caisses de l’Etat ont commencé, dès votre investiture, leur ascension fulgurante par une embellie financière qui nous a permis de nous renflouer, de nous acquitter du cercle vicieux de notre dette ;
Favorisé le dialogue franc et sincère, la justice sociale, l’unité de tous les mauritaniens ;
Opéré les microcrédits pour les jeunes, après s’être fait désirer durant des décennies ;
Subventionné les produits de première nécessité et mis en place des programmes ambitieux de solidarité sociale.
Promu l’enseignement professionnel faisant de ce secteur la priorité des priorités. Des reformes ont été annoncées par votre gouvernement et dont les résultats pointent à l’horizon ;
Ouvert de nombreux chantiers pour réaliser une infrastructure à même de hisser notre pays au rang qui lui sied et je ne veux pour le témoigner que l’édification de l’aéroport de Nouakchott, la construction de l’Université, les centaines de kilomètres de routes goudronnées au bénéfice des conducteurs de véhicules.
La politique de l’habitat avec l’attribution à de nombreux bénéficiaires de logements à des prix modiques, n’est pas une mesure anodine non plus.
Sans oublier la faculté d’accéder à la médecine gratuite par le biais de la CNAM et la prise en charge totale des maladies chroniques, après avoir doté la quasi-totalité des infrastructures sanitaires d’équipements les plus sophistiqués et ouvert des centres hospitaliers spécialisés.
Revu et revisité le code de la famille pour améliorer le statut de la femme, resté jusque-là immuable depuis une trentaine d’années ce qui est en soi une gageure ainsi que votre imposition extraordinaire, malgré les mentalités d’une discrimination positive en faveur de la participation législative féminine, pour le genre ;
Vous avez réussi à redorer le blason de la Mauritanie par tant de déplacements aux quatre coins cardinaux du globe, au point d’avoir passé beaucoup de temps en apesanteur et dont votre équilibre physique en porte peut-être les séquelles. Ce qui fut couronné par une présence diplomatique enviée de tous nos voisins.
Vous avez donc assuré votre pérennité dans l’histoire, par un bilan d’un développement qui comporte de l’actif et non des moindres.
Les efforts sont toujours payants et le peuple reconnaît votre sacrifice et votre sagacité.
C’est pourquoi, nous nous permettons de vous interpeller sans avoir froid aux yeux pour briguer un 3ème  mandat.
Nous vous interpellons à la sublimité de votre conscience humaine et celle de notre mémoire collective que nous partageons à jamais.
Monsieur le président,
L’heure est grave, les politiques des coulisses et des croche-pieds sont bannies à jamais. Exclusivement le pouvoir du peuple est vrai, peut s’éterniser et peut édifier le pays sur des fondations nationalistes solides avec une coopération internationale aux intérêts mutuels et non partisans, une paix durable à la mesure des engagements de l’ensemble des citoyens et le partage équitable et juste des devoirs et des droits sur la base de la coexistence pacifique non partisane et  non régionaliste.
Notre motivation n’est pas l’intérêt personnel, mais la crainte du lendemain, en l’occurrence que le loup ne revienne dans la bergerie, car incontestablement votre idée de la “réconciliation nationale’’ a endigué les fléaux qui minaient notre pays, d’une façon radicale.
Nous avons le devoir d’assumer notre Passé et, avec humilité, de dire la vérité et d’établir la justice pour que nous puissions rêver et espérer réaliser cette Mauritanie bâtie dans sa diversité, économiquement forte, socialement digne où il fera bon vivre.
Et c’est ce qui nous pousse à vous solliciter de continuer votre œuvre et de briguer un 3ème mandat.
Je vous souhaite, Monsieur le Président, longue vie, santé, dignité, et vous prie d’agréer notre respect et notre reconnaissance.
  Administrateur Civil


                                                                                                                          
                                                                                                                             

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