Otages au Yemen. L’effrayant récit du kidnapping d’Isabelle et Cherine

otag_0Ouest-france.fr: Exclusif. Il reste une otage française au Yemen. Sa collaboratrice yéménite, libérée depuis le 19 mars, livre le récit de leur captivité. Depuis, elle est tombée malade.

Que s’est-il passé le jour du kidnapping de l’Angevine Isabelle Prime au Yemen ? La Yéménite Cherine Makkaoui, qui était alors chargée de projet, s’est retrouvée aux côtés de l’Angevine lors de son enlèvement à Sanaa, le 25 février dernier.

 Elle a été libérée il y a trois semaines, information que le Quai d’Orsay n’est pas en mesure de confirmer, puisqu’il ne s’agit pas d’une ressortissante française. Ouest-France a pu néanmoins  la retrouver et prendre contact avec elle. Voici le récit qu’elle nous a confié en exclusivité.

Une maladie auto-immune suite au choc

Cette femme exemplaire a tout fait pour rester aux côtés de la dernière française prise en otage à l’étranger. Jusqu’à y laisser sa santé. Elle souffre aujourd’hui d’une maladie auto-immune, conséquence du traumatisme du kidnapping.

Son cauchemar a commencé le 25 février. Ce jour-là, tout va très vite. La voiture des deux femmes, qui travaillent ensemble sur un projet de mise en place d’une protection sociale au Yemen, est stoppée par des hommes déguisés en policiers. C’est un rapt qui vise directement la Française !

« Ils ont retiré nos montres »

Chérine ne s’enfuit pas, au contraire. « Lors de la première demi-heure de l’enlèvement, les kidnappeurs m’ont demandé de partir et de laisser Isabelle. J’ai refusé catégoriquement car non seulement c’est mon employeur, mais en plus je la considère comme mon amie. Elle se trouvait dans mon pays, un peu sous ma responsabilité, et je devais la protéger jusqu’au bout. » Le trajet dure un certain temps. « Nous avions les yeux bandés, et ils nous ont retiré nos montres. Impossible de savoir où nous allions. »

Le pistolet et… la prière

Les deux femmes sont ensuite conduites dans un endroit tenu secret, menacés par des hommes munis de fusils mitrailleurs. « Je ne peux pas parler ni donner la moindre indication sur la localisation, car les kidnappeurs ont juré que sinon, ils retrouveraient ma famille et les tueraient tous. »Malgré tous les risques qu’elle coure, Chérine insiste pour rester aux côtés d’Isabelle. « Nous étions dans une même cellule pendant deux semaines. Il y avait une salle de bain, c’était propre. La nourriture était bonne. Puis une nuit, les ravisseurs sont venus me chercher pour m’emmener ailleurs. » Elle refuse alors  de se séparer d’Isabelle Prime. Mais cette fois-ci, les kidnappeurs n’acceptent pas. « Ils ont brandi un pistolet, l’ont pointé sur ma tête avant de demander de faire ma prière… « 

Chérine a alors été conduite de force dans un autre endroit. Son état de santé s’est vite dégradé. « À cause du traumatisme, je suis tombée malade. » Après que sa famille a demandé l’aide de chefs de tribus, Chérine a été libérée le 19 mars dans la plus grande discrétion. « Depuis, je prie pour Isabelle, chaque jour. »

« C’est très compliqué de quitter mon pays »

L’état de santé de Chérine n’est pas très bon, à en croire la Yemenite, qui navigue entre l’hôpital et son domicile. « Je dois soigner ma maladie en dehors du Yemen, dans un bon hôpital en Europe, mais c’est très compliqué de quitter mon pays », confie-t-elle encore, en espérant que les négociations avec les ravisseurs, qui réclament vraisemblablement de l’argent à la France, finiront par aboutir.

Source: Rapideinfo

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