Paludisme : un vaccin en bonne voie dans un hôpital du Gabon


Au Gabon, des chercheurs de l’hôpital Schweitzer sont en train de réaliser les tests de phase 3 d’un vaccin qu’ils ont mis au point pour lutter contre le paludisme.

Des tests qui pourraient aboutir à une commercialisation alors que le paludisme continue de faire des ravages en Afrique.

Chaque année, le paludisme tue quelque 650.000 personnes et constitue une des principales causes de mortalité au Gabon avec un taux d’hospitalisation proche de 70%. C’est ainsi un véritable espoir qui nait dans le pays, plus précisément à Lambaréné (à 250 km de Libreville) dans un hôpital fondé en 1913 par le médecin alsacien Albert Schweitzer. Là-bas les chercheurs sont en effet en passe de commercialiser un vaccin contre le paludisme.

Situé sur les rives du fleuve Ogooué envahies par les moustiques, l’hôpital Schweitzer accueille de nombreux malades frappés par la fièvre paludique. Si la partie ancienne a été transformée en musée à la gloire du « Grand Blanc de Lambaréné », l’hôpital actuel, un petit bâtiment blanc, accueille quant à lui le centre de recherches. C’est là que les scientifiques espèrent mettre définitivement au point un vaccin contre le paludisme. Dans cette quête, le géant pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) et l’ONG américaine PATH (en partie financée par la fondation Bill et Melinda Gates) collaborent. Selon José Fernandez, chercheur à l’hôpital Schweitzer, « c’est le vaccin contre le paludisme le plus avancé à l’heure actuelle ».

S’il aboutissait, ce serait surtout une première mondiale, alors que depuis plus de 40 ans, le plasmodium, l’agent responsable du paludisme, reste virulent et qu’il résiste de plus en plus aux médicaments découverts pour le combattre. Pour l’heure, le projet GSK/PATH en est à son essai clinique de phase 3, « la dernière étape avant la mise sur le marché », explique le Dr Fernandez. Environ 16.000 enfants de sept pays africains y participent.

Des résultats pas aussi prometteurs que prévus mais suffisants

Les premiers tests réalisés à Lambaréné ont porté sur près de 900 enfants. Malgré des premiers résultats très encourageants, le vaccin RTS,S s’est avéré moins efficace que prévu chez les nourrissons. En effet, les tests effectués sur des bébés de 6 à 12 mois ont montré que le vaccin était efficace à 37% pour les accès graves contre 31% pour les accès simples. « On pouvait s’attendre à des résultats un peu différents », reconnaît le Dr Fernandez qui rappelle que les tests effectués sur des enfants de 5 à 17 mois affichaient un taux de réussite de 47 à 56%, l’an passé.

Néanmoins, pour le Dr Fernandez, même avec une efficacité limitée, « on influencerait forcément le chiffre de mortalité globale lié au palu chez les enfants de moins de cinq ans puisque ce sont malheureusement les premières victimes ». « Le vaccin doit de toute façon être intégré dans un arsenal plus vaste, il y a tout un tas de moyens de protection comme la moustiquaire imprégnée », précise le médecin. De son côté, l’Organisation mondiale de la santé a déjà indiqué qu’elle recommanderait le vaccin potentiel en 2015 en cas de résultats satisfaisants.

 

Seneweb

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