Nouvelle vague de réfugiés sur les côtes de Lampedusa

La petite île italienne a vu affluer ce week-end des embarcations de fortune parties de Libye.

Avec le retour d’un temps plus clément dans le canal de Sicile, l’immigration clandestine reprend vers Lampedusa. Samedi, les garde-côtes italiens ont secouru en pleine mer un canot pneumatique dont le moteur était en panne. À bord, cinquante-deux réfugiés, Somaliens et Érythréens en majeure partie, et cinq cadavres d’hommes, morts de froid et d’épuisement. Six autres, une femme enceinte et cinq hommes victimes de brûlures solaires et dans un état avancé de déshydratation, ont été hélitreuillés et dirigés vers un hôpital de Palerme.

Villa réquisitionnée d’urgence

Les autres rescapés, enveloppés dans de grandes couvertures thermiques, ont été débarqués à Lampedusa, où une villa a été réquisitionnée d’urgence pour les héberger avant leur transfert vers un camp d’accueil en Sicile. Le même jour, quatre autres embarcations transportant plusieurs centaines d’immigrés, arrivant pour la plupart du Sahel, ont été secourues entre Malte et Lampedusa par la marine italienne. Un remorqueur de haute mer et un chalutier français croisant dans les parages ont aussi participé au sauvetage. Malte s’est refusé à leur prêter assistance, bien que les secours leur aient été portés au large de ses eaux.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) prévoit une recrudescence des arrivages dans les prochaines semaines. Son porte-parole pour l’Italie, Laura Boldrini, affirme qu’un millier de Syriens fuyant les zones de combats sont déjà arrivés en Libye et n’attendent que le moment propice pour gagner l’Italie.«Nous ne pouvons pas attendre qu’un flux constant d’immigrés s’instaure de nouveau pour proclamer l’état d’urgence», affirme-t-elle, enjoignant le gouvernement italien de reconstruire au plus vite le centre d’accueil de Lampedusa, incendié l’été dernier par des Tunisiens furieux d’être rapatriés.

Interdiction des refoulements collectifs

Quelque 52.000 immigrés, dont 30.000 Tunisiens, avaient débarqué en 2011 dans cette petite île à mi-distance entre l’Afrique du Nord et la Sicile, provoquant une grave crise humanitaire. À partir de septembre, les accords de coopération signés avec Tunis et le changement de régime en Libye avaient interrompu les départs. Les services secrets italiens s’attendent à une reprise des arrivages à grande échelle liés à la persistance des tensions dans la Corne de l’Afrique et à l’insécurité au Proche-Orient. Dans un dossier transmis au Parlement, ils parlent d’un «risque de réactivation des routes d’immigration vers la Sicile et la Sardaigne et d’une consolidation des flux vers la ­Calabre et les Pouilles».

Ces réfugiés ne pourront plus être refoulés vers leur pays de départ. Le 1er mars dernier, la Cour européenne de justice a condamné l’Italie à verser 15.000 euros à chacun des 24 réfugiés somaliens et érythréens renvoyés en Libye après l’arraisonnement de leur embarcation en pleine mer le 6 mai 2009, à 35 milles au sud de Lampedusa, sur ordre du gouvernement de Silvio Berlusconi. La Cour a rappelé l’interdiction des refoulements collectifs et imposé des réparations conséquentes en raison des coups et tortures à l’électricité subis par ces réfugiés à leur retour dans une prison libyenne.

Source: le Figaro

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