ONU/Ban Ki-moon : « la situation reste précaire au Mali »

La situation reste précaire au Mali en dépit des gains obtenus sur le terrain face aux Ban Ki-moondjihadistes par l’armée française, les forces de sécurité maliennes et la force africaine de l’Afisma, estime le secrétaire général des Nations unies dans un rapport paru samedi.

.”La situation reste indécise, avec des affrontements sporadiques entre groupes armés et la poursuite d’attaques asymétriques dans les trois régions du Nord”, souligne Ban Ki-moon.

 “En outre, la progression des FDSM (forces de défense et de sécurité du Mali) en direction du nord vers Kidal et les accrochages meurtriers avec des éléments du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, séparatiste touareg) le 5 juin ont exacerbé les tensions et accru la volatilité de la situation dans la région”, dit-il.

Pour réduire ces tensions, le gouvernement de Bamako et le MNLA ont entamé samedi des discussions pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu dans le nord du pays avant l’élection présidentielle du 28 juillet.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a unanimement approuvé en avril la création de la Minusma, une force de maintien de la paix de l’Onu de 12.600 hommes au Mali, à compter du 1er juillet. Le déploiement de cette force sera soumis à un examen préalable par les Quinze, à la fin juin, de la sécurité au Mali.

Ban indique que les troupes africaines censées passer en juillet sous commandement de l’Onu n’ont pas encore atteint les normes de l’Onu en matière d’équipement et de logistique.

“Les unités déployées de l’Afisma ont obtenu un délai de grâce de quatre mois pour atteindre les normes requises”, déclare le secrétaire général. “Il reste des écarts critiques concernant les hélicoptères d’attaque et de soutien et les unités de renseignement.”

VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME ET MENACE RÉGIONALE

Ban Ki-moon souligne que “même si les capacités opérationnelles des groupes armés ont été réduites, les attaques de ces derniers mois au Mali et dans la sous-région montrent qu’ils ont conservé la capacité de représenter une menace significative”.

Le mandat de la Minusma prévoit que la force onusienne sera appuyée par un contingent français pour combattre, le cas échéant, les groupes armés djihadistes.

Ban déplore la poursuite de violations de droits de l’homme dans le Nord-Mali, à la fois par les troupes maliennes et les groupes rebelles. Le rapport note une diminution des actes de représailles contre les membres des communautés arabes et touareg, accusés de complicité avec les insurgés, mais ce risque reste important à Tombouctou.

Il souligne aussi que la situation au Mali représente une menace régionale en mettant en avant “le risque de voir des éléments armés se déplacer vers des pays voisins pour mener des attaques terroristes et des activités criminelles”.

Cette menace s’est matérialisée ces dernières semaines.

Des djihadistes chassés du Nord-Mali par les soldats français de l’opération Serval et leurs alliés africains se sont apparemment repliés sur le sud de la Libye, d’où ont été lancées les attaques meurtrières du 23 mai dernier au Niger contre une base de l’armée nigérienne et une mine d’uranium gérée par le groupe français Areva.

De même, François Hollande a jugé “probable” que des islamistes du Sud libyen soient impliqués dans l’attentat qui a visé fin avril l’ambassade de France à Tripoli.

“Nous sommes très préoccupés par le fait que le scénario du Nord-Mali pourrait se reproduire dans le sud de la Libye”, disait-on fin mai de source diplomatique française.

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