Ould Abdel Aziz blessé, Ghazwani aux commandes: HCE un jour…


Une dizaine de jours après la blessure du président de la République et son évacuation en France, par avion médicalisé, les Mauritaniens attendent son retour rapide au pays. «Sa santé s’améliore», informe l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), un organe du gouvernement, citant une source proche du dossier médical.

Réapparition probable avant l’Aïd Kébir, prévu le vendredi 26 octobre. Les partisans du chef de l’Etat et les nombreux Mauritaniens, de tous bords et conditions, qui ont exprimé leur émotion lors de l’incident, se mobilisent pour lui réserver un accueil exceptionnel. Une belle occasion, pour les « souteneurs » professionnels et opportunistes invétérés, de donner un nouveau gage de leur « indéfectible attachement » au boss. Mais, au-delà de l’émoi populaire, l’épisode malheureux de la soirée du samedi 13 octobre reste entouré d’un épais mystère, charriant une forêt d’interrogations. L’opinion publique, nationale et internationale, attend l’épilogue de l’histoire, invraisemblable, d’un chef d’Etat, en posture de promeneur, pris en chasse par les éléments d’une patrouille militaire. Une certaine curiosité, également, au sujet de la réaction, hésitante et tardive, de l’Union Pour la République (UPR), le parti fondé, en pleine tourmente putschiste, pour soutenir la candidature d’Ould Abdel Aziz à l’élection présidentielle de 2009. Et théorique locomotive de la majorité. Flottement également constaté au sein de la frange la plus radicale de l’opposition, qui a fini par annoncer une suspension de toutes ses activités de contestation, pour répondre au nouveau contexte sécuritaire et politique du pays.
Mais l’intrigante toile des questions sans réponse pousse la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) – un collectif d’une douzaine de partis politiques – à reprendre l’initiative. Histoire de rester collée au principe suivant lequel la scène politique, au même titre que la Nature, « a horreur du vide ». Voilà donc le gouvernement sommé de donner des explications fiables et de fournir un bilan de santé du président de la République. Une requête exprimée via le leader du Parti Hatem, le député Saleh Ould Hanena, président en exercice de la COD.

Vide institutionnel ?
Evoquant commentaires contradictoires et rumeurs, sources de confusion, le député opposant s’est prononcé, au sortir d’une réunion du collectif, en faveur d’une clarification de la situation. Poussant le bouchon, il note « un vide constitutionnel qui nourrit le désarroi des Mauritaniens ». Mais, sur le plan de l’exercice du pouvoir formel, le Premier ministre et le gouvernement ont bien continué à remplir la mission républicaine dévolue aux différents démembrements et services. Sur le plan du Droit et des règlements, il y a-t-il vraiment quelque chose à ajouter ?
D’autant plus qu’au-delà du formel et du vernis républicain consenti à l’attelage gouvernemental, de nombreux Mauritaniens ont la conviction que le pouvoir réel se tient dans les états-majors et les unités militaires. Sommée de rendre celui-ci aux civils, sur la base de l’Accord de Dakar, pour sortir la Mauritanie de la tourmente politique et institutionnelle née du putsch du 6 août 2008, la junte, dénommée, à l’époque, Haut Conseil d’Etat (HCE), s’est muée en un Conseil National de Sécurité (CNS). L’organe sécuritaire, composé des compagnons de l’ex-général recyclé en politique, s’est vu officiellement chargé de coordonner les actions de lutte contre le terrorisme à visage islamiste. Mais il n’est nullement besoin d’une imagination débordante pour entendre que le HCE, ne s’étant jamais fait « totalement » hara-kiri, a repris, sous la forme d’un CNS, du service et garde la maison, pendant la période d’incertitudes et de doutes que traverse, actuellement, la Mauritanie.
Le général Ghazwani et ses compagnons mettraient, ainsi, un point d’honneur à rendre « une copie propre » à un Mohamed Ould Abdel Aziz à nouveau en possession de toutes ses facultés physiques et intellectuelles. Quelle qu’en soit la forme, régime d’exception ou « démocratie », l’ordre militaire continue à « veiller » sur la Mauritanie, entre putschs, sanglants ou non, et révolutions de palais. Il faut s’en faire une raison ?

Amadou Seck

Source : Lecalam


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