OK,PARLONS ESCLAVAGE

Un article que j’ai écrit sur le cas de Rahme mint Legreyve, semble avoir soulevé un tollé, auquel franchement je ne m’attendais pas. Certains m’ont dit franchement que je défendais les esclavagistes, d’autres que je me dévoilais enfin! Etc.

j’ai cru comprendre dans un communique d’IRA qu’on me ciblait franchement quand l’auteur dit :  » également nous répondons aux faux humanistes dont les sentiments de prétendue sollicitude envers les femmes, n’entrent en compte que pour soutenir celles accusées d’esclavage…quand il s’agit de femme arabo berbère. » Fin de citation.

Il faut compléter la lecture d’un texte avant d’en charcuter l’auteur. A mon tour je tiens à dire à ma famille de Cridem, comme à ceux qui par E-mail, allusions ou commentaires m’ont accusé d’être ce que je suis loin d’être, ce qui suit :

Aux collègues et amis inconnus de Cridem, je vous dis que je ne me dévoile pas. Car tout simplement je ne me suis jamais voilé. Je suis Mohamed ould Hanefi chef département à Adelia Zone de la capitale, état du Koweït. En Mauritanie je possède un très modeste logis a socogim. Voilà. Sans pseudo. Rien. Ça fait vingt ans que je suis au Koweït. Vingt années que j’ai complètement consacré sans tambours ni trompette à la lutte contre l’esclavage. Dans la zone la plus esclave de la Mauritanie : La Chamama.

Quand j’ai quitté la Mauritanie, j’avais une maison a la socogim PK, j’ai toujours la même maison. Pourtant j’aurais pu en avoir bien d’autres. Chaque année que Dieu a faite, j’ai traversé l’Asie, l’Europe et la Mauritanie, pour m’installer avec ceux que tout le monde a fuis et méprisés. J’ai partagé avec eux absolument tout ce que j’ai gagné. Je suis allé partout en quête de secours pour les aider, les instruire. Le paradoxe est que ceux qui m’ont aidé n’étaient ni les mauritaniens, ni même les musulmans. Le plus grand soutient m’est venu de catholiques, d’américains et de koweitiens. Pour ne pas rester dans le vide je vais vous dévoiler ce que j’avais voilé :

Chaque jour je risquais ma vie pour eux. Je me suis heurté à la société féodale dans toute sa rigueur. Il aurait suffi d’un ordre de ceux dont les ordres ne pouvaient être contredits, et que j’ai attaqués de face, pour que ceux-là mêmes, pour qui je luttais, m’enterrent dans le sable argileux de cette terre de misère. Je luttais pour les esclaves, contre eux-mêmes et contre leurs maitres. Plusieurs personnes m’avaient conseillé de quitter.

L’ai-je fait? J’ai fait que les femmes ne poussaient plus les you-yous au passage du maitre. J’ai fait que des groupes de jeunes ont tenu tête à leur maitre avec lequel ils ne pouvaient s’asseoir sur la même natte auparavant. Ils l’ont plié par des idées et des arguments auxquels il ne pouvait résister.

Dans toute cette zone, j’ai laissé des traces desquels je suis fier aujourd’hui, sans publicité, ni ostentation, ni tintamarre. Et vraiment pour l’amour de Dieu et de mes parents. Pratiquement tous les jeunes depuis 1984 ont été circoncis par notre projet.

Le but de ces cérémonies qui ont relié la zone de Diawle à Oulad Imigine était d’instruire et de souffler le vent de la dignité dans ces âmes vides de tout sentiment. Les programmes étaient très vastes et très variés, et visaient la formation d’êtres humains fiers de leur personnes J’ai construit une grande mosquée qui a vu un enseignement continu de marabouts respectables, que j’ai amenés de partout. Dont feu Mohamed ould Ebnou Oumar . Puis un érudit malien du nom d’Alpha, qui m’a été recommandé par le Cheikh Bouddah ould Bousseyri, puis d’autres.

