Panama: Obama et Maduro, l’autre entretien inédit du sommet

Le président du Venezuela Nicolas MaduroAu-delà de l’entretien historique avec le président cubain Raul Castro, Barack Obama a eu un « bref échange » avec Nicolas Maduro samedi alors qu’il quittait le sommet des Amériques. Un premier entretien entre les deux hommes depuis que Nicolas Maduro a succédé à Hugo Chavez, alors que les relations bilatérales sont particulièrement tendues. Et dans ce bras de fer entre les deux pays, Nicolas Maduro semble avoir réussi globalement à recueillir le soutien des principaux pays d’Amérique latine.

« Ne passez pas à la postérité comme George W. Bush, en soutenant un coup d’Etat au Venezuela », avait déclaré Nicolas Maduro plus tôt samedi à l’adresse de Barack Obama, avant de proposer de reconduire les relations entre les deux pays sur la base d’un « dialogue fondé sur le respect mutuel ». Une chose est sûre en tout cas, Nicolas Maduro n’est pas passé inaperçu lors de son déplacement au Sommet des Amériques. A la tribune, le président vénézuélien s’est dit prêt à échanger avec Barack Obama à plusieurs conditions au premier rang desquelles figure bien sûr l’annulation du fameux décret présidentiel. Un discours entendu puisque l’Amérique latine semble faire bloc avec le Venezuela. L’Equateur a réaffirmé son soutien indéfectible à Nicolas Maduro. Rafael Correa en a profité pour dénoncer « l’interventionnisme de Washington à travers le décret ».

Souvent tendues, les relations entre Washington et Caracas ont connu un violent coup de froid après la signature, début mars, par Barack Obama d’un décret imposant des sanctions contre de hauts responsables vénézuéliens accusés de ne pas respecter les droits de l’homme. Ce décret qualifiait en outre le Venezuela de « menace » pour la sécurité intérieure des Etats-Unis, ce qui avait provoqué la fureur Nicolas Maduro.

Les poids lourds comme le Brésil et Cuba, eux aussi, font front, mais avec des nuances. Dilma Rousseff par exemple « rejette les sanctions contre le Venezuela », mais elle avait surpris tout le monde à la veille du Sommet : « Ce n’est pas correct que l’opposition soit emprisonnée, à moins qu’une personne ait commis un délit », avait déclaré la présidente brésilienne interrogée jeudi sur le Venezuela, apportant donc une certaine réserve à son appui au pays.

Quant à Raul Castro, s’il a affiché son « soutien résolu à la République sœur vénézuélienne », le président cubain s’est tout de même félicité du discours « positif » de Barack Obama quelques heures avant le Sommet.

En face, les Etats-Unis n’entendent tout de même pas faire machine arrière. La mise au point est venue ce samedi de la sous-secrétaire d’Etat américaine : « Le décret est déjà en pratique et nous n’allons pas le changer. »

Ce qu’Obama a dit à Maduro

Selon Katherine Vargas, porte-parole de la présidence américaine, lors de leur « bref échange » samedi, le président Obama a répété que « notre intérêt n’est pas de menacer le Venezuela, mais de soutenir la démocratie, la stabilité et la prospérité au Venezuela et dans la région ». Le président américain a également répété « son fort soutien à un dialogue pacifique » au Venezuela, pays secoué par une crise économique et politique, avec plusieurs opposants au gouvernement socialiste de Nicolas Maduro emprisonnés.

Source: RFI

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