Opinion : Ces Européens qui prennent les Mauritaniens pour des cons

Css_europeenne_Bruxelles_025Le communiqué publié, mardi, par la Délégation de l’Union Européenne à Nouakchott est stupéfiant à plus d’un titre : « La Délégation de l’Union Européenne en République Islamique de Mauritanie et les Chefs de Mission de l’Union Européenne ont suivi avec une grande attention les incidents du 29 Juin 2016, la procédure judiciaire et le verdict sévère prononcé dans le cadre du procès contre 23 personnes, dont plusieurs défenseurs des droits de l’Homme, membres de l’IRA ».

Si le communiqué se focalise essentiellement sur la « procédure judiciaire » et le « verdict sévère », sans apporter l’ombre d’un élément appuyant sa position, hormis des « allégations » ; en revanche le communiqué ne souffle aucun mot sur les incidents du 29 juillet 2016 que l’Union affirme avoir « suivi avec une grande attention ».

A aucun moment, l’UE n’est revenue sur les faits, ne ce serait-ce que par un petit rappel comme il est d’usage dans les communiqués pour situer le contexte justifiant une position prise officiellement. Alors, pourquoi l’UE évite d’en parler puisque ce sont ces incidents qui ont été à l’origine du procès et du verdict ?

Est-ce parce que les aveux des prévenus et les preuves retenues contre eux sont irréfutables et que sur ce plan l’UE n’a rien à dire et a préféré de manière lâche, fallacieuse et malhonnête de défendre l’indéfendable ? C’est comme si l’UE voulait nous prendre pour des cons.

Ces cinq dernières années, les Européens tentaient, en vain, de nous forcer à brader notre ressource halieutique dans le but de reconduire statu quo ante l’accord de pêche qui leur permettait de piller nos richesses contre de l’argent versé à des fonctionnaires mauritaniens.

Après, des négociations marathons, ils se sont remis à l’évidence et ont fini, la mort dans l’âme, par signer un accord qui garantit les intérêts de notre pays. Alors, ils usent, désormais, de l’épouvantail de la question des droits de l’homme en mettant en danger notre unité nationale, histoire de faire pression sur les autorités mauritaniennes par une menace d’instabilité.

Par ce communiqué, le double jeu de l’UE se dévoile. En mai dernier, le Premier Ministre, Yahya Ould Hademine, présidait, à la Primature, la dixième réunion du Dialogue politique entre la Mauritanie et l’Union européenne.

Après avoir évoqué avec les partenaires européens les différents aspects de la coopération entre les deux parties, notamment les questions économiques et politiques, le Premier Ministre avait rappelé l’engagement irréversible de notre pays sur la voie de la promotion et de la protection des droits humains. Les diplomates européens avaient salué cet engagement et exprimé leur volonté de l’accompagner. Et voici comment ils l’accompagnent.

Il est vrai que la rencontre intervenait, une semaine, après l’approbation du Parlement Européen du Protocole d’accord de pêche et que les Européens étaient sous pression de leurs pêcheurs frappés par la crise économique et le chômage.

Ils pensent que nous avons la mémoire aussi courte. Aujourd’hui, personne n’ignore les objectifs du Programme d’appui à la Société Civile en Mauritanie, financé par l’Union Européenne et qui en sont les bénéficiaires ; les réunions tenues tous les soirs dans les cafés de l’Avenue Kennedy à Nouakchott avec des responsables de l’UE ou de celles tenues dans les locaux de la Délégation.

En Mauritanie, outre l’ouverture de notre société, nous sommes trois millions de personnes qui se connaissent et se racontent tout. Au moins pour cette raison les responsables de l’UE doivent cesser de nous prendre pour des cons.

Henoune Ould Cheikh

atlasinfo

 

Brochure MOIMA Annonces1 Brochure MOIMA Annonces1

Exprimez vous!

CommentLuv badge