J’ai acheté des vaches pour ces parents qui ne voyaient de lait que le « Seveti », « not to be sold » et qui se vendait dans toutes les boutiques. Le village de Bezoul 1 qui était le centre de cette opération a été divisé en deux camps rivaux, par ceux qui voulaient garder ces pauvres dans l’état de dépendance et de faiblesse qui permet à leur exploitation de perdurer.

Et c’est à peine que les villageois ne s’étaient pas entre-égorgés. Ceci ne m’a nullement découragé. Le programme de distribution de moustiquaires, pour lutter contre le paludisme, était le mien, Avant d’être celui du gouvernement.

Les chèvres laitières pour les personnes démunies, c’était mon programme. « Takavoul », au cours duquel j’ai donné un petit projet a chaque personne de Bezoul 1 et 2, et même à Nouakchott, c’était le mien. Et bien d’autres choses que je ne veux évoquer de peur d’ennuyer avec des vantardises qui devaient rester entre Dieu et moi. Mais je suis obligé de me défendre.

Qui d’IRA ou du gouvernement mauritanien a fait la même chose? Je parle bien sûr à l’échelle d’un individu. Moi, je ne suis pas politique, ni « prolifique » Je sais que mon pays a des problèmes. Des problèmes très graves. Chacun apporte ce qu’il peut pour une solution qui tarde à se dessiner à l’horizon.

Je sais que si nous sommes musulmans, nous devons traiter tous les problèmes avec une certaine sagesse, une certaine mesure, une certaine miséricorde entre nous. Les vas-t-en violence n’ont jamais donné de résultat durable. On ne règle pas le mal par le mal. Sinon les prophètes l’auraient fait.

Ceux parmi nous qui sont chrétiens doivent se rappeler que le christianisme est une religion d’amour et de tolérance. Une religion qui ordonne de tendre la joue gauche a celui qui vous a donné une claque sur la droite. Moi je ne défends aucun esclavagiste. Je ne peux pas le faire. Tout simplement parce que feu ma mère, qui a vécu dans ces villages de misérables, a été ensevelie dans la croyance que les individus avaient les attributs de Dieu.

Elle a été exploitée jusqu’à la dernière énergie. Elle n’était pas esclave au sens ascendance du terme, étant peule d’origine. Il y-a d’autre forme d’esclavage beaucoup plus atroce et beaucoup plus sournoises. Je n’ai pas eu peur de lutter contre ces sévices. Dans une place ou je pouvais perdre la vie, à tout moment, sans laisser de traces.

Si j’ai parlé de Rahme mint Greyve, c’était pour dire aux uns et aux autres que ni IRA, ni le gouvernement mauritanien ne sont sur le droit chemin pour libérer les esclaves. _ En ce qui concerne le gouvernement a mon humble avis, il agit pour respecter la décence internationale; en jouant le jeu de ceux qui soutiennent, pour ne pas dire laissent faire, les abolitionnistes, qui ont atteint la « possibilité » de mettre les esclavagistes en prison.

Ce gouvernement qui a déplacé toute la tonitruante télévision nationale, avec ses ténors les plus lourd pour célébrer les « villes anciennes », ne pouvait-il accorder une petite portion de ces campagnes épiques, pour contacter maitres et esclaves; expliquer une fois pour toutes que ce phénomène est désormais passible des peines les plus lourdes. Peut-être que j’ai tort, mais de là ou je suis, et bien que je ne perds rien de ce qui se passe en Mauritanie, j’ai l’impression qu’il y-a beaucoup de bruit qui ne donne jamais de résultat tangible. « On entend beaucoup de pilons dans les mortiers, mais on ne voit jamais de farine. »

Le gouvernement est un pouvoir qui a les possibilités de changer les choses, s’il le veut bien sûr. Mais quand le voudra-t-il vraiment? That’s the question. Peut-être que c’est bizarre de le dire, mais je pense franchement que nous nous complaisons dans nos atrocités. Nous les entretenons, les cajolons, les dorlotons. Elles sont parties intégrantes d’un complexe de valeurs immorales qui nous collent à la peau et déforment notre bon sens.

