OPINION ET DEBATS: La Nécessaire Halte : Un Partage Itératif

J’ai estimé, éclairant, de faire cette petite halte dans un souci pédagogique : savoir où est ce qu’on en est dans notre démarche et trouver un plexus aux diverses problématiques abordées. C’est, je crois, indispensable et surtout utile à notre exercice collectif.

Mohamed Salem Merzoug,

A cet effet, dans la première réflexion contributive, j’ai insisté sur notre cheminement d’ensemble : diagnostic, analyse, réflexion, échanges et construction de réponses aux enjeux.

Nous avons vu que nonobstant les atouts réels, notre continent est un concentré du pire de la condition humaine. Il ne s’agit ni d’un problème d’un pays ou d’un groupe de pays ou d’une ethnie ou d’un clan : l’affaissement est généralisé. Trouver une démarche systémique et globale nous ouvrirait de nouveaux horizons dans un monde en perpétuelle mutation. C’est cela même l’enjeu : s’adapter et résister à un monde globalisé.

Dans cette perspective, nous avons depuis, le début tenté d’enclencher un processus de formatage de quelques repères processuels à partir d’un double référentiel analytique : les problématiques  et/ou événements liés à l’actualité et enfin, l’esquisse d’une catégorisation heuristique des dimensions majeures de la crise systémique.

Nous avons successivement analysé deux défis clefs dans la perspective de la construction de réponses cohérentes sous forme d’alternative à la crise systémique actuelle.

La première question traitée est celle des institutions. Ma conviction est qu’on ne saurait amorcer une quelconque renaissance sans institutions fortes, indépendantes et respectées. J’ai écrit « l’absence et /ou la vacuité des institutions sont, au cœur du débat, sur le devenir de l’Afrique ».

Nous avons insisté sur la garantie du respect des normes comme rempart contre les abus et l’arbitraire et gage du recours constant à la force du collectif.

Il ne s’agit plus de théorie découlant d’une loi fondamentale dont on parle de façon péremptoire en Afrique. Bien au contraire, l’objectif est de donner corps à cette exigence de faire prospérer des normes et l’affirmation de la force de la régulation.

La démocratie est, d’abord et avant tout, un état d’esprit. Elle ne saurait exister sans règles du jeu, sans régulation, sans contre-pouvoir, sans liberté des électeurs ainsi que des partis politiques et des médias. L’exigence de création d’institutions justes et régulatrices est constitutive de la démocratie.

L’impératif historique de démocratie comme élément consubstantiel de l’expérience humaine requiert de franchir ce palier institutionnel. Je l’ai appelé : Avenir et Devenir.

Nous avons par ailleurs, mis l’accent sur la fragilité de l’Etat Nation dans sa configuration actuelle. Il serait, à mes yeux, inapte et inadapté à la mise en œuvre des réponses requises par la double dynamique : adaptation et résistance à la mondialisation.

La seconde question que j’ai essentialisée, dans le cadre de la renaissance africaine que nous convoitons, est celle de la Tutelle d’un Système de Valeurs.

J’écrivais que la démocratie est un état d’esprit, une démarche comportementale spécifique soucieuse du respect de la force de la règle de droit, une observation scrupuleuse de la part des gouvernants et des gouvernés d’un socle de principes sociaux et moraux. C’est, je crois, un des fondamentaux de notre renaissance qu’exige la lutte contre la déconfiture morale paroxysmique qui fait des ravages au niveau de nos sociétés. Cette crise morale est une variable inhibitrice de l’instauration de véritables systèmes démocratiques et d’une gouvernance saine.

A cet égard, cela suppose la remise à l’ordre du jour de l’exigence de l’éclosion de valeurs communes et de croyances partagées. Tout doit être bâti autour d’un socle de valeurs qui en constitue la colonne vertébrale.

Je rappelle ici, quelques-uns de ces principes : la séparation des pouvoirs, l’impartialité de l’Etat, le pluralisme, l’égalité des chances, l’exigence de solidarité. C’est d’eux que peuvent découler les droits à la vie, à la liberté, au bonheur etc…

Voilà, où nous sommes tant dans l’analyse de la crise que l’essai du formatage des solutions à ses dimensions majeures.

Par ailleurs, nous avons évoqué des questions spécifiques mais, qui sont, en rapport avec les problèmes que nous vivons : le terrorisme de masse, le fait religieux, la radicalité, la question sécuritaire, l’évolution souhaitable de l’Union Africaine.

Toutes ces réflexions particulières ont pour but de contribuer à la compréhension du décor du théâtre mondial qui se construit sous nos yeux et en notre absence. Nous avons analysé le phénomène du terrorisme de masse et son inquiétante évolution depuis les attentats du 11 septembre. Son impact important au plan géostratégique et sur la multipolarité émergente.

Dans mon évaluation des résultats du quinzième Sommet de l’Union Africaine, j’ai voulu partager avec vous mes attentes par rapport à notre organisation mais, en relation avec la construction du modèle que je défends avec force conviction.

Nous avons mis en avant son rôle potentiel, sa contribution possible et souhaitable à la transcription contingente d’un autre modèle au service d’une autre Afrique et bien sûr, sa responsabilité dans la gestion de la question sécuritaire. La mise en exergue du caractère mouvant de la géométrie territoriale qui banalise aussi bien les distances que les frontières visait à convaincre de la pertinence du choix de la lutte solidaire contre le terrorisme dans un cadre nouveau découlant du binôme : la solidarité agissante et la responsabilité collective (voir article consacrée au Sommet de l’Union Africaine).

Par ailleurs, j’ai émis le souhait que notre organisation de dimension continentale puisse sinon diligenter ou au moins faciliter une réflexion responsable et sérieuse sur le devenir de notre continent en ruine.

C’est dire que tous les sujets spécifiques traités ici, participent et/ou éclairent d’une manière ou d’une autre, la réflexion d’ensemble.

Donc la concaténation est ici, un viatique et un principe d’analyse et de réflexion.

C’est ainsi qu’après avoir évoqué la Double Exigence d’une Tutelle d’un Système de Valeurs et de la Renaissance Républicaine ainsi que la Question Institutionnelle, nous allons continuer notre cheminement selon la même logique consignée dans l’article intitulé « Un Combat pour une Afrique plus Solidaire et Plus forte ».

Notre but, ici, est de fixer les idées des uns et des autres et d’essayer par une pédagogie constructive que chacun s’approprie tant la démarche que le fonds du modèle.

Ould Merzoug

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