opposition fictive ou ombre d’une opposition

COD - conference de presse le 12-08-2013 Hotel WissalEst-ce que les mauritaniens comprennent bien la philosophie qui sous-tend le travail de l’opposition ? Avions-nous bien veillé et surveiller cette opposition regroupée au sein de la « COD » ?

Sans tenir compte de l’impérieuse exigence liée à la résolution définitive et incontournable de la question nationale, la Coordination de l’opposition démocratique (COD) et tout ce qui lui ressemble ne doivent pas cacher aux mauritaniens les douloureuses prémices de leur chute prochaine par manque de courage et surtout de sacrifice à engager et à s’engager dans la résolution des vraies problématiques que les récents événements de Boghe et de Kaedi nous suggèrent.

Du reste, la COD a droit à l’existence et a droit aux choix stratégiques qui fondent ses orientations circonstanciées.

Mais, cette COD n’a pas le droit de prétendre représenter les mauritaniens alors que les vraies Question qui préoccupent ces derniers et particulièrement la majorité noire ne sont ni évoquées encore moins mises au-devant.

La première de ces questions, de longue durée mais bonne à rappeler, parce que datant de Feu Ould Daddah, est la question relative au racisme d’état que la majorité noire subit à tous les niveaux : politique, économique, culturel, éducatif et social. Si la cherté de la vie, ou les inondations sont des équations à inconnues, celle du racisme est génératrice d’inconnus qui hypothèquent l’existence même du pays dans son ensemble.

Oui la COD est surement un droit à la vie (ou à la survie c’est selon) mais elle n’a pas le droit de se servir des mauritaniens opprimés dans le seul dessein de masquer ses ratées dues essentiellement à la collusion entre ses leaders et l’hégémonie dirigeante, elle-même majoritairement arabe.

Le cynisme et la naïveté des uns, conjugués à la malhonnêteté des autres, font que notre la classe politique qui compose la « COD » est coincée entre l’ambivalence (datant de l’ère Mawiya) de participer aux élections et à la collusion (latente et réelle) avec la puissance publique despotique qui nous dirige. Ce trait de comportement est évidemment a conséquences désastreuses !

En scrutant le bilan macabre de ce gouvernement, on se rend à l’évidence, avec tristesse, que l’opposition démocratique est passée à côté de son combat, celui de la défense de ce qu’il y’a de plus cher c’est-à-dire la dignité des Hommes qui est longtemps remise en cause par la question pendante du passif humanitaire.

Qui se souvient que c’est la COD qui avait signé une charte à Dakar élaborant les conditions « savantes » d’un retour à la « normale » ou à « la légalité constitutionnelle » pour le « candidat des militaires » (Dixit Messaoud).

Dix partis et quelques officiers de l’Armée (ou d’anciens officiers) avaient signé un document qui exigeait le départ de Ould Abdoul Aziz comme une sine qua none a la stabilité et au dialogue politique. Dans un passé très récent, bon nombre de ces partis et de ces colonels formaient l’ossature et la nomenklatura de soutien aux régimes de Ould Aziz et de Ould Taya.

Ils ont, tutti quanti, participé à l’arrivée de SIDIOCA au pouvoir pourtant « candidat des militaires »…………Cette idée a été réchauffée sous le terme arabe « Rahiil ». Cette charte ne posait pas les conditions et les exigences pour participer à juguler les grandes disparités entre les communautés nationales.

Qui se souvient qu’à l’époque même les «radicaux» et les plus «excités» affichaient une indifférence notoire face à la question nationale lui privilégiant des analyses sur la prouesse démocratique d’un système politique englué encore et toujours dans les pratiques injustes profondément enracinées et visibles d’un président choisi par les militaires. Qui se souvient de ces marches devant l’ONU, la maison blanche et la place Trocadéro pour le retour à la légalité ?

Pourquoi ce trou de mémoire collectif ? Pourquoi allons-nous écouter cette COD ? Elle nous égrène à chaque fois les mêmes discours et opèrent des volte-face renversantes ? Nous devons nous poser des questions véritables sur la pratique de l’opposition appelée COD. Nous devons nous poser des questions sur ses rapports inavoués avec le pouvoir.

Depuis Dakar, en passant par ses innombrables tournées et marches, la COD ne nous a servis que des contradictions les unes plus spectaculaires que les autres. Nous pensons que la COD devait, pour mériter notre soutien commencer par : Reposer les problématiques du racisme institutionnalisé, de l’Esclavage accentué, de la féodalité banalisée, des crimes économiques organisées, du passif humanitaire bâclée par une société civile instrumentalisée aidée en cela par une opposition prébendier.

Notre position est la résultante d’une analyse logique et profonde des réalités politiques nationales concrètes marquées par une exclusion terrible des noirs et une paupérisation croissante des populations. Paupérisation qui est un corollaire même des politiques causées par les crimes économiques, la corruption, les vols organisés par une élite prédatrice flanquée de ses courtisans de toutes sortes.

Nous l’avions déjà dit, la Mauritanie vit une grande complicité via cette tricherie permanente entre certains leaders politiques qui sont dans le secret des dieux. Le coup d’état contre SIDIOCA, les négociations ayant accouché d’un président Ex Général, toutes ces

péripéties n’ont pas encore révélé aux mauritaniens les vrais secrets. Mobiliser dès le départ pour rétablir SIDIOCA via le droit et la justice, cette opposition appelée « COD » a fini par accepter le coup d’état, en s’assurant honteusement de sauvegarder et de prendre sa part du gâteau : (1) participation au gouvernement d’union nationale, idée non attractive réchauffée par Messaoud Ould Boulkheir qui doit s’activer car il travaille pour SIDIOCA et Aziz.

Le premier l’a nommé et le deuxième l’a confirmé dans son siège de président des enregistreurs,

(2) le maintien du président de l’assemblée d’enregistrement qui est un vieil accord entre le candidat des militaires et ses parrains (accord secret maintenu par le successeur de SIDIOCA), (3) la nomination de députes, (4) la nomination et le maintien des maires avec tout ce que cela occasionne comme dépenses et avantages captés du contribuable mauritanien…toutes choses qui ont conduit à l’anomalie juridique d’aujourd’hui sur laquelle négocient les comploteurs d’hier c’est-à-dire le gouvernement d’Aziz , la COD et Messaoud Ould Boulkheir.

Cette manière de pratiquer l’opposition politique est très problématique et justifie notre thèse de la connivence d’une partie de la COD avec ceux qui règnent. C’est un complot depuis 2005. Dans les semaines à venir nous nous attendons à une implication plus poussée de cette même opposition dans les affaires du pays.

On dira tout ce qu’on voudra mais il serait suicidaire de ne pas admettre que notre «opposition démocratique» a brillamment participé à la mascarade et à la légitimation du coup d’état qu’elle a prétendu combattre.

Et en retour, elle devait bénéficier, de récompenses pour avoir bel et bien été actrice de ce miroir aux alouettes, ce faux véritable combat pour la « défense de la démocratie », qu’elle a animé des semaines durant, grâce à ses relais extérieurs dormants et visibles gérés par des d’éminents chercheurs d’emploi qui se définissent tantôt comme des opposants tantôt comme des droits de l’hommiste.

C’est le sens du maintien de Messsaoud Ould Boulkheir comme président de la chambre d’enregistrement. C’est la raison du maintien de ces députés, sénateurs et maires inutiles pour le peuple. De qui se moque-t-on ?

Adama Ngaidé.
Etudiant.

Source : Alpha Oumar Ndiongue

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