OM-PSG : la guerre tactique


Ce soir au Vélodrome, c’est une véritable opposition de style qui devrait avoir lieu entre Paris et Marseille : à gauche l’OM d’Elie Baup, exemple du classicisme en L1 avec son 4-2-3-1 très efficace depuis le début de saison ; à droite, le PSG et les ambitions de Carlo Ancelotti et de son 4-3-3, qui laisse les artistes s’exprimer à défaut de défendre en bloc. Focus sur quelques points-clés de l’affrontement tactique que risquent de nous offrir les deux formations.

Côté PSG :

 

Malgré la défaite à Porto, Carlo Ancelotti ne devrait rien changer. Le 4-3-3 est installé pour durer autour de l’axe Verratti-Ibrahimovic, et ne devrait normalement pas bouger. Une seule question : quels seront les profils associés aux deux hommes forts de l’équipe ? Lors du premier choc de la saison, face à Lille, le coach italien avait décidé d’ajouter un peu de muscles dans l’entrejeu en titularisant Thiago Motta à la droite de Verratti. Cette fois, l’Italo-Brésilien sera absent, mais la rentrée récente de Momo Sissoko, titulaire face à Sochaux, offre cette possibilité. Un ajout au système qui pourrait être utile si le PSG décidait d’aller chercher le ballon dans le camp phocéen. Car, comme Valenciennes l’a prouvé la semaine dernière, l’OM est une équipe qui peut se retrouver en difficulté si son adversaire décide de se montrer agressif et ambitieux dans le pressing. Mais si le PSG décide de jouer haut au Vélodrome, il aura aussi besoin de ses attaquants en première ligne, pour empêcher les sorties de balle marseillaises. Ibrahimovic et les deux comparses qui lui seront associés devront se faire violence, sans quoi la défense marseillaise ressortira sans peine les ballons de sa moitié de terrain.

 

Autre question pour le PSG : la gestion de Mathieu Valbuena, homme-clé de l’animation offensive marseillaise depuis le début de saison. De sa position axiale, l’international français a pour habitude de dézoner dans les couloirs pour créer le surnombre puis des décalages sur les ailes. L’opposition des schémas tactiques des deux formations ferait de Verratti son adversaire direct. Toutefois, l’Italien n’est pas un profil défensif malgré sa position. Difficile de l’imaginer quitter son poste devant la défense pour suivre les déplacements du Marseillais, qui plus est quand on sait que ce dernier peut décrocher jusqu’aux abords du rond central. Du coup, qui pourrait empêcher Valbuena de créer le surnombre en allant rejoindre ailiers et latéraux dans les couloirs ? Le latéral parisien bloquant la profondeur (face à l’ailier), c’est un deux contre-un qui pourrait se créer en faveur de l’OM face à l’un des milieux excentrés parisiens… A moins que, une fois encore, les attaquants parisiens soient plus concernés par l’effort défensif et se replient pour compenser ce surnombre.

 

Côté Marseille :

 

Côté marseillais, la première grande question concerne le système de jeu que décidera d’employer Elie Baup. Le 4-2-3-1 n’est évidemment pas à remiser au placard après la première défaite de la saison, mais l’adversaire qui s’avancera sur la pelouse du Vélodrome ce dimanche n’est pas n’importe lequel. Que l’OM décide de jouer bas ou d’aller chercher les Parisiens jusque dans leur moitié de terrain, il y a aura forcément un problème Ibrahimovic à gérer : sur les longs ballons, dans le camp marseillais, mais surtout s’il vient à quitter la zone de la défense phocéenne pour créer le surnombre au coeur du milieu de terrain. Il l’avait fait face à Lille, le temps d’une demi-heure au cours de laquelle les Parisiens avaient construit leur victoire. Ce soir-là, le milieu à trois et les attaquants du LOSC avaient fait le choix de presser le milieu parisien et Ibrahimovic était venu briser leur élan par ses décrochages dans l’entrejeu.

 

Depuis, le Suédois n’a pas fait un match aussi plein dans l’activité et la disponibilité, pas même à Porto où il aurait peut-être pu sortir les Parisiens d’un mauvais pas. Mais le contexte pourrait se réveiller. Dès lors, comment le milieu marseillais pourrait-il gérer les déplacements du n°18 parisien ? Il y a d’abord la solution ambitieuse, qui vise à charger un défenseur central (Nkoulou ?) d’anticiper sur ses courses ; si ce choix est fait, les trois Marseillais en couverture devront se montrer très attentifs face aux courses des deux autres attaquants parisiens. Deuxième possibilité, le changement de système : enlever un joueur à vocation offensive pour ajouter un milieu de terrain et compenser le surnombre apporté par Ibrahimovic lorsqu’il décroche. Mais l’effectif de l’OM est aujourd’hui court en quantité dans ce secteur : Barton est toujours suspendu et Abdullah touché à la cheville. Selon certains échos, Amalfitano pourrait même être repositionné dans l’axe aux côtés de Cheyrou, laissant l’aile droite à Loïc Rémy.

 

Un changement de système aurait en plus des conséquences sur une animation offensive plutôt efficace quand il s’agit de se créer des occasions depuis le début de saison. Le passage du 4-2-3-1 au 4-3-3 entraînerait par exemple des changements dans l’entrejeu et dans les couloirs. Qui plus est, le 4-2-3-1 de l’OM semble avoir quelques armes pour déstabiliser l’organisation défensive parisienne. La dernière sortie du PSG face à Porto a en effet mis en avant quelques faiblesses de taille. Mercredi dernier, les Portugais remontaient les ballons par les côtés et leurs latéraux, éliminant immédiatement une première ligne parisienne peu concernée par l’effort défensif et concentrée dans l’axe. En adoptant un jeu direct, Danilo et Alex Sandro avaient ainsi pu lancer leurs ailiers (Varela, Atsu) dans des duels avec les latéraux parisiens. Si Ayew et Rémy venaient à occuper les ailes, ils pourraient être des cibles idéales pour des les relances de Morel, Kaboré ou Abdallah (selon le titulaire côté droit)… Sauf si le pressing parisien les prend en compte et s’effectue assez haut pour les empêcher de jouer.
Conclusion : 

Au final, l’issue de ce match pourrait grandement dépendre de la hauteur du pressing parisien. Si les trois lignes (défense, milieu, attaque) travaillent ensemble, alors Paris pourrait bloquer l’OM et protéger sa défense. Mais ceci n’étant encore jamais arrivé, les Phocéens ont eux aussi des raisons d’espérer. Si Elie Baup trouve une solution pour casser la relation Verratti-Ibrahimovic sans avoir à modifier son animation offensive, son équipe pourrait tout à fait bousculer le favori du championnat et s’offrir quelques semaines de plus au sommet de la L1.

Source:eurosport

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