Nucléaire iranien: date-butoir dépassée à Lausanne, pas de clap de fin

2015-03-31T222012Z_1107615882_GF10000045684_RTRMADP_3_IRAN-NUCLEAR_0Beaucoup d’interrogations, ce mercredi 1er avril à Lausanne : l’échéance fixée au mardi soir minuit est dépassée, mais un accord sur le programme nucléaire serait néanmoins en vue. Du coup, les grandes puissances jouent les prolongations même si les ministres français et russe des Affaires étrangères ont déjà quitté Lausanne. Les discussions doivent reprendre, mais depuis hier soir, c’est un scénario digne d’une pièce de théâtre où l’on aime se faire peur qui continue de se dérouler.

Il y a quelques semaines, un diplomate occidental nous disait ceci «s’il y a un accord sur le nucléaire iranien il sera précédé d’une certaine dramaturgie pour que chacun montre qu’il l’a arraché de haute-lutte». Il n’y a pas d’accord, ce mercredi 1er avril, pour le moment mais certainement de la dramaturgie avec des portes qui claquent et des personnages quittant la scène. Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est rentré à Paris ce matin, mais il se dit prêt à revenir en Suisse en cas de progrès. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a également quitté Lausanne.

S’agit-il de sorties théâtrales destinées à accroitre la pression sur l’Iran ? Concernant le départ de Laurent Fabius, s’agit-il d’une nouvelle expression de l’intransigeance qui a souvent été décelée dans la position française ? En tout cas, la délégation française, avec à sa tête le directeur politique Nicolas de Rivière est toujours présente à Lausanne. Ces dernières heures, les Iraniens et les Russes ont eu des propos plutôt optimistes. Il y a quelques minutes, le chef de la diplomatie chinoise a parlé de « progrès importants sur les sujets cruciaux » et a demandé aux deux parties de « rapprocher leurs positions ». Donc le rideau n’est pas encore définitivement tombé sur ces négociations même si la date-butoir est désormais dépassée. Pour les diplomates britanniques, par exemple, la base d’un compromis est là même s’il reste beaucoup à faire. De leur côté, les Allemands estiment que les discussions « restent coincées sur plusieurs questions importantes »…

■ Douze années de crise

C’est en 2002 que le monde découvre l’existence d’un programme nucléaire iranien clandestin. Premières inquiétudes, premières négociations menées par les Européens.  La République islamique accepte de suspendre ses travaux suspects. Mais, en 2005, Téhéran relance l’enrichissement d’uranium, juste après l’élection d’un président ultra-conservateur, Mahmoud Ahmadinjad. Le dossier est alors transmis au Conseil de Sécurité de l’ONU, qui vote les premières sanctions internationales visant l’Iran et son programme nucléaire.

Les années suivantes seront celles des discussions vaines entre la République islamique et le groupe des Six : Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne. Des années de surenchères… L’Iran annonce régulièrement des progrès technologiques. Israël se dit menacé et laisse entendre que des frappes militaires sont envisagées. Les Etats-Unis et l’Union européenne ajoutent leurs propres sanctions à celles de l’ONU.

Le vent tourne en 2013 avec l’élection d’un nouveau président iranien, Hassan Rohani, qui s’est engagé pendant la campagne à obtenir la levée des sanctions qui minent l’économie de son pays. En novembre 2013, les négociations débouchent sur l’accord intérimaire de Genève, la suite consistant à définir un accord global mettant fin à cette longue crise internationale.

Source: Rfi

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