Pensez-vous que demain, si après un conseil de ministres, on annonce, pour raison d’honneur et d’intérêt national, la peine de perpétuité à celui qui détient un esclave; et que les moyens de communications contribuent, comme elles ont souvent l’habitude de le faire dans des sujets plus futiles, pensez-vous qu’il y-aurait un seul homme ou une seule femme qui accepterait de dire bonjour à son ancien esclave? Il faut une véritable volonté politique, c’est tout. « L’âne, on peut le mener au marigot, mais on ne peut l’obliger à boire, s’il s’obstine à ne pas le faire. »

– Pour ce qui est des militants d’IRA, avec tout le respect que je dois a votre courage et votre dévouement, et l’abnégation vouée à cette noble cause, je trouve qu’il y-a d’autres choses, plus urgentes et plus impérieuses, à faire. Alphabétisez ces citoyens, organisez des groupes de volontariat pour les aider à améliorer leurs conditions de vie. Donnez un peu de vos richesses pour ceux d’entre vous a qui Allah a donné de ses largesses.

Surtout mes frères, si vous voulez que l’histoire se rappelle de vous en terme de bien, menez votre lutte dans la paix et le respect de l’autre. Même s’il ne vous respecte pas. C’est le propre des grands hommes. Rappelez-vous comment le prophète Mohamed a demandé à l’ange des montagnes d’épargner ses détracteurs, dans l’espoir qu’ils génèrent des descendants qui proclament l’unicité de Dieu.

Rappelez-vous Gandhi et sa non-violence. Messoud ould Boulkheir et sa sagesse. Prenez la leçon du palmier ou du jujubier qui vous renvoient leurs fruits quand vous leur jetez les pierres. C’est ma façon de voir. C’est mon droit d’opinion. Il ne faut jamais que votre lutte soit un combustible de dissensions entre blancs et noirs.

Il y-a beaucoup de maures qui sont plus opprimés que les esclaves. La grande majorité d’entre eux n’a jamais goute la saveur des richesses nationales. Ils sont esclaves d’une ségrégation que personne ne dénonce. D’autres voient le destin de leurs enfants fermé par ceux qui en réalité, maintiennent toute la nation en esclavage.

N’éradiquez pas un mal en installant un autre. Je sais qu’il y-a beaucoup d’éminents intellectuels parmi vous. Que votre travail soit auréolé de grandeur et de sérieux. Peut-être que j’ai tort, mais j’ai l’impression qu’il y-a beaucoup de stratégies qu’il faut revoir. Rahma est en prison. Et celui qui a sorti un pistolet pour assassiner Biram, on n’en parle plus. N’est-ce pas une tentative de meurtre avec préméditation?

Quelle est cette justice qui tantôt elle s’active et tantôt elle se met en veilleuse. Admettez que ça prête a confusion et a doute dans le sérieux de ce qui se passe. Peut-être que j’ai tort. Ou j’ai vieilli et ne pige plus correctement. Enfin pour ceux qui sous des anonymes se délectent de critiquer les gens pour les critiquer, je vous dis « Bon appétit » et je vous annonce une très bonne nouvelle : Je suis en période d’Oumra ces jours et je prends Dieu a témoin pour vous dire que je vous pardonne. Tout ce que vous avez envie de dire.

Rappelez-vous seulement cette sagesse : Pour pondre un œuf, la poule ameute tout le quartier par ses caquètements; tandis que le saumon donne des milliards d’œufs dans le silence et meurt pour cette cause ultime.

Mohamed ould Hanefi
Chef département de français. Koweït

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Source : mohamed hanefi

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