Nouzha Nissrine Dagher, une Libanaise héroïne d’une Saga policière en Mauritanie

Elle s’appelle Nouzha Nissrine Dagher, une Libanaise décrite comme une Passionaria et qui serait aujourd’hui au centre d’une trame dont les FAITS DIVERS-RWramifications toucheraient aussi bien le Sénégal que la Mauritanie.

Expédiée depuis dimanche 12 Mai à la prison des femmes de Sebkha, alors qu’elle était plaignante, elle aurait été convoquée au Parquet le Jeudi 9 Mai sur une plainte déposée contre elle. Ce dimanche 12 Mai en effet, un pêcheur Sénégalais résidant en Mauritanie du nom d’Oumar Gaye devait répondre de ses accusations.

C’est de là, que la vraie histoire de Nouzha aurait été étalée au grand jour. Le récit ci dessus fait par Oumar Gaye sera corroboré par la police Sénégalaise et la police Mauritanienne.

Tout serait partie lorsqu’Omar reçut un appel d’un ami au Sénégal qui s’appelle Kader. Ce dernier lui recommandait une «richissime libanaise» qui cherchait à investir dans le poisson en Mauritanie. Oumar ne retient que deux mots «richissime » et «libanaise » et crut à l’instant que la Providence lui ouvrait enfin les portes de la richesse. Aussi se précipita-t-il dare-dare à Rosso Mauritanie où il accueillit Nouzha en l’aidant d’abord à faire ses formalités avant de la convoyer vers Nouakchott où il lui avait retenu une chambre d’hôtel.

La seule remarque qu’il dit avoir fait, c’est la meute de chats, 16 au total, qu’elle trimballait avec elle dans un grand panier spécialement conçu pour ça. Elle remboursa naturellement l’argent du voyage à Omar. Le lendemain, elle lui parla directement d’affaires, soutenant attendre quelques millions d’euros que ses parents devraient lui envoyer de Beyrouth par Western Union. Elle voulait se lancer dans la restauration à Nouakchott et s’appuierait essentiellement sur la femme d’Oumar. Cette confidence envoya ce dernier aux anges. Elle voulait un emplacement idéal.

Oumar la lui dénicha. Une belle villa à louer moyennant 100.000 UM mensuel. Elle en donnera 130.000 UM déclara-t-elle au propriétaire déjà aux anges. L’essentiel, dira-t-elle en substance, est de s’assurer d’un long bail qui ne sera pas interrompu au bout de quelques temps. Le propriétaire, heureux de l’aubaine, promit qu’elle y restera tant qu’elle le voudra et ce sera consigné dans le contrat.

Accompagné de deux de ses proches, Oumar écoutait Nouzha lui étaler ses projets, un bloc-notes et un stylo de luxe entre les mains. Elle notait tout ce qu’elle devait acheter, les dépenses qu’elle allait réaliser. Oumar buvait ses paroles, car il s’occupera de la gestion du joyau.

Deux jours après, elle déclara à Oumar que l’argent tarde à lui être envoyé par Western Union, à cause de la guerre au Liban. Elle voulait 3.420.000 UM pour lancer ses activités, déclarant à Oumar qu’elle lui remboursera l’argent dans une semaine, mais qu’elle ne pouvait attendre. Sur le coup, son téléphone sonna, elle parla longtemps dans un dialecte qu’Oumar prit pour de l’arabe dialectal, puis elle lui passa le téléphone en lui soufflant «C’est mon père ».

La voix de l’autre côté lui confirmait qu’effectivement, un transfert de quelques millions devait être fait à l’intention de Nouzha, mais que des retards de dernière minute étaient survenus. De toutes les façons, elle aura l’argent dans une semaine au plus, souffla la voix, demandant à Oumar de l’aider à lancer son projet. Oumar se serait ainsi décarcassé auprès de ses compatriotes pêcheurs et parvint à lui amener le montant. Elle était satisfaite.

Puis, accompagnée de la femme d’Oumar et de ses copines, Nouzha fit le tour des magasins de Nouakchott pour voir les ustensiles et les matériels de cuisine. Elle n’acheta rien, se contentant de noter. Mais la semaine s’écoula, sans que Nouzha ne parle à Oumar de son argent. Les autres créanciers commencèrent à le bousculer. Très gêné, dira-t-il, il aurait rappelé à la dame que le délai qu’elle lui avait donné a expiré.

Elle se cacha de nouveau derrière les difficultés actuelles au Liban, évoquant la guerre, etc. Mais un ami qui accompagnait Oumar, moins hypnotisé que lui par les balivernes de la femme, lui fit remarquer que le Liban n’est pas en guerre, même si les éclats du conflit en Syrie l’atteignent de temps en temps dans ses frontières éloignées. Il fit remarquer à Nouzha qu’Oumar est acculé par les créanciers et qu’elle doit lui rembourser son argent. Elle promit d’harceler ses parents pour qu’ils lui envoient au plus vite la somme.

Oumar téléphona alors à son ami Kader au Sénégal pour lui demander quelle calamité il lui avait envoyé, en lui racontant la situation dans laquelle elle l’a mise. Kader semblait de bonne foi. Il lui dit avoir rencontré Nouzha quelque part dans une cafétéria, qu’elle lui avait parlée de ses biens au Liban et de son intention d’investir dans la pêche en Mauritanie. Et Kader l’avait crue.

Oumar décida de faire un saut à Dakar. Kader l’accompagna chez une libanaise du nom d’Akram pour savoir si elle connaissait Nouzha. Ce qu’ils entendirent leur fit sentir le danger que cette femme représente. «A cause d’elle, j’ai fais 15 jours de prison » leur dira-t-elle en parlant de Nouzha qu’elle déclara avoir eu la malchance de connaître. Elle aussi a été une de ces victimes.

Akram leur révéla que Nouzha est recherchée par la police Sénégalaise pour meurtre et escroquerie. Elle serait aussi recherchée par l’Ambassade d’Egypte au Sénégal où elle avait un peu travaillé. Elle avait demandé un prêt de 5.000 dollars auprès de l’Ambassade, s’engageant à rembourser par retenue sur salaire, puis elle disparut. Se sentant recherchée, elle aurait empoisonné un gardien qu’elle avait engagé du nom de Pape Mame Sarr, craignant qu’il ne la signale.

La Police Sénégalaise après l’autopsie aurait ainsi découvert le meurtre par empoisonnement, mais Nouzha avait fui pour s’installer à Kaolack. Là, un ancien policier du nom d’Adama N’diaye l’aurait aidé à trouver des pièces d’état-civil Sénégalais. Arrêté et interrogé par la police, ce dernier aurait déclaré avoir aidé la Libanaise sur la base d’un acte de naissance Sénégalais authentique qu’elle lui avait présenté. Déferré au Parquet à Dakar, Adama N’diaye serait actuellement en prison. Mais la police Sénégalaise ignorait selon Oumar que Nouzha avait traversé la frontière pour se retrouver en Mauritanie.

Il sut aussi que l’Ambassadeur d’Egypte au Sénégal avait déposé plainte auprès du Ministère Sénégalais de l’Intérieur qui avait chargé la Direction Générale de la Police Nationale de s’occuper du cas Nouzha Nissrine Dagher. L’Ambassade du Liban à Dakar aurait pour sa part déclaré ne pas connaître cette compatriote, celle-ci ne s’étant jamais présenté à ses services pour s’enregistrer. Selon Oumar, elle avait choisi de vivre dans l’ombre pour mener ses louches activités.

Dans la foulée, une autre victime de l’aventure Sénégalaise de Nouzha fut découverte. Il s’agit d’un Libanais du nom de Mohamed Hoballa que Nouzha avait escroqué d’un montant de 350 million de Francs Cfa. Elle lui avait miroité ses dons de voyance et ses capacités à démultiplier l’argent. Le pauvre avait mordu à l’hameçon, vendait une de ses maisons et d’autres biens.

Lorsqu’il apprit que Nouzha se trouve en Mauritanie, il réactiva son dossier qui dormait dans les tiroirs de la police Sénégalaise. De retour à Nouakchott, fort de ces renseignements, Oumar parviendra à lui soutirer une reconnaissance de dette écrite où elle aurait reconnu avoir pris avec lui un montant de 3.420.000 UM.

Ayant su que Oumar s’était rendu au Sénégal et qu’il continuait à l’excéder par ses pressions, elle porta plainte contre lui, arguant qu’il l’avait dépouillé de son matériel et de ses bijoux en or. Oumar abasourdi sera cueilli par le Commissariat de l’Antidrogue. Dimanche 12 Mai dernier, l’affaire fut déferrée au Parquet de la République. C’était le second passage de Nouzha.

Le premier remonte au Jeudi 9 Mai où elle répondait à une plainte déposée contre elle et le dimanche suivant, elle était plaignante. Elle niait les allégations d’Oumar, qu’elle traita de voleur et d’escroc, défiant quiconque de lui prouver qu’elle est recherchée au Sénégal.

Oumar soutenait à qui voulait l’entendre que cette Libanaise est un danger public. Aujourd’hui, le Sénégal a saisi Interpol pour l’extradition de Nouzha. Des policiers Sénégalais sont attendus à Nouakchott pour l’amener afin qu’elle réponde à la justice. La Mauritanie qui la garde actuellement dans ses prisons, semble également n’avoir pas encore fini avec elle. Quant à Oumar, il est toujours aux mains de l’Antidrogue.

Abou Cissé

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