Opération Serval : la contre-offensive se prépare au Mali.

Nouvelles frappes cette nuit des Mirage 2000 D (avec munitions à guidage laser) -photo- sur des positions jihadistes dans le Nord-Mali. Quelques heures seulement après les premières attaques aériennes et héliportées françaises, les colonnes motorisées de jihadistes sont désormais stoppées. Certaines d’entre elles reflueraient vers l’est et le nord du Mali. Les attaques aériennes françaises devraient s’intensifier aujourd’hui, dimanche 13 janvier.

Hier soir, vers 18 heures (heure de Paris), suite à de nouvelles frappes aériennes de la part d’appareils français, on apprenait de source locale que les combattants d’Ansar Dine commençaient à fuir la commune de Leré (plus de 20.000 âmes dispersées sur 17 villages) qui se situe près de la frontière mauritanienne. Il n’y aurait plus aucun combattant islamiste à Tombouctou, ils se seraient concentrés au nord de Konna, seule la police islamique est restée dans la grande cité sahélienne.

Plus tôt dans l’après-midi, on signalait des mouvements de l’armée malienne en direction de Gao, en provenance du Niger. Cette force composée de soldats touaregs fidèles à Bamako, est commandée de la capitale malienne par le colonel malien Alhaji Ag Gamou, et est appuyée par des unités nigériennes de la CEDEAO. Il s’agit de prendre à revers les colonnes islamistes en provenance de Gao qui ont été stoppées le 11 janvier devant Sevaré par l’intervention française. Les préparations de la contre-offensive anti-jihadiste ont donc bel et bien commencé ce 12 janvier, au prix de 11 morts et d’une soixantaine de blessés côté malien.

Voir sur Theatrum Belli les premières photos de l’ECPAD sur l’opération Serval

Bien plus à l’ouest, à 700 km de Mopti, plusieurs éléments français sous les ordres du colonel Paul Gèze, chef de corps du 21e RIMa initialement basé à N’Djamena, ont rejoint Bamako afin de sécuriser la capitale malienne et protéger les ressortissants de l’Union européenne. Ces troupes appartiennent au groupement tactique interarmes (GTIA), comprenant des éléments des forces françaises prépositionnées en Afrique, notamment en Côte d’Ivoire et au Tchad. Ces soldats français seront rejoints par d’autres qui arriveront directement de métropole dans les heures qui suivent. D’ici à lundi, le groupe sera au complet et opérationnel aux côtés des forces maliennes et ils pourront monter au front sur le secteur nord de Mopti.

Question opérations en cours, on sait que deux hélicoptères Gazelle du 4e RHFS sont inutilisables et on attend toujours sur place l’arrivée des Tigre. Les raids héliportés sont donc suspendus pour le moment. C’est donc à l’aviation, aux Mirage 200 D et F1CR, de maintenir la pression sur les formations touaregs localisées, d’autant que les forces aériennes maliennes ne sont plus que l’ombre d’elles mêmes. En effet, elle ne comptent que quatre hélicoptères d’attaque Mi-24D (acquis en Bulgarie en 2007), dont deux en panne (1), et deux avions légers d’attaque au sol SF-260 Marchetti de fabrication italienne, offerts par la Libye en 2010 à l’occasion de la fête du cinquantenaire du Mali. Mais ces deux derniers ont épuisé leur réserves de carburant spécial et ont besoin d’être révisés…

Les hommes du  33e bataillon de commandos parachutistes, les « bérets rouges », demandent à reprendre du service face à la menace jihadiste. Depuis le putsch, en mars dernier, qui a renversé Amadou Toumani Touré, les membres de la garde présidentielle sont tombés en disgrâce. Le 22 mars, ils avaient aidé le président Touré, sa femme et l’une de ses filles à s’enfuir du palais présidentiel assiégé. Pour le moment, le régime de Bamako fait la sourde oreille. Ce sont pourtant les seuls à être convenablement formés pour faire face aux bandes touaregs qui menacent encore Bamako ; ils ont été formés par les Américains au combat en milieu désertique contre des bandes armées.

Selon plusieurs sources, des drones français Harfang (très similaires aux Predator MQ-1) pourraient être déployés au Mali, dans l’attente de drones US Predator. Il est à noter que cette opération, que Paris présente comme exclusivement française, se déroule sous l’œil attentif du Pentagone. Déjà, les forces US assistent les militaires français en leur fournissant des renseignements et des moyens de ravitaillement en vol pour les Mirage, selon le ministre de la Défense. Une intervention militaire efficace dans le nord du Mali nécessite un « plan bien précis et bien finalisé », a indiqué le général Carter Ham, commandant en chef des forces américaines en Afrique (Africom), qui effectue comme par grand hasard une visite au Niger. C’est le même général qui avait dévoilé au grand public, via le New York Times, le décès du lieutenant Boiteux.

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(1) Il semblerait qu’un de ces appareils ait pris part aux contre-attaques du 12 janvier sur le secteur de Konna. Contrairement aux Gazelle français, ce type d’hélicoptère lourd est puissamment armé (mitrailleuse type « Gatling » de 12,7 mm, paniers de roquettes de 57 mm) et possède un blindage.

Source : Nations Presse